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nes au lapin, suivant le procédé de C. Gorini (de Milan) (1), et se baser sur la présence ou l’absence de complications phlogistiques oculaires pour le rejeter ou le déclarer bon, mais cette pratique, qui peut être excellente dans un laboratoire d’Institut vaccinal, demeure compliquée puisqu'elle nécessite l'observation, macroscopique et microscopique à la fois, des ycux inoculés. N'oublions pas d’ailleurs que le médecin colonial qui fait son vaccin sur place est, avant tout, médecin colonial et qu'il a de multiples et absorbantes occupations, lesquelles ne lui permettent guère de donner trop de temps à des expériences trop minutieuses.
Si l’on ne peut exiger du médecin colonial qu’une asepsie rigoureuse à défaut du contrôle biologique du vaccin qu'il produit, tout au moins doit-on lui demander de s'assurer, avant usage, de l’eflicacité dudit vaccin. Il le peut par des moyens variés : inoculations à la génisse, à l'enfant, au lapin, au cobaye. Les inoculations au lapin ou au cobaye paraissent le procédé de contrôle de choix, d’abord à cause de la petitesse, de la facilité de maniement et du bon marché de ces animaux, ensuite pour la raison qu’on ne peut, de ce qu'un vaccin ne donne pas de pustules sur un enfant ou sur ‘une génisse, conclure qu'il est
sans virulence : il faut toujours compter, en effet,
1. C. Gorini (de Milan). « Le contrôle biologique du vaccin antivariolique ». Rep. d'Hyg. et de Méd. infant., 1903, p- 97-
avec les immunités acquises ou congénilales possibles. L’inoculation au lapin ou au cobaye est simple : un coup de rasoir enlève les poils de la région thoraco-abdominale ; un badigeonnage étend la pulpe vaccinale sur cette région légèrement excoriée par l'instrument ; au bout de trois jours on à — ou on n'a pas — de belles pustules ombiliquées et la preuve est faite de l'efficacité ou de la non-valeur du vaccin. On peut procéder encore par inoculations nasolabiales. Que si le médecin colonial ne trouve ni lapins, ni cobayes dans la région où il exerce, il est en droit de tenter l'épreuve sur les rongeurs locaux, tant semble considérable le nombre des espèces animales susceptibles de réagir à l’inoculation du cowpox.
Enfin, muni d’un vaccin dont il est sûr, le médecin colonial n’a plus qu’à partir en tournée de vaccine. On est d'accord pour reconnaitre que ces tournées doivent être faites à l'époque de l’année où la température moyenne du jour est minima. En Algérie, on a remarqué que le nombre des insuccès était bien plus considérable’ en été que durant les autres saisons (Ed. et Et. Sergent). Cela tient sans doute à l’action néfaste de la canicule sur la virulence vaccinale. Dans les colonies où la moyenne thermométrique reste toujours élevée, le vaccinateur doit veiller particulièrement, en cours de route, sur la conservation de la pulpe et la transporter suivant un des modes que nous avons indiqués. Toutes les fois qu'il le pourra, même, il emmènera avec lui son vaccini-
fère bovin ou caprin.(Ainsi il puisera à sa source une lymphe d'effet toujours certain et l’inoculera « dans toute son énergie de virus vivant ». Il faut bien reconnaitre, cependant, qu'un veau est, dans la brousse, un compagnon plutôt encombrant, un véritable impedimentum, malgré £es quatre pattes ; M. Ménard, en Guinée, a pu s’en rendre compte. De plus, il est à craindre que les indigènes bornés, inoculés une fois d'animal à bras, n’ajoutent plus confiance au vaccin conservé dans des tubes.
Jo La vaccination de bras à bras. — TI] peut arriver que la vaccinateur, à un moment de sa tournée, doute de la valeur prophylactique de la pulpe qu'il transporte, soit qu'il n'ait pu en assurer la réfrigération, soit qu'un accident ait détruit la plus grande partie de ses conserves, soit pour une autre cause. Que faire ?
Il pourrait, certes, vacciner un enfant dès le premier village rencontré et, si l’inoculation donne un résultat positif, l'utiliser comme vaccinifère, Cette pratique fut en honneur en Cochinchine, avant la création de l'Institut de Saïgon. Les médecins chargés de la paccine mobile allaient de district en district, suivis de leurs vaccinifères et pratiquaient ainsi une moyenne annuelle de 100.000 vaccinations (P.-L. Simond), On seheurtait, il est vrai, à de sérieux obstacles ; le moindre n’était pas la résistance opposée par les femmes indigènes à l’utilisation de leurs enfants comme fournisseurs généraux de virus, Le
médecin de la brousse qui en serait réduit à retour-
ner à ce mode primitif de vaccination, rencontrerait, à coup sûr, des difficultés semblables, car le cœur des femmes demeure le même sous toutes les latitudes : prompt aux maternelles afarmes. Et cette raison suflirait à le contraindre à n’employer la vaccination de bras à bras qu'à la dernière extrémité, s'il n’y en avait une autre plus impérieuse encore. C’est que ce procédé, aux colonies plus qu'en Europe, expose à des inoculations accidentelles multiples. Sous les tropiques et dansles régions pré ou para-tropicales, la lancette peut devenir une manière de succédané de la trompe des moustiques, des stomoxes, des glossines, des tabanides, voire du rostre des ixodes : comme ces insectes piqueurs, elle peut servir à la transmission des parasites sanguicoles ou cuticoles. Enfin la syphilis et la lèpre y sont si répandues que bien hardi serait, ce nous semble, le médecin qui, ayant incisé une pustule vaccinale éclose sur le bras d’un enfant indigène, aflirmerait, en conscience, ne pas tenir, au bout de son scarificateur, une association microbienne ou microbio-flagellaire dangereuse. Le cas de lèpre vaccinale cité par Gairdner, l'épidémie qui, aux îles Sandwich et Hawaï suivit la diffusion de la vaccine, sont, à cet égard, fort impressionnants ; et ces faits historiques, l'existence surabondamment démontrée d’une syphilis vaccinale, la crainte logique d’inoculer des parasites du sang ou de la peau, d’une part; d’autre part, la difficullé de rechercher avec fruit, en brousse, les antécédents héréditaires ou personnels