‹ De La Prophylaxie De La Variole Aux ColoniesChapitre 9 sur 24 · R. Wiüutz. —- Hygiène publique et privée en Abyssinie · texte numérisé non relu

R. Wiüutz. —- Hygiène publique et privée en Abyssinie

Sem. méd. 1808, p. 463.

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et pratiquant, quarante jours après, avec ce vaccin, sur des enfants de quatre à six ans, des scarifications, n'obtintaucun résultat (1). L'emploi du vaccin à l’état sec (sur plaques, lancettes ou pointes d'ivoire) et des diverses poudres vaccinales (de Reissner, de Schmith et Wolfberg), les mélanges glycérinés salicylés ou thymolés ne mettent pas à l’abri de cetinconvénient de la diminution de virulence: «quels que soient les procédés employés, dit Layet, et la conserve obtenue, il n’est pas un inventeur qui ne déclare qu’on doive l’atiliser antantque possible à l’etat frais. » De plus, les agents antiseptiques « préviennent la décomposition putride, mais ne prolongent en aucune sorte, quand ils ne la détruisent pas, la virulence. (2) »

3° Les centres vaccinogènes. — L'impossibilité de recevoir le vaccin produit en France avec toute sa virulence a conduit, dans certaines de nos colonies — et doit conduire dans le plus grand nombre — à la revivification de la pulpe par passage sur l'animal, à la création de centres vaccinogènes. C’est ainsi que fut construit, en 1891, à Saïgon, un institut de vaccine qui permet de pratiquer une moyenne de 200.000 vaccinations pour la Cochinchine seule ; en 1904, un institut vaccinogène a été fondé près d'Hanoï : ila produit, en 1905, 480.929 doses de vaccin. À Madagascar, les tubes sont fournis par le parc

1. Revue de médec. et d'hyg. tropic. T. IV 1907. n° 2. p. 73 2. Layet. — Traité de la vaccination animale, p. 209.

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vaccinogène de Diégo et l’Institut Pasteur de Tananarive. Le premier a permis de vacciner, depuis 1902, 370.000 personnes, avec 245.000 succès ; le second a fourni, de 1402 à 1904, 80.869 tubes avec lesquels on a pratiqué 12.353 vaccinations, ou revaccinations. En 1906, le nombre des doses produites par cet institut a été de 319.792. Les Instituts Pasteurs de quelques autres colonies (Algérie, Tunisie, Sénégal) récoltent aussi du vaccin de génisse, mais certaines comme la Guyane, les Antilles françaises, reçoivent encore la pulpe glycérinée de la métropole. M. Clarac estime désirable qu’un institut vaccinal, commun à la Martinique et à la Guadeloupe, soit établi dans l’une ou l’autre de ces îles. Nos vastes possessions de l’Afrique occidentale étaient, jusque dans ces deux dernières années, assez mal pourvues en bon vaccin : le 13 janvier 1906, M. le Gouverneur Bonoure a arrêté qu'il serait créé, dans chacune des colonies de son gouvernement, un service spécial pour la propagation de la vaccine &« comprenant au moins un centre vaccinogène ».

4° Le transport du vaccin.— Ainsi produit dans la colonie même, donc récent, le vaccin estenvoyé dans l'intérieur des terres, vers les divers postes occupés par les médecins de l'assistance indigène. Cette expédition est une source de difficultés nouvelles. Dans beaucoup de colonies, en effet, les transports s’effectuent encore à dos d'homme ; ils sont,.par suite,

longs, et le vaccin à fort à craindre des ardeurs da

soleil, sur les épaules ou la tête des cowlies, et des variations nyCthémérales de la température. Il est donc nécessaire de placer les tubes qui le renferment soit dans des mélanges réfrigérants, soit dans des milieux dont la température demeure suffisamment basse et suffisamment constante. Un moyen de réfrigération consisterait dans l’utilisation de la glace : c’est ainsi que le vaccin est transporté dans les glacières des vapeurs qui font le service entre Diégo et les stations côtières deMadagascar. Encore la température de o degré est-elle trop basse et nuisible : « elle affaiblit aussi le vaccin » (Würtz) ; d’ailleurs, pour alimenter en vaccin les postes intérieurs, on ne peut guère songer à ce mode de conservation : la glace serait tôt fondue dans les régions tropicales. On a proposé d’enfoncer les tubes dans des pommes de terre ; on pourrait, de la même façon, utiliser le melon, la pastèque et autres cucurbitacées coloniales, aux époques. de l’année où ces fruits abondent. M. Dupont (de Koury) se sert, pour le transport de son vaccin, d’un & canari », vase en terre poreuse, d'une contenance de 20 litres, fixé entre deux planches horizontales par des montants verticaux. Par 34 degrés à l'ombre, l’eau de ce récipient, refroidi par l’évaporation continuelle qui se fait à sa surface externe, atteint à peine 19 degrés (1). On utilise de la même façon, les gargoulettes, les alcarazas, des

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