‹ De La Prophylaxie Des Maladies InfectieusesChapitre 4 sur 11 · VARIOLE · texte numérisé non relu

VARIOLE

La varioleremonterait, en Europe, au sixième siècle de notre ère, d’après les contemporains, notamment Grégoire de Tours, et par le silence, à son égard, des médecins antérieurs à cette époque. Elle offre, dit M. Colin (1) un type clinique trop déterminé pour qu’on puisse supposer que des observateurs comme Hippocrate, Celse, Arétée, Galien, l’aient-æonnue sans décrire cette physionomie frappante qui ne prête à aucune équivoque.

Originaire de l'Orient, elle fut importée en Europe au sixième siècle par les Sarrazins, et, comme d'autres épidémies, se dirigeant de l'Est à l'Ouest, elle à franchi l'Océan et gagné l'Amérique. On peut dire aujourd'hui qu’elle est répandue dans le monde entier. ;

Cette affection fébrile, contagieuse, inoculable, est caractérisée par une éruption pustuleuse de la peau et des muqueuses de la bouche, du pharynx et du nez, souvent même de celles du larynx, de la trachée. C'est:sur la face d’abord, puis sur le tronc et les membres que les taches se forment pour se transformer ensuite en papules, puis en vésicules.

Ces vésicules sont tantôt séparées par des intervalles de peau saine, ou bien elles se touchent et empiètent même les unes sur les autres. Dans le premier cas, la forme est dis-

(4) Colin. — Loc. cit.

De clioes

crête, dans les deux derniers la forme est cohérente ou confluente. La variole présente encore une forme hémorragique dans laquelle la mort survient au quatriènfe ou au cinquième. jour. | |

Les deux premières variétés, qui constituent la variole vraie présentent dans leur marche et leur terminaison des différences considérables, car alors que la variole discrète est généralement bénigne, l’autresæst au contraire très souvent mortelle.

La maladie, après l’incubation qui dure de sept à quatorze jours, parcourt quatre périodes : 4’ l'invasion, caractérisée par une élévation de température dès le premier soir (40°-41°). Chez les adultes, des frissons ; souvent chez les enfants, des convulsions. Puis, la céphalalgie , les nausées, les vomissements et la constipation apparaissent, quelquefois une éruption spéciale, passagère appelée le rash. Ce rash peut présenter deux aspects : il offre soit l’aspect de la rougeole, soit celui de la scarlatine sous forme de larges plaques à fond rouge, lie de vin, sur lesquelles on -voit de petites taches ecchymotiques ne disparaissant pas à la pression du doigt. Alors que la première forme dure environ deux jours, la seconde dure plus longtemps ; elle se localise aux aines et à la racine des cuisses. Dans cette première période qui dure trois jours, les deux formes de variole présentent sensiblement les mêmes symptômes ; quelquefois dans la fièvre confluente on trouve la diarrhée à la place de la constipation.

2° L'éruption commence vers la fin du troisième jour ; on voit alors la défervescence se produire dans la variole discrète ; le malade éprouve une sensation de bien-être. L’éruption présente d'abord l’aspect de petits boutons rougès, légèrement acuminés, qui se transforment en vésiculés, puis en pustules qui contiennent un liquide séreux. Dans la forme confluente,

les symptômes de la première période s’aggravent et aug-

mentent d'intensité.

Re — ll — … La fièvre persiste et est quelquefois accompagnée de délire. Les rougeurs du visage sont diffuses et semblables à celles de l'érysipèle. On voit ru les pustules se réunir et ie l’épiderme.

3° La suppuration se produit alors en commençant par la face, le tronc ne suppure que 24 heures après. La température s'élève, mais celte fièvre dure peu. Dans la fièvre confluente, les pustules réunies suppurent simultanément, et lé pus soulevant l’épiderme s'écoule constamment, répandant une odeur fétide et souillant le linge et les draps du malade. Fa fièvre de suppuration peut durer de douze à quinzé jours dans les cas favorables, mais elle est souvent accompagnée d'ulcération des muqueuses du pharynx qui peut occasionner une dysphagie du larynx et de la trachée qui peuvent produire la dyspnée et faire périr le malade. On observe en même temps une salivation abondante, le gonflement des extrémités, la suppuration de la conjonctive, enfin, de nombreuses sources de matières purulentes et contenant le germe de la variole.

4° La dessiccation s'opère facilement dans la variole discrète, les pustules se dessèchent et se recouvrent de croûtes qui tombent ensuite en laissant des cicatrices blanchâtres, déprimées, qui persistent quelquefois indéfiniment. Dans la variole confluente, les croûtes réunies entre elles ressemblent à de larges écailles d’odeur fétide, et laissent, en tombant, des Gienfrices qui déforment le visage.

Alors la convalescence commence, la fièvre à disparu, lappétit revient et l’état général s'améliore.

Quelquefois cependant, alors que la fièvre est tombée, et même après la dessiccation, «il peut se produire une sorte de suppuration généralisée qui se traduit par une succession d’abcès et de furoncles qui, épuisant le malade, peuvent amener la mort par affaiblissement progressif de l’organisme. » (Docteur Blaise.)

Remarquons que pendant la période de dessiccation, Ja contagion existe encore et peut même en — longtemps, surtout avec les enfants, car par la desquamation épidermique, Jes croûtes formées sur le pus en entraînent, et avec lui les. germes morbides varioleux ; or, ces croûtes tombent souvent sur les vêtements, sous forme de poussière. Les vêtements se trouvent donc alors pourvus. de matières’ inoculables.

L'examen des vésico- -pustules y montre, à la partie inférieure du corps muqueux, près du derme, à l'extrémité des papilles, des cellules plates, granuleuses et présentant des prolongements : Weigert a vu là des cellules mortifiées, dont il appelle l’altération la nécrose du éorps muqueux. Il pense que cette lésion résulte de la présence des bactéries qui sont d’abord contenues dans les vaisseaux et les papilles. Cette opinion, combattue dans le principe, est aujourd’hui généralement admise. D'après Cornil et Babes, le corps muqueux de Malpighi présente au-dessus des papilles une série de cavités anfractueuses, cloisonnées par des filaments anastomosés, et contenant dans leur intérieur un liquide dans lequel il existe quelques cellules migratrices et des filaments de fibrine.

Les microbes de la variole ont été jusqu'à présent difficiles à obtenir purs ; ils siègent ou dans les vacuoles du corps muqueux ou sur leur paroi.

Dans son ouvrage sur la « Prophylaxie de la variole », M: le professeur-agrégé Blaise éerit : « L'agent infectieux est contenu dans certains produits de sécrétion des malades, et surtout dans le liquide purulent des pustules. Il conserve indéfiniment toute sa puissance dans les Hnges et autres objets ayant servi aux malades. Ces objets,utilisés plus tard par une personne saine, en état de réceptivité, prennent donc la conta-

gion. »

4. devient. . Ctarrbale et est suivie à une e éxpectoration plus ou moins abondante dont. les crachats aummulaires res-.

- semblent assez à ceux des phtisiques.

L’ inflammation des bronches est souvent suivie à une pneu monie dans laquelle les parties du poumon shoes sont à-la région postérieure etinférieure. 5

M. Babes a étudié particulièrement cette pneumonie rubéolique ; il à trouvé dans le sang plus de leucocytes qu'à l’état normal, et aussi un grand nombre de microbes ronds liés

deux par deux ou en forme de chainette. Ces diplococeus et

les streptococcus se trouvent également dans les sécrétions D

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