‹ De La Propriété De L'AirChapitre 8 sur 27 · SA · texte numérisé non relu

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derait à les confondre. Mais où le raisonnement d'Ihering cesse, à notre avis, d’être exact, c’est lorsqu'il poursuit la distinction qu'il a ainsi établie pour l'appliquer à l’espace par opposition à l'air. Nous avouons qu'il nous est impossible de concevoir, ni matériellement, ni juridiquement, la distinction qu'Ihering voudrait ainsi créer. De quoi résulte-t-elle et sur quoi se base-t-elle ? Espace ou air, n'est-ce point tout un ? Et s'il existe une différence entre les deux choses, n’estelle pas exclusivement dans les termes ? L'espace, opposé à l'air, serait — si nous comprenons le raisonnement d'Ihering — la limite atmosphéririque de la propriété. Cette limite serait constituée par une ligne idéale réunissant toutes les perpendiculaires élevées sur les bornes de la propriété foncière. Et à l’intérieur de cette limite immatérielle, se trouverait l’air res communis. Le propriétaire du sol serait donc propriétaire d'une sorte de prisme creux dont les côtés parallèles iraient se perdre dans l'infini ; mais le contenu de ce prisme imaginaire serait la propriété de tous.

Le raisonnement nous paraît au moins singulier et nous concevons malaisément que le propriétaire d’une parcelle de territoire puisse ainsi défendre des atteintes des tiers les limites aérien-

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