DO
nes de sa propriété, alors qu’à l’intérieur de ces limites, il n’a plus aucun droit privatif. C'est évidemment un droit de propriété bien illusoire que celui qui porte ainsi sur le contenant (une ligne idéale) sans s'étendre en même temps au contenu. Le raisonnement d'Ihering eût été plus efficace et sa comparaison plus vraie si, au lieu de rapprocher l'air de l’espace qui le contient, il l'avait rapproché de la surface qui le soutient. Reprenant, en effet, les termes mêmes de ce raisonnement et les modifiant dans le sens que nous indiquons, nous dirons alors : « Si l'on pouvait conclure de la qualité juridique de l'air à celle du sol, on pourrait également conclure de la qualité juridique de l’eau courante à celle du lit dans lequel elle court, de la qualité juridique du gibier à celle de l'endroit où il se tient. »
Nous nous refusons donc à admettre cette distinction purement arbitraire entre l’air et l’espace. Il ne nous est point permis de fixer ainsi au droit de propriété des limites idéales qui seraient: d’ailleurs, d’une application pratique irréalisable et d’un intérêt théorique insaisissable. De deux choses, l’une, en effet : ou bien l'air sera reconnu libre et alors cette liberté ne connaïtra ni limitation, ni obstacle ; ou bien la propriété du dessus sera illimitée en hauteur, mais alors le