INTRODUCTION
La marque de fabrique est d'origine très ancienne et n'est point née avec la liberté du travail.
Dès les temps les plus reculés, les fabricants et les commercants ont caractérisé el individualisé leurs produits par un signe particulier afin de les désigner à l'attention du publie. Nous rencontrons en effet à toutes les époques des marques de fabrique et leur usage s’est perpétué chez tous les peuples jusqu'aux temps modernes.
Il suffit du reste pour s'en rendre compte de con-
sulter l'histoire (1).
l) Voir les ouvrages de deux jurisconsultes allemandes : 1° D' Homever. — Die Haus und Hofmarken. Berlin 1870, 2° Kobhler. — Das Recht der Markenschutzes.
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La marque de fabrique à Rome
La marque de fabrique existait-elle chez les Romains ? La question ne fait point de doute. Les marques de fabrique étaienttrès nombreuses à Rome, elles portaient le nom de Sigie {sigillum) et indiquaient soit le nom du fabricant, soit celui des propriétaires de l'atelier ou de la fabrique. L'artisan signait à peu près loujours son œuvre pour en perpétuer lorigine.
Elles se trouvent surtout sur des poteries etterres cuites que l’on rencontre partout où les Romains apportèrent leur civilisation, en Espagne, en France, en Allemagne et en Angleterre.
Souvent un vase sert de marque de fabrique : on a découvert la pierre tumulaire d’un certain Granius, où l’on lit negotiator artis cretariæ et au-dessus de linseriplion la marque de trois vases qui sans aucun doute représentaient le commerce du défunt.
La publication des sigles pour la Gaule a été faite dans le C. I. L,t. XII; et les musées en possèdent de très belles collections ; nous en avons vu de beaux spécimens à Montpellier {musée de la Société archéologique, Narbonne, Nimes et Rodez (1).
M. D'Argencourt, dans son recueil de fragments de sculptures antiques, nous donne d'intéressants détails sur les marques ; nous lui empruntons du reste le passage suivant, cité par Braun dans son
(1) Voir Tournal. — Catalogue du musée de Narbonne.