‹ De La Propriété Des Marques De FabriqueChapitre 3 sur 47 · SANS · texte numérisé non relu

SANS

Traité des marques de fabrique : «Pour les vases en terre grossière les sigles se trouvent imprimés sur les anses des amphores où,des deux côtés du chenal, les terrines dites « Téles » déversaient leur contenu. Pour les tuiles surtout provenant d'Italie, les sigles avaient la forme de nos plats à barbe, avec une échancrure semblable: on y voit ou centre un monogramme ou une figure quelconque de divinité, d'homme, d'animal, de plante, de fleur, de vase au milieu d'un cerele.

« Dans la circonférence une inscriplion en lettres majuscules, indiquant le nom du polier ou du maitre, le heu de la fabrique, le nom du fonds d'où la Lerre était ürée, celui du propriétaire et quelquefois la date du Consulat. »

Les briques, les tuiles, les tuyaux, les dolia et les amphoræ porlent aussi des marques, el le commerce de ce genre d'objets élait excessivement actif.

Les briqueteries où poteries étaient en général exploitées par le propriétaire lui-même sur le fonds où se trouvait l'argile, quelquefois elles étaient louées.

D'après Marquardt el Momsen cette industrie « s’est monopolisée peu à peu entre les mains de grands capitalistes : non seulement des membres de la noblesse, des fonctionnaires de lordre Ie plus élevé, des chevaliers romains, mais les empereurs mêmes el les membres de la famille impériale, les principes en particulier acquièrent des fours établis autrefois par des fabricants dont le nom subsiste

pour en attester l'origine » (1).

1, Marquardt et Momsen. — Les antiquités romaines. La vie privée

des Romains, p. 317.

Les empereurs, en effet, en possédaient et leurs noms figurent à côté des marques de fabrique ; on y lit aussi des noms de manufacturiers privés, de citoyens et d’affranchis. Domitien est propriétaire des figlinæ genianæ, Trajan des figlinæ genianæ, la famille des Allii a une briqueterie à Clusium. On a trouvé encore un timbre portant linseription Q. Statori à Firmum (1).

La marque n’est pas toutefois réservée seulement aux produits d'argile ; on en trouve sur les objets en bronze et sur les tuyaux en plomb, en somme sur presque tous les produits de l’industrie.

Malheureusement, bien que nous possédions beaucoup de marques, derniers vestiges d’une florissante industrie, on n’est point parvenu à connaître la situation des grands centres de fabrication, on s’est heurté à de grosses difficultés. Certaines marques se trouvent en plusieurs endroits et à de grandes distances, celle de Fortis, par exemple. Comment dès lors fixer le siège de l'atelier ? (2)

Toutes ces marques étaient-elles protégées, élaient-elles obligatoires ou facultatives, ne contrefaisait-on point les marques des producteurs célèbres ?

Sur ces points-là, nous ne possédons aucunes données ; peut-être serons-nous fixés un jour grâce aux recherches auxquelles se livrent les archéologues. On a bien prétendu toutefois que la marque avait été obligaloire, mais cette opinion est aujourd’hui complètement abandonnée. M. Schuermans a du reste

(1) Eodem loco, p. 333, note 3.

2? Marquardt et Momsen. — La vie privée des Romains, p. 317.

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