‹ De la propriété et de ses formes primitives (volume 2)Chapitre 40 sur 85 · Diodore, V · texte numérisé non relu

Diodore, V

4. Des discussions délicates se sont élevées au sujet du partage des terres chez les Doriens ^ : il me semble qu'on peut assez sûrement faire ici la part de l'histoire et celle de la légende. — Il y eut

1. Conf. Thirwall, Bist. de la Grèce ancienne, trad. d'Ad. Joaane, Paris, t. 1, 1847, p. 216 et suiv. Grote, BUt. of (rreece, Londoo, 1846, t. II, p. 524 et soiv. Danoker, Geschichte des AlterthumSf Berlin, 1860, t. III, p. 362 et salv.

462 LES FORMES PRIMITIVES DE LA PROPRÏÉTlî

c Grèce S Thèbes \ Leucade ', dans lesquels le nombre primitif a des propriétés devait être soijgneusement maintenu. Cette c pensée ne peut guère s^expliquer que par un partage primitif : c interprétation d'autant plus vraisemblable qu'elle se vérifie c avec certitude pour une ville que nous n^avons pas encore c citée, Thurium; ici, nous avons deux témoignages distincts : 4 celui d'Aristote ^, qui mentionne Tenvahissement des terres c par un petit nombre de patriciens, malgré la loi qui s'opposait % à ces acquisitions, et celui de Diodore qui relate la tradition

un partage à peu près égal des terres {Uànn^ct tivâ) à rorigine de Tinvasion Dorienne : voilà l'histoire : nous avons pour témoin de ce fait, Platon, dans le Traité des Lois > .

Mais on a attribué à Lycurgue cette répartition des terres : voilà la légende. Lycurgue, personnage à demi légendaire, aurait ainsi, dans notre sentiment, absorbé un fait antérieur. Cette supposition est corroborée par l'existence d'une tradition, d'ailleurs erronée, qui fait de Lycurgue un contemporain des Héraclides *, et par une conjecture critique de Timée qui se crut obligé de supposer l'existence de deux Lycurgue '.

1. Politique d'Aristote, traduct. Barthélémy Saint-Hilaire (1848), p. 79.

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