‹ De la propriété et de ses formes primitives (volume 3)Chapitre 59 sur 88 · Politique, 1. VIII · texte numérisé non relu

Politique, 1. VIII

c( lion de la propriété, source unique, à leur avis, des révoa lutions. C'est Philéas de Ghalcédoine qui a, le premier, ce posé en principe que Tégalité de fortune était indispensable a entre.les citoyens. > En effet, quand la répartition des biens est trop inégale, la démocratie conduit à des révolutions sociales; car celui qui a le suffrage, veut aussi avoir la propriété. Les institutions démocratiques n'ont donné le repos aux hommes que quand , comme en Suisse ou dans lés temps primitifs, les mœurs sont simples et les conditions très- égales.

moyens employés par les Grecs pour conserver celle-ci. Tantôt on limite le maximum des terres qu'un citoyen peut posséder, tantôt on déclare les propriétés inaliénables afin d'empêcher leur accaparement, tantôt on tempère la propriété individuelle par dés repas communs où tous sont nourris; c'est une lutte perpétuelle contre Tinégalité. o L'i- € négalité, dit admirablement Âristote, est la source de toutes a les révolutions *. » D'après Bôckh, c'est la guerre entre les riches et les pauvres qui a perdu la Grèce 2. Tant que la propriété foncière avait conservé son caractère collectif, l'égalité résultait du partage périodique, comme nous le voyons encore aujourd'hui en Russie. C'était là l'âge d'or dont les anciens avaient conservé le souvenir et qui était resté leur idéal. Même plus tard, quand les familles vivaient chacune sur un patrimoine commun, indivisible et inaliénable, comme en Judée ou dans la Grèce et Tltalie anciennes, au temps où la gens^ le yevoç conservait son caractère primitif, l inégalité était limitée. Mais à Rome, lorsque se développa la propriété quiritaire, c'est-à-dire personnelle, exclusive et susceptible d'un agrandissement indéfini, on ne prit aucune des précautions imaginées par les Grecs pour en borner l'extension ; et, au contraire, la conquête de territoires nouveaux lui offrit sans cesse de plus vastes domaines où elle put s'étendre. Ainsi grandit l'inégalité qui perdit la République d'abord, tout' le monde romain ensuite. Nous résumerons rapidement les tentatives faites pour en arrêter les progrès. Roniulus partage le territoire entre les trois tribus. Chaque tribu se divisait en curie et chaque curie en centurie; c'était le Hundred anglo-saxon, qui semble avoir existé chez toutes les tribus germaniques. La centurie comprenait cent guerriers ou chefs de famille, et chacun d'eux avait un do-

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