CHAPITRE XXV
LA. PROPHIÉTÉ EN GfiÈCE.
La notion romaine du droit absolu de propriété est toujours restée étrangère à la Grèce. Le territoire de l'État était considéré comme lui appartenant ' ; les citoyens n'en avaient que la jouissance subordonnée à l’intérêt général. De là ces partages de terres si fréquents et celte intervention constante de la loi pour régler la répartition de la propriété. Les philosophes, les politiques, les législateurs de l’antiquité voulaient la même chose, à savoirque chaque citoyen eût une part de la propriété foncière, et que la loi empêchât une trop grande inégalité- Dans la République de Platon la terre est divisée en parts égales entre tous les citoyens. AQn que tous prennent intérêt à la défense du pays, Aristote veut que chacun ail deux lots de terre assignés par le sort, l'un près de la ville, l'autre près des frontières *. Dans la plupart des États de la Grèce on trouve des mesures ayant pour but de maintenir l’égalité des propriétés foncières. A Leukade la vente du bien héréditaire était complètement interdite; chez les Locriens elle n’était permise que pour faire face à une nécessité démontrée; à Corinthe, le législateur I’heidun, pour maintenir l'égalité des lots, cherche à rendre invariable le nombre des citoyens. Philolaos, Corinthien de naissance, qui donna des lois à Thèbes, s'efforça d'atteindre le même but, en réglant les adoptions et l’haleos de Chalcédoine espère rétablir l'égalité des biens, en décidant que les richps donneront des dots aux filles, mais n'en recevront pas, tandis que les pauvres en recevront et n'en donneront pas *.
I. *11 II ytépa xoivov, Arist. Polit., III, 7,9, et 11, î, S.