LA PROPRIÉTÉ EN GRÈCE
pris de mesures effiraces pour maintenir l’égalité des conditions. La population, dit-il, est divisée en riches et en pauvres : toute la richesse est aux mains de quelques individus qui ont des fortunes colossales. Après Aristote, celte concentration de la propriété foncière alla si loin, qu’au temps d’Agis III, la I^aconie était devenue la propriété de cent personnes. La population diminua rapidement. Le nombre des hommes en état de porter les armes, qui était jadis de 10,000, réduit k 1,000 au temps d’Aristote, n’était plus que de 700 à l’époque de Plutarque. Aristote ne voyait pas d’autre remède à la décadence de l'État que le partage des terres, en vue de rétablir l’égalité des possessions. La lutte entre les riches et les pauvres était déjà engagée, à l'époque où écrivait le Stagyrite. Dans plusieurs villes, dit-il, les riches avuient fait entre eux ce serment : « Je jure d'être l’ennemi du peuple et de lui faire tout le mal que je pourrai '. » A Sparte, comme dans beaucoup d’autres étals grecs, les rois se mirent à la tête du peuple contre l’aristocratie. C’était le césarisme démocratique et socialiste. Agis veut le partage des biens, mais il est tué. Le roi Cléomônes (238- 222 av. J.-C.) mit à exécution le programme populaire : abolition des dettes, partage des biens, droits politiques accordés à tous ceux qui en étaient privés. La Laconie fut divisée en 13,000 parts attribuées aux Periœques et 4,500 aux citoyens. Cléomènes, renversé par la guerre extérieure, eut pour successeurs d’autres « tyrans » qui continuèrent à opprimer et à dépouiller les riches, pour conserver la faveur du peuple. L'histoire économique de Sparte, répétée dans les autres états grecs, est très semblable à celle de Home. Tant que l’égalité se maintient parce que les familles conservent leur patrimoine, la liberté politique subsiste. Quanrl ]cs riches ont accaparé le sol, la lutte des classes comniPi c et elle ne finit que par rétablissement du despotisme et la perte de l’État.
Aristote, dans sa Politique, a résumé en un mol la conclusion qui ressort de l’histoire économique de la Grèce. « Pour « eux (les législateurs), le point capital parait être l’organisa- « lion de la propriété, source unique, à leur avis, des révo- « lulions. C’est Philéas de Chalcédoinc qui a, le premier, posé