Politique , t. VIII
« en principe que l’égalité de fortune était indispensable entre « les citoyens. » En effet, quand la répartition des biens est trop inégale, la démocratie conduit à des révolutions sociales ; car celui qui a le suffrage veut aussi avoir la propriété. Les institutions démocratiques n’ont donné le repos aux hommes que quand, comme en Suisse ou dans les temps primitifs, les mœurs sont simples et les conditions très égales.
Dans les autres Républiques grecques, nous retrouvons la même évolution économique qu'à Sparte : concentration de la propriété foncière, progrès de l'inégalité, culture par les esclaves dont le nombre va croissant, enfin dépopulation. Quand la Grèce fut devenue province romaine, ellese transforma en désert, où vaguaient les troupeaux et où les bétes sauvages se cachaient dans les ruines des temples et des cités. A la lin du premier siècle après J.-C., la population pouvait à peine mettre sur pied 3.000 guerriers bien armés, autant que Mégare seule en envoyait à la bataille de Platée. L’égalité était la base des démocraties grecques. L’inégalité causa leur ruine '.
I Voy. le travail si instructif de Karl Bflchcr, Die Aufslande der unfreien arbeiler, 181 1, ch. îv.
Dépopulation de la Grèce. « Citons ce décroissement de la population, cette pénurie d'hommes qui de nos jours se fait sentir dans toute la Grèce, qui rend nos villes désertes, nos campagnes incultes, sans que des guerres continuelles ou des fléaux, comme la peste, aient épuisé nos forces. » Polybe, Hist. gen., liv. XXXVIII, 4, 19. Strabuu, liv. VIII et IX. l’ausauias, liv. VII, VIII et IX. Plutarque affirme que de son temps toute la Grèce ne pouvait fournir les 3,<H)0 hoplites que Mégare envoyait A la bataille de Platée. 1 è ; ’E/**8o; trçv Ef.r).uuav, De defeetu orucutorum, VIII.