‹ De la propriété et de ses formes primitivesChapitre 126 sur 131 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

LA THÉORIE DE LA PROPRIÉTÉ

L’étude des formes primitives de la propriété est indispensable pour donner une base solide & la théorie de la propriété. Faute de connaître les laits, la plupart des juristes et des économistes ont fondé la propriété sur des hypothèses contredites par l’histoire ou sur des raisonnements, dont la conclusion était en opposition avec ce qu'ils voulaient démontrer. Ils s'efforcaient d'établir la ligitimilé de la propriété quirilaire que le droit romain nous a léguée, et ils prouvaient, au contraire, que la propriété naturelle, telle qu’elle a été établie chez les peuples primitifs, était seule conforme à la justice.

Pour démontrer la nécessité de la propriété foncière absolue et perpétuelle, les juristes invoquaient la coutume universelle quod ab omnibus, quod ubique, qund semper. « Le consentement universel est un signe infaillible de la nécessité et par conséquent de laligitimilé d’une institution,» dit M. Léon Faucher'. Si cela est vrai, comme la coutume universelle a été la propriété foncière collective, il faudrait en conclure que celle-ci est seule légitime, seule conforme au droit naturel.

Dalloz, dans son Répertoire, au mot Propriété, Portalis, dans son Exposé des motifs au Corps législatif, aftirmcnt que sans la propriété foncière et perpétuelle, on ne cultiverait pas la terre et que par conséquent la civilisation, qui repose sur l’agriculture, serait impossible. L'histoire économique montre que cette affirmation n’est point fondée.

La pleine propriété appliquée à la terre est une institution très récente ; elle a toujours été un lait exceptionnel et la cul-

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