‹ De la propriété et de ses formes primitivesChapitre 128 sur 131 · Polit, tirée de CÉcrit., liv. I, art. 3, 4' propos · texte numérisé non relu

Polit, tirée de CÉcrit., liv. I, art. 3, 4' propos

2. Esprit des lois, liv. XXV], ch. xv, Léou Faucher (v° PsoraiéTÉ dans le Diction, de Cecon. polit.) répond que l'on n'a jamais rencontré cette communauté primitive des biens dérivant de la nature. Les tribus les plu» sauvages, dit-il, connaissent le tien et le mien. Sans doute, mais Montesquieu parlait de la propriété foncière, et celle-là a été, eu effet, partout collective à l'origine.

propriété et la loi sont nées ensemble et mourront ensemble. Avant les lois, point de propriété ; Otez les lois, toute propriété cesse. » Destutt de Tracy exprime la même opinion, et plus récemment Laboulaye, dans son Histoire de la propriété en Occident, la formule aussi avec une grande précision : « La détention du sol, dit-il, est un fait que la force seule fait respecter, jusqu’à ce que la société prenne en main la cause du délenteur. Les lois ne protègent pas seulement la propriété, elles la font naître... Le droit de propriété n'est point naturel mais social. »

En fait, il est certain, comme le dit Maynz, « que les trois législations (romaine, germanique et slave) qui se partagent aujourd’hui l'Europe font dériverexclusivement de l'État le pouvoir absolu sur une chose que nous désignons par le mot de propriété*. »

Si Laboulaye et les autres auteurs dont il exprime l'opinion n’ont entendu parler que du fait, ils ont raison. Quand je cueille des fruits ou que j’occupe un coin de lerre, c'est mon bras d’abord, la force publique ensuite qui m’en garantissent la jouissance. Mais qu’est-ce que mon bras, qu’est-ce que la force publique doivent me garantir, quelles sont les limites légitimes du lien et du mien, voilà ce qu’il faut nécessairement déterminer.

La loi crée la propriété, dit-on ; mais quelle sera cette loi et que décidera-t-elle? La propriété a revêtu les formes les plus diverses : quelle est celle que le législateur doit sanctionner en vue de Injustice et de l'intérêt général?

Pour faire la loi qui règle la propriété, il faut nécessairement savoir ce que la propriété doit être. Donc la notion de la propriété précède la loi qui la règle.

Le maître jadis était reconnu propriétaire de son esclave : celte propriété était-elle légitime, et la loi qui la consacrait créait-elle un véritable droit? — Non, une chose est juste ou injuste, une institution est bonne ou mauvaise avant qu’une loi le déclare, de même que deux et deux font quatre avant que cette vérité soit formulée. Les rapports des choses ne dépendent pas de la volonté des hommes : ils peuvent faire de bonnes lois et de mauvaises lois, consacrer le droit ou le violer, mais celuici n’en subsiste pas moins. A moins de soutenir que toute loi est

Page 1