‹ De la propriété et de ses formes primitivesChapitre 20 sur 131 · ÏVrlz. Lcg. Il, IU, art · texte numérisé non relu

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inculiis et si Iris communibus. Le campus commuais dont il est question dans la loi des Burgondes, Tit. 31, s'est conservé sous le nom d'allmend en Allemagne, de common en Angleterre, de communaux en France.

La Mark, comme la Gens antique, avait ses autels et ses sacrifices, et plus tard, après l'introduction du christianisme, son église et son saint comme patron. Elle avait un tribunal qui connaissait des délits ruraux et même primitivement des crimes commis sur son territoire.

Les familles, formant la communauté, n'avaient qu’un droit d'usage ; c'était l'association même qui était propriétaire du sol Cependant plus tard, des portions de la terre commune étaient concédées pour un temps plus ou moins long, soit gratuitement, soit moyennant une redevance. On trouve ces concessions partout sur le Folkland en Angleterre, sur I ' Hammerka en Frise, sur l' Almannigar delà Suède et de la Norvège, surl’A//mend en Allemagne comme sur Vager publiais et les lerræ vectigales h Home. Telle est l'origine de ces parcelles données en jouissance viagère ou temporaire qu'on trouve encore dans différentes contrées, les AUmendgœrten d’Uri et de Gersau, les Gmeinwerkgùter de Lucerne et de Schwyz, le Gemeinfeldcr (C ampi communes) du district de Trêves, les Gemeinem Loosgûter de Peitingau en Bavière, les Markfelder de la Westphalie, les Geraidengüter de l’Alsace et du Palatinat, les Hubmannschaflen du Hunsdsrück, les Rulltlheile dans l'Eichsfeld. Ce sontces lots du territoire commun qui, peu à peu usurpés, ont donné naissance aux Sondereigen, aux propriétés privées.

Le droit de mettre en culture une partie inoccupée du domaine collectif, forêt, bruyère, terrain vague, généralement reconnu dans le régime primitif en Allemagne et en Islande comme en Russie, à Java et dans l'Inde, donnait aussi naissance

I. Cela apparaît clairement dans les textes du moyen âge. En voici un exemple : « lu hac silv nullus no. hum privtim hahebat aliquid, sed communilcr pertmebal ad omnes vitl/e nostrœ incolas. Dipl. de 1174. Boduiaun, I, p. 463, cité par van Maurer. L’association des habitants s’appelait commandas ou communio. Lrx Bi.ro. Add. 1, Tit. I, ch VI. Sylvarum.monhum el pnscuorum communionem. — Diplôme re 1534, cité par .Maurer, Etnleitunq, etc., p. 144, communionem q n.r vulyo Almenda vocntur. — Diplôme de I2‘JI. Id. In communiiale villa; Merle, quæ Allmend vulgai-iter appellalur.

à la propriété foncière privée, au Sondereigen. Le travail de défrichement était un litre à une occupation permanente. Les terres ainsi occupées s’appelaient Auschiisse, Sundern, Hogen, E in fange ou Beif linge, Bifung. Aussi longtemps que l’espace est suffisant en prend qui veut, suivant ses besoins; mais plus tard, il faut l'autorisation du groupe ou tout au moins des autorités. C’est ce qu’on rencontre aussi dans toutes les îles de l’archipel de la Sonde, ainsi qu'on le voit dans la description si exacte qu'a faite de leurs coutumes M. Riedel, ancien résident k Java '. Jusque vers la fin du moyen âge, ces droits anciens se sont maintenus par endroits. Mais toute terre abandonnée retourne à la communauté, ainsi que dans le droit musulman *.

Nous avons peu de détails sur la façon dont se faisait primitivement la répartition des terres. César dit : « Nul n'a de champs limités ni de terrain qui soit sa propriété. Mais les magistrats et les chefs assignent, tous les ans, des terres aux clans, gentibus, et aux familles vivant ensemble. » Ces familles, vivant en société et cultivant en commun, sont la peinture exacte des familles patriarcales qu’on trouve aujourd'hui chez les Slaves méridionaux, chez les Russes, et qui existaient dans toute l'Europe au moyen âge, surtout en France et en Italie. C'est le groupe primitif de l’époque pastorale, qui s'est perpétué depuis les Ariens de l’Asie jusqu'à nos jours. Four bien comprendre ce que disent à ce sujet les historiens romains, il ne faut jamais perdre de vue les institutions des peuples dont la condition économique ressemble à celle de la Germanie ancienne. D’après César, les chefs font le partage comme ils l'entendent. On a égard dans le partage, suivant Tacite, au nombre des cultivateurs : pro numéro cultorum, et au rang des eo-partageants : secundum dignntionem partiuntur1. De ces deux traits,

1. V. Oorspr. Volkslaintnen van cenlraal Selebes. ligdr. lot volkcnkunde van Kederlands en Ini/ie V. I. The island of Flores. Der Aaru. archipel. Yerh . der Iles, filr Erdkunde, 18it5, n° 3.

2. V. Maurer, Einleilnng, p. la". Dorfverfassung, 292, ilarkverfassung, p 171; Landeu, Te- ritorien, p. 153 ; Gicrke, Kechtsgesch. der deulschen Genossenscha/l, p. 68 ; Beseler, Der neubruch, in den syi.bolje Hethm. Ilollw. obi. p. 7.

3. Corlaius auteurs comme Thudichuin, Gau-nnd-mark VerTassung, p. 98 ; Gierkc, Rechtsgrsch. der deulschen Génois, p. C i, expliquent ces mots par : Suivant la qualité du sol, appréciée avant le partage. .Mais M. Bilcher, qui a traduit mou livre en allemand sous le titre de Vreigenlhum, approuve le

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l'un se retrouve en Russie, où on fait le partage par tiaglos, c'està-dire par unités de travail, par travailleurs adultes; l’autre à .lava, où en eflel le chef de la rfessn, le loerah, les anciens et les autres fonctionnaires communaux ont une part de terre proportionnée à leur rang. Horace dépeint aussi dans les termes suivants le parlage annuel des terres tel qu’il se pratiquait alors chez les peuples habitant les bords du Danube : « Plus heureux les Gèles indomptables! leurs champs sans limites produisent une libre et commune moisson ; ils ne cultivent qu’un an le même sol. Quand l'un a rempli sa lâche, un autre lui succède et le fait jouir à son tour des fruits de ses travaux '. » Il s'agit ici aussi d’une division du travail entre deux groupes d'habitants qui cultivent la terre alternativement pour la tribu entière. César nous rapporte exactement la même chose des Suèves, le plus belliqueux et le plus puissant des peuples teutons. {Covi. IV, i, 3.) « Ceux qui restent dans le pays cultivent le sol pour eux-mémes et pour les absents, et à leur tour ils s’arment l’année suivante, tandis que les premiers restent chez eux; mais nul d'entre eux ne possède la terre séparément et en propre, et nul ne peut occuper plus d’une année le même terrain pour le mettre en valeur. Ils consomment peu de blé, ils vivent principalement du laitage et de la chair de leurs troupeaux, et s’adonnent à la chasse. » Ce sont les traits habituels qui caractérisent la condition économique des tribus germaniques. La chasse et l’élevage des troupeaux fournissent la plus grande part des subsistances; l’agriculture ne vient qu'en troisième lieu. Le sol n'est cultivé que pendant une année; il reste propriété collective et la terre arable est répartie entre les ha bilants pour une jouissance temporaire. Ce qui parait parti

gens que j’ai adopta. Eu effet, dit-il, dans les distributions de terre de la oiarke les autorités obtenaient des part* plus grandes (Maurer, Dorfoerf. 1, p. 312), et aujourd'hui on concède des lots spéciaux au maître d'école, au pasteur, au secrétaire communal, et des portions de prairie à celui qui entretient le taureau ou des verrats.

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