‹ De la propriété et de ses formes primitivesChapitre 24 sur 131 · PERFÎIERS VESTIGES DE L'ANCIEN RÉGIME AGRAIRE EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

PERFÎIERS VESTIGES DE L'ANCIEN RÉGIME AGRAIRE EN ALLEMAGNE

Nous ne pouvons pas suivre l'histoire du développement du régime agraire en Allemagne depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, de façon à en saisir nettement les étapes successives, mais il en est qui nous apparaissent cependant assez clairement, de même que dans un paysage, vers le soir, les points élevés sont encore éclairés par le soleil couchant, alors que les plaines environnantes sont déjà plongées dans l'ombre. Dans les systèmes de propriété et de culture, malgré les différences locales, deux formes typiques se distinguent nettement: la véritable communauté agraire (Feldgemeinshaft), telle que la décrivent César et Tacite, et le régime de la marke avec possession collective, comme on la retrouve généralement répandue pendant tout le moyen âge, à partir de la migration des peuples au quatrième siècle. César nous dépeint un mode de culture à moitié nomade avec un changement annuel de la terre cultivée, propriété commune et mise en culture collective par toute la tribu, les produits du sol étant également partagés entre tous. Chez Tacite, nous trouvons un régime déjà plus stable; tout le sol, à l'exception de l’habitation et de son enclos, est encore propriété commune, mais celle-ci appartient à de petits groupes locaux de communautés de famille (Geschkchlsgenossencliaften,\v& cognationes horninum dont parle César). Une partie du pâturage est partagée chaque année, par tirage au sort, entre les co-usagers, qui ont alors la jouissance individuelle, mais temporaire, du lot qu’ils mettent en valeur, de façon que

I. Ce chapitre est emprunté à la traduction allemande de mou livre pu. bliée par M. le professeur Karl Bûcher, sous le titre de Ureigmlhum.

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