Rau, ibid., p. 173. V. lu note qui s'y trouve
3. Zeller iZrtitrhi ifl /Or die lanilir. Ve reine der lie. II. Ilrssen, 1848, p. G3, 313, 3C.I rite plusieurs exemple* où, dans le midi de l'Allemagne, après le partage delinilif des biens communaux, les cultivateurs les moins aisé* n’ont pu conserver leur part. Ils l'ont vendue et sont tombés dans la misère. Le patrimoine rouimuu et rcparlageable était nu obstacle au paupérisme (V. Cuar. IX;.
terre ne soit pas négligée pendant les dernières années de la jouissance. C’est là une précaution très importante omise presque partout, et qu’il faudrait s’empresser d'introduire dans le règlement de tous les Allmenden.
J’ai revisité récemment les villages à Allmend du grand-duché de Bade et de la Suisse. J’extrais de mes notes quelques exemples qui peuvent servir de type. Voici d'abord Schonau en Bade, situé aux bords de la Wiese, petite rivière qui se jette dans le Rhin, près de Bâle. La vallée est remplie de nombreuses fabriques, empruntant leur force motrice aux chutes d’eau et à la vapeur. Schonau est un beau village, très prospère, qui, au moyen du produit de ses communaux, a construit une très belle école, un grand bâtiment pour l'administration et a établi une distribution d’eau avec tuyaux en fer. La commune se divise en quatre hameaux qui ont, chacun, leurs AUmends: des forêts, des prairies et des terres arables. La propriété privée n’occupe pas même le septième de la superiieie : 710 hectares sur 5,311. Le hameau central de Schünau possède deux AUmends cultivées, l’une très rapprochée, l'autre à quinze minutes de distance. De bons chemins y mènent. Les lots, d’un demi-hectare environ, sont occupés par des céréales, des pommes de terre et des légumes. Chaque famille obtient chaque année six stères de bois. L'usager doit payer environ 8 francs par hectare, quand les contributions communales dépassent 50 pfennigs (02 centimes) par capital imposable de 100 marcs.
Prés de là, à Gernsbach sur la hauteur, la propriété privée est encore plus restreinte. La commune, qui ne compte que 800 habitants, dont 150 familles usagères, possède 8,000 morgen (2,000 hectares) de bois et 1,830 morgen (462 hectares) de terres arables, ce qui permet d’attribuer à chaque famille en moyenne 10 stères de bois et un lot de terre ( Mahne ) de 2 1/2 hectares. Le partage ici se rapproche de celui des anciens Germains. 11 ne se fait pas pour la vie, mais pour cinq ans, avec la rotation obligée suivante sur deux fumures: seigle, pommes de terre, orge, avoine; puis huit ans en herbage à pâturer, jusqu’au nouveau partage. — Radolfszell, ancienne petite ville, très pittoresque, aux bords du lac de Constance, sur le chemin de fer; marché très fréquenté; quelques industries, entre autres des fabriques de tricot; 2,200 habitants; 60J familles, dont 204
LES ALLMENDEN DE LA SUSSE
ont droit à une part de VAUmend, comme anciens bourgeois; mais 15 d’entre celles-ci attendent pour avoir leur lot. Chaque lot comprend 63 ares de terre arable. Il ares de bonne prairie, 15 ares de prairie marécageuse près du lac, fournissant des roseaux, et 3 ares de jardin potager; plus, chaque année, 8 stères de bois à briller et 45 grands fagots. La grande Al lw end est un bois défriché dont les chemins sont plantés de pommiers. Les lots sont cultivés en froment, orge, avoine, pommes de terre, trèfle, betterave fourragère. La ville possède quelques hectares de vignes, louées pour le quart du produit. Il est admirablement pourvu à tous les services publics, surtout â ceux de l’enseignement; hôpital bien installé, ayant 25,000 marcs de revenu; une école d'agriculture et une école d’économie rurale pour jeunes filles, avec vingt élèves. Les forêts communales sont estimées 2 millions de francs. Salaire de l’ouvrier rural de 1 mark 80 pf. k 2 marks (i mark = fr. 1,25).
Langenbrück, dans le canton de Bâle, est un charmant village au milieu des forêts, où les Bâlois vont faire une cure d'air, l’été. Un tramway à vapeur conduit de Lieslal à Waldenburg. puis une bonne route à Langenbrück. La petite locomotive suit le ruisseau au fond de la vallée, passe sous les sapins, au milieu de prairies, s’arrête devant les auberges toutes garnies dp fleurs et de plantes grimpantes. Grande aisance, solides et confortables maisons. Obendorf et Waldenburg. les villages que l'on traverse, ont également leur propriété collective répartie; on la reconnaît facilement : ce sont de grands champs divisés en une multitude de parcelles dont les emblavures diffèrent. A Langenbrück, le secrétaire communal me montre le cadastre de YAllmend et les règlements concernant la jouissance. Trois champs collectifs sont partagés entre 120 usagers, la vie durant. On compte 200 familles. Un lot comprend une parcelle dans chacun des trois champs cultivés, soit plus d'un hectare, outre le bois de chauffage. Ces parcelles forment de longues bandes qui partent du chemin et montent vers la forêt qui couronne les hauteurs. La partie supérieure est en herbage. L'AUmend est aussi bien cultivée que les propriétés privées.
Stanz, capitale du demi-canton de Nidwald. L'A llmend occupe toute la plaine que l’on traverse en venant de Buochs. Toute personne des deux sexes arrivée à l’âge de vingt-cinq ans a droit E. ot Laveleye. 10
La propriété primitive.
R un lot; mais quand la fille se marie, elle perd le sien. Un lot comprend 35 ares de terres cultivées, ancienne prairie défrichée, et 4 àSares de jardin, plus 7 stères de bois de chauffage et le bois de construction pour l’entretien de la maison. L'administration de VAllmend est réglée par l'assemblée générale des ayants droit, qui se réunit deux fois par an, en mai et en octobre. Elle élit un comité administratif : un président, un caissier, un secrétaire, un huissier et des gardes. Le gouvernement de la commune économique est tout à fait semblable à celui du canton, qui est exercé par la Landsqemeinde, c’est-à-dire par le suffrage direct de tous les habitants majeurs, qui s'assemblent une fois, chaque année, le dernier dimanche d'avril, dans une prairie située à Wyl, aux bords de l'Aa. On peut trouver en ceci un argument à l’appui de la théorie de ceux qui, comme mon savant collègue, M. Vanderkindcre, soutiennent que les magistrats communaux sont partout les successeurs des « officiers » de VAllmend. 11 est certain qu'en Angleterre la commune politique a disparu quand la propriété commune a été envahie par le mnnor.
On ne doit pas croire que VAllmend soit une institution exceptionnelle, qu’on ne trouve que dans quelques villages perdus au milieu des montagnes. On la rencontre en pleine vigueur dans les champs si admirablement cultivés de Bâle campagne, dans les beaux villages aux bords des lacs de Constance et de Lucerne, dans les petites villes industrielles du duché do Bade et jusque daus les populeuses communes des bords du Rhin, en liesse, c'est-à-dire partout où l’action dissolvante des principes du Code civil et l’hostilité systématique des autorités ne l’ont pas fait disparaître. Elle a été, à plusieurs reprises, l'objet des délibérations des Chambres en Bade et dans le Wurtemberg, et l’État a édicté, à ce sujet, des règlements généraux, ce qui n’a pas eu lieu en Suisse, où l'autonomie communale est restée, jusqu'à ce jour, souveraine. (Wurtemberg : Édit pour l'admimistralion des communes et fondations, mars 1822; loi sur les droits réels des bourgeoisies et communes, 1833. Hesse : Règlement communal, 1822. Bade : Loi sur les communes et sur les droits de bourgeoisie, 1831 ; Hohenzollern, 1837.) Dans toute celle région de l’Allemagne, non seulement les paysans usagers et l'administration, mais même les économistes, comme