Wurt. Wochenblatl ( Journal heb tomadaire 1802), u
« Mais sous ce rapport, le district du Schwar/.wald est beau il voir. A Thieringen, par suite de l'introduction de la stabulation permanente, on mit en culture 60 des 450 arp. du terrain communal et on y sema des plantes fourragères; le reste fut converti en pâturages à moutons ou en forêts. A Bilz, on partagea 99 arp. parmi les bourgeois qui les transformèrent en pâturages à moutons et en forêts, également à cause de l’introduction de la stabulation permanente. Dans la commune de Freudensladt on mit en culture 20 arp. de bois, on y établit des chemins et on les cultiva. A Wolfschlugen , bailliage de Nurtingen, 32 arp. de riches prairies furent partagés à nouveau. A Bohringen, bailliage de Sulz, les améliorations commencées en 1860 furent terminées en 1861 et plus de 400 arp. partagés enlre les bourgeois. A Hagelloch, bailliage de Tubingue, un terrain inculte de 2 arp. et demi fut irrigué et semé d’herbe, etc.
« Dans le district de Jaxt il n'y a rien à constater que la transformation en terre arable de 7 arp. de terrain inculte dans la commune de Welzheim. Dans le district du Danube, une allmend de 34 arp. fut mise en culture à Gruibingen, bailliage de Goppingen. A Weidenstetten, canton de Munsingen, une prairie de 75 arp. fut mise en culture. Enfin, dans le canton de Wangen, 25 arp. de pâturages et 16 arp. de marais furent mis en valeur. »
Voici ce que dit un rapport de 1862 ', sur les allmenden de la ville de Goppingen qui comptait 8,600 habitants, dont un grand nombre étaient occupés dans l’industrie :
« Celle ville possède 500 arp. d’allmcnden soigneusement cultivés. Les fonds employés pour les drainages, les plantations et la création de chemins nouveaux sont considérés comme constituant un capital des plus productifs. 200 arp. sont donnés aux bourgeois, la vie durant, 100 arp. sont loués en parcelles pour six ou neuf ans, à raison de 8 florins par arpent. 20 à 30 arp. de plantes fourragères rapportent 15 à 30 florins par arp. Un terrain de 40 arp., autrefois inculte, produit maintenant un foin de bonne qualité et sert de pâturage d'automne pour les moutons.
« li faut aussi mentionner les belles plantations faites k Gop-
I. Suppléaient a» 11 au Journal hebdomada-re ( W.Woehenblull ) de ISCÏ.
pingen : 3,000 arbres fruitiers plantés dans des vergés clôturés et le long des chemins des allmenden, réjouissent les yeux par leur aspect luxuriant; dans peu d'années, le produit de ces arbres remplira les caisses de la commune. De nombreux chemins rendent la circulalion facile, ils sont larges et les accotements servent de pâturage aux moutons, pendant l'automne, tandis qu’on y fane une herbe abondante au printemps. L'irrigation ne laisse rien à désirer : les parties marécageuses ont été drainées ou mises à sec par des fossés à ciel ouvert. D’autres terres qui servaient d'exploitation d’argile ont été nivelées, irriguées et transformées en vergers verdoyants. Des parties de la forêt s'avançant dans les champs et entravant la culture par les racines et par l’ombre qu’elles projetaient ont été défrichées et converties également en vergers. Un terrain de 8 arp. appelé jadis « la digue de vase » naguère complètement improductif a été transformé en prairies et en champs de luzerne. On y a créé une jolie promenade plantée d’arbres qui embellit beaucoup la ville. »
En 1813, la ville de Tübingue possédait encore plus de 1,000 arp. de pâturages. En outre, on avait loué, dès 1790, des parcelles qu’on cultivait ou qui servaient de pâturages. Le pâturage communal était utilisé par les bourgeois de la ville haute et de la ville basse; les derniers se plaignaient constamment de certains désavantages et, comine les magistrats n’avaient pas égard à ces réclamations, il y eut, en 1818, une espèce d'insurrection.
Un beau matin d'automne, les habitants de la ville basse forcèrent la porte de la ville et amenèrent en triomphe leur bétail sur le pâturage. On dut envoyer un commissaire royal à Tübingue pour mettre (in à la querelle. Celui-ci décida que les habitants de la ville haute et ceux de la ville basse conduiraient alternativement leur bétail sur le pâturage en litige. Chaque bourgeois avait le droit d’y mettre trois têtes de bétail. De plus, on partagea, entre ceux qui n’usaient pas de ce droit, 100 arp. de terres arables. Les parcelles déjà cultivées étaient de un huitième d’arpent et concédées pour neuf ans; celles qu'il fallait mettre en culture mesuraient un quart d'arpent et étaient données à vie. Les premières étaient frappées d’une redevance de 1 florin, dont les antres étaient exemptées. En outre, la ville re- E. us La yelaïs. 13
tirait annuellement 760 florins de la location du pâturage des parcs à brebis*. Depuis celte époque, on travailla autant que possible à la bonification des allmenden. En 1827, 140 liect. de pâturages situés dans la vallée furent transformés en prairies et loués. Dix ans après, on refusa de vendre les terres situées sur les collines, parce que leur location était plus avantageuse pour la ville. En 1810, on fit un nouveau partage et des lots plus grands furent concédés pour neuf ans. Ceux qui ne jouissaient pas personnellement de leurs parcelles étaient indemnisés par le revenu de la location. On convertit en forêt des pâturages peu utilisés à celle époque. En 1830 le mauvais état des finances de la ville nécessita la création de nouvelles sources de revenus.
Tübingue possédait alors 340 arp. d’allmend, dont 27(5 en champs et 204 non cultivés. Après mûr examen on planta du houblon sur 17 arp. auxquels on ajouta encore 7 arp. en 1832’. Cette plantation coûta 0,000 florins Au début le produit Tut peu élevé, mais dés 1830-57 le revenu fut de 2,262 florins. La bonne récolte de 1858-59 qui produisit 10,000 florins couvrit tous les frais.
Les années suivantes, la ville retira de ses plantations de houblon 25,000 florins, soit 1 .000 florins par arp. En 1807, la récolte produisit 130 quintaux qui furent vendus pour 39,408 florins. En 1807. les houblonniéres mesuraient 40 arp. et on estime qu'elles rapportent autant que les 140 arp. de forêts possédés par la ville. D'ailleurs, on avait beaucoup amélioré les allmenden par des plantations et en fumant les pâturages à mouton. Jusqu'en 1857, une grande partie des allmenden fut laissée en jouissance aux bourgeois. C’est alors que le collège décida de louer les allmenden à raison de 20 florins par arp., à l’exception des forêts communales, des pâturages à moutons et de la plantation de houblon.
Si l’ancien système n’a pas été maintenu jusqu'à nos jours dans une ville de 10,000 habitants, l’histoire de la ville de Tii-
1. Compte rendu des affaires de la ville de Ttlbingue depuis l'armée 1150 jusqu'à nos jours {Der stüdlisehe Haushalt Tttbingen rom Jahre 1150 bis aitf umere Xeit.), par 1 éditeur <ÏVn regard en arriére sur le passé delà ville de Tubingue, 1803, p. 231 et suiv.).
2. Comparez la description du bailliage du Tubingue faite par le bureau royal de statistique eu 1801 ( Bescltreibung des Oberamh Tubingen).
bingue prouve pourtant que môme actuellement, de grandes propriétés communales sont une source de bien-être général pour la population.
Dans la Hesse il y a aussi beaucoup de communes qui, outre les allmenden qu’elles distribuent aux bourgeois, possèdent des biens plus ou moins étendus, dont les revenus sont employés pour les besoins publics, spécialement des prairies faciles à administrer et à améliorer. Le plus souvent on vend le foin et on en conserve une partie pour nourrir les bêles de trait appartenant à la commune. Ainsi la ville de Brusheim possède 162 hectares de prairies, Bürstad, Hofheim et Kleinhausen 200; Biblis, 42; Biebesbeim, 56'. Le plus grand de ces domaines est sans contredit le pré communal de Worms, situé au sud de la ville, le long du Rhin et mesurant 300 hectares.
La prairie de Worms ’, qui était autrefois un terrain vague lai ssé à sec par le Rhin, est mentionnée pour la première fois dans une charte de l’empereur Frédéric I*', en 1156. Pendant le quatorzième siècle, 14 communes s’en partageaient les produits. Des luttes sanglantes et des procès interminables eurent souvent lieu à cette époque. Le 9 juin 1701, les nommés Hofman et Frommerb se rendirent sur la prairie à la tête de quatre cents paysans et de quelques dragons du Palatinat, y conduisirent leur bétail, arrachèrent les bornes de délimitation, comblèrent les fossés qui entouraient le pré seigneurial, détruisirent le pavillon du seigneur et en brûlèrent le bois. Ils abattirent des arbres séculaires et menacèrent de saccager les jardins particuliers qui s’étendaient entre la prairie et la ville. De telles « irruptions » eurent lieu de temps en temps pendant tout le siècle passé. En 1786, la ville de Worms, n’osant faire valoir ses droits, lit avec les quatorze communes un contrat réglant en détail les droits d’usage. Ce fnt en 1828 seulement que le gouvernement de la Hesse conclut un arrangement définitif, par lequel neuf communes furent indemnisées en argent et les cinq autres
I. Zeitschrift für Ijtndw Ver. des Gr. II. Ilessen. Revue de la Société agri cole du grand-duché de Hesse, 1843; IV 396 et suiv. ; 1836, VI, 70 et suiv., 1848, XVIII, 590. 394 et suiv. ; 1865, XXXII, 477).
!. Gesch. der Wormser Bilrgerwei le (Histoire de la prairie communale de la ville de Worms par le Dr Glaser, Revue de la Société d’agriculture, 1860, XXX, 37i, 386. 389, 399). L’auteur s’est servi aussi d’uu rapport des revenus et des dépenses de la ville.
reçurent la partie de la prairie (fui leur revenait. Mais les bourgeois de Worms ne se laissèrent pas enlever sans réclamer le droit de faire pâturer leur bétail sur la prairie entière. Ils se livrèrent à des manifestations violentes, arrachèrent les bornes de délimitation, saccagèrent les jardins et il fallut l’intervention armée de la Hesse et du Wurtemberg pour réduire à l'obéissance ces bourgeois animés de l'ancien esprit batailleur des communiers de la marke.
La ville de Worms entreprit d’importantes améliorations sur sa prairie, la stabulation permanente ayant été introduite dès 1838. En 1843, elle creusa des fossés, draina les parties marécageuses, combla les trous, créa des chemins, planta des peupliers et des saules et transforma son domaine en un gras pâturage. Le revenu d'un arp. était de 9 florins de 1833 à 1811. Il s'éleva à 13 fl. de 1842 à 1850. Pendant les années 1836 et 1857, 24,500 fl. furent versés dans la caisse publique.
Outre la prairie communale, la ville possède encore 361 hect. de terres arables qui lui coûtèrent 81,526 fl. de 1833 à 1859. Mais le revenu de ces terres fut de 537,290 fl. pendant ces vingt-sept années, soit 19,896 fr. par an.
Le produit qui n'était en 1833 que de 10,746 fl. s'éleva à près de 40,000 fl. en 1860. Pour une ville de 12,000 habitants, ne possédant pas de grandes forêts, cet appoint était considérable.
Voici le produit total de 1860 à 1867 :
Pour le foin 607.054 0.; annuellement 33.714 11.
Pour le bois 63.027 — 3.501
Total 670.001 fl. — 37.225 fl.
Dépenses pour la coupe des bois et l'entretien
des prés 79.34? fl. — 4.407 11.
Total, produit brut 590.719 11. — 32.818 fl.
Le revenu maximum obtenu en 1875 fut de 78,200 marks, le minimum, en 1867, de 34,014 marks. Le produit moyen d’un arp. a été de 38 marks pendant les dix-huit dernières années. La ville de Worms avant retiré 1,128,000 fl. pendant les quarante-cinq dernières années, a pu réduire les impôts de 22 1/2 marks par famille.
Dans le Wurtemberg il y avait encore, en 183:1, 210 com-
munes qui possédaient, chacune, environ 210 arp. de terres non cultivées, ordinairement en pâturage. La surface totale de ces terres vagues étant de 88,673 arp., cela faisait 422 arp. par commune '. Ces chiffres dénotent les progrès réalisés depuis 1819 où, d'après l'estimation de la Société d'agriculture, il existait encore en fait d’allmenden 400,000 arp. de terres non cultivées. En 1863, sur les 733,722 arp. ( 1 hect. = 3,173 arp. W. morgen) d'allmenden du Wurtemberg, il y avait 58,283 arp. de terres arable, 23,864 arp. de prairies, 5,245 arp. de pâturages et 363,817 arp. de forêts. Sur les 1,910 communes du pays il yen a 213 seulement ou 11 p. 100 qui ne sont pas pourvues d’allmenden ; 1,315, soit 68 p. 100, possèdent des forêts; 1,629, soit 85 p. 100, possèdent des terres arables et des pâturages. 367 communes ne possèdent que 10 arp. ; 315 de 1 1 à 30 arp. ; 1S8, de 51 à 100 arp.; 180, de 101 à 200 arp.; 154, de 201 à 500 arp. et 88, plus de 500 arp. Il existait en 1871 des pâturages k moutons dans 1,542 communes, des pâturages pour le gros bétail dans 1,054, pour les chevaux dans 60, pour les chèvres dans 287 et pour les porcs dans 160.
Le droit au pâturage i» moutons appartenait à la commune dans 1,246 localités, aux propriétaires privilégiés en commun dans 72, aux particuliers et à la commune en indivis dans 157 villages.
Dans le Wurtemberg, les communes s’efforcent principalement de couvrir une bonne partie de leurs dépenses avec le produit de leurs allmenden. Plusieurs d'entre elles obtiennent un revenu important en louant leurs pâturages à moutons et le droit de parcage. Dans les années 1860-1863, les communes obtinrent de ce chef 1,237,722 flor. ou 14 p. 100 de leur revenu total. D’autres louent leurs allmends au plus offrant en parcelles ou en exploitations entières. Ordinairement aussi des lots de 1 k 2 arp. sont répartis entre les bourgeois, gratuitement ou moyennant une redevance minime. Au total, les terres arables d’allmend rapportèrent aux communes en 1 860-1863, 775, 1 42 flor. par an ou 8 p. 100 de leur revenu et les bois 32 p. 100, de sorte
I. (Witrl. Jahrbilcher) , Rapports du Wurtemberg, édités par le bureau royal de statistique, I8G0, II, p. 19 et suiv. Voir aussi 1877, II, p. lîü et suir. et « Le Royaume de Wurtemberg » [Dus Kôniyr. W'urt. vom slalist. Barrait), 1863. p. 689.
que 55 p. 100 de leurs dépenses étaient couvertes par le produit du domaine collectif. Le partage des jouissances se fait sur le pied de l’égalité, sauf quand il existe une collectivité de propriétaires avec des droits privilégiés '. Les descriptions des bailliages ( Oberamtsbeschreihungen ) n'ont pas donné jusqu'à présent de grands détails à ce sujet. Nous leur empruntons néanmoins quelques renseignements sur le bailliage de Spaichingen :
« Il y a des allmenden dans de nombreuses communes; elles sont généralement louées aux habitants et assurent un revenu lise au trésor communal. C’est la commune de Spaichingen qui retire de ses allmenden le revenu le plus important, soit 1,834 fl. A Nusplingen chaque bourgeois a l’usage gratuit d'un arp. La commune de Wehingen (1,193 hab.) possède 1,470 arp. de forêts. principalement plantées de sapins. Chaque bourgeois reçoit annuellement deux mètres cubes de bois; le reste, vendu au profit de la commune, produit 1,500 fl. En outre, la commune retire encore 525 fl. de la location de ses 250 arp. de pâturage. Les allmenden dont chaque bourgeois reçoit un arpent à raison de 2 11., produisent G72 fl. »
Il existe presque partout des allmenden dans les deux principautés de Hohenzollern. La surface totale des pâturages est de 84,000 arp. dont 50,000 appartiennent aux communes et sont en partie loués, en partie donnés à vie aux bourgeois, soit gratuitement, soit pour une redevance peu élevée *. Dans le comté de Hechingen, sur les 27 communes, il n'y a que celle de Hermannsdorf qui n’ait pas d'allinend. Toutes les autres partagent des lots de terre arable. Dans 7 communes les bourgeois reçoivent en outre des parts de bois, et dans 9 autres on leur partage le revenu de la vente des bois. 41 p. 100 de la terre appartient aux communes, soit 3,584 arp. Il y a 8,708 arp. de terre urable, 112 de jardins, 1,201 de prairies, 5,730 de pâturages et 14,697 de forêts ; du territoire de la ville de Hechingen, 44 p 100 appartient à la commune, soit 2,683 arp. Elle possède en outre 1,219 arp. de forêts, 360 de pâturages, 81* île prairies, 993 de champs et 21 de jardins.
I. V. Dilzcr, Die lirai Hemrindtrtehle, $ 41. Sluttpail, 1844.
5. Meitzeu, « Le sol et l'agriculture de la Prusse ( De » liotlen des Prcus. tlaates, 11, :îo7. — Cramer, « Le comté de Hohenzollern MOU à 18S0 » (Stutgard, 18101, p. 102 à 701 et tableaux 11 et lit.
Dans la principauté de Hohenzollern-isigmaringen, les lois communales datant de 1840 (§§ 88-107 ') sont copiées sur celles du pays de Bade. Le droit à l'allmend est un droit personnel qui est le même pour tous les bourgeois. Là. où il existait des droits privilégiés, ils devaient être abolis à la mort de ceux qui en jouissaient. Là où la jouissance des allmenden était attachée à la possession de certaines maisons, ces droits devaient être rachetés à raison du décuple delà moyenne du produit annuel.
Dans le Holicnzollern-Hechingen, il n’y a pas de lois générales. Chaque commune agit à sa guise, conformément aux anciens usages. Les bourgeois ont eu, de tout temps, des droits égaux; les simples résidents n’obtenaient que des parts très réduites dans les partages des jouissances, à moins qu'ils n’achetassent le droit de bourgeoisie qui se payait très cher. 11 fallait être marié et avoir vingt-cinq ans avant de pouvoir jouir des droits des bourgeois. Le survivant d'un ménage jouissait de tous les droits, mais à Stetten et à Beuren, seulement lorsqu'il y avait des enfants. A Hechingen, les veufs et les veuves n’avaient que la moitié des revenus. Dans certaines localités les célibataires avaient aussi droit à l'allmend s’ils étaient à la tête d'un ménage. Pour les absents leurs droits restaient suspendus.
Comme la stabulation permanente est partout en usage, il n’y a plus de pâturages communs; les pâturages à moutons sont loués au profit de la commune. Les produits des forêts sont ou distribués aux bourgeois, ou vendus à l'enchère, puis l'argent partagé. Les terres arables, de dimensions très diverses, sont concédées à vie. Leur étendue divisée en parcelles est
dans :
3 communes de 1/2-1 arp.
4 — plus de 1 —
Les parts de bois varient entre 21/2 stères et 100 fagots et I / 2
I. Weiske « Recueil tics lois communales de l'Allemagne tSamlunq leulscher Gem-iurie yeselze) p. 485. Comp. lois sur les droits des bourgeois, {.4 84, 85, 100 à II).
î. Ces données se rapportent à l'année 187t. Comp. Cramer, Oie G ta fsehaft Hohenzotlcrn, tableau II, p. 184 et suiv.
stère; et le produit des bois en argent entre 54 et 15 fl. Le plus souvent, l'usage des allmenden est taxé à 2 fl/en moyenne pat arp. ; à Hechingen, à 8 fl.; à Rangendingen, à 5 fl.; à Hausen, à 54 kr. Le produit moyen des allmenden était annuellement de 30 fl. Les 4,527 bourgeois de la principauté recevaient en jouissances diverses une valeur une somme totale de 136,941 3/4 fl. ou 34 fl. par famille.
Eu égard A ces jouissances on a, de tout temps, cherché à rendre difficile l'obtention du droit de bourgeoisie. Ceux qui désiraient l’obtenir devaient payer une somme de plus en plus élevée. Actuellement on exige de 80 à 800 fl. pour l'admission d’un homme, de 20 à 150 fl. pour une femme et 25 fl. par enfant. Beaucoup de communes n’ont plus admis personne depuis un temps immémorial. Cependant les corporations de bourgeois ne sont pas restées aussi fermées qu'en Suisse. Dans 13 des 26 communes ayant des allmenden, on ne trouvait aucun simple résident en 1881 ; dans les 13 autres communes, il s’en trouvait 3 à 4 avec leurs familles.
Le pays de Bade seul, possède une statistique détaillée de ses allmenden datant de 1854 '. Deux liers des communes soit 1,250, étaient pourvues d’allmenden. Elles possédaient de grandes forêts, et 160,000 arpents (un arpent vaut 26 ares) de terres arables, dont 105,012 arpents étaient concédés à vie. 95,098 bourgeois et veuves avaient, en 1854, chacun la jouissance d’un lot d'environ 40 ares. 159,382 communiers recevaient 188,758 cordes (Klafter) de bois, 117 troncs d’arbres ; 12,477 cordes de bois divers, 7,241 ,812 fagots, 15,314 perches, 119,750 perches pour les fèves, plus 16,662,000 morceaux de tourbe.
Les parts de bois variaient beaucoup dans les différentes communes. Beaucoup d’entre elles livraient aux co-usagers du bois de chauffage à suffisance, parfois du bois de construction et même avaient un excédent à vendre. La valeur de ces parts était si diverse qu'elle montait de 1 fl. à 100 fl. par an. De même les lots de terre et les prairies sont de dimensions très différentes selon les localités. Dans les trois districts rhénans, respectivement 163, 175 et 112 communes sont pourvues d’allinends arables, tandis que dans le district situé le long du lac de
1. Stalist. der inneren Verwnltung des Grossh. Baden., He/l IX.
Constance, il y en a 277. Dans une partie du pays, beaucoup de communes ne donnaient ni champ, ni prairie aux bourgeois; d’autres, dans le district du Bas-Rhin, tels que Heidelberg, Weinheim, Philippsburg, distribuaient aux bourgeois jusqu'à 5 arp. et plus, tandis qu'à Mosbach, Gerlachsheim et Bosberg, chaque bourgeois ne recevait que quelques verges de terre pour jardin. Le principe général est l’égalité des parts, toutefois avec celle distinction que les vieux bourgeois en obtiennent de plus grandes que les jeunes. Ainsi à Sulzbach, dans le bailliage de Weinheim, l'étendue des parts, divisées en six classes, va de 112 verges à 3 1/2 arp. A Rheinsheim il existe douze classes, à Huttenheim dix, à Oberbausensix, dans les autres communes du district de Philippsburg de trois à cinq classes. A Kàferlhal, la classe inférieure n'a que 20 verges et la’ classe supérieure 7 arp.; à Heddesheim, il y a dix-sept classes, la première a 1/8 d'arp., la dernière 5 1/2 arp. Cette localité était peuplée de 250 bourgeois et possédait 591 arp. de terre. Kâferthal avec 310 bourgeois avait 532 arp. ta différence était donc moindre d’une classe à l’autre, là où il y en avait dix-sept que là où il n’y en avait que six. Les lots de bois sont le plus souvent égaux pour les jeunes et pour les vieux bourgeois, sauf parfois certains avantages attachés à la possession de telle ou telle maison.
Nous donnons ici comme type la répartition qui se fait dans la commune de Hcinsbach située sur la route qui relie Darmstadt à Heidelberg. Hemsbach possède 1,000 arp. de terres arables et de prairies et 628 arp. de forêts. Le nombre de ses bourgeois est de 400 (360 en 1854). On les divise en six classes de la manière suivante :
I. A partir de la septième année, chaque bourgeois reçoit 1 / 4 d'arpent de terre arable.
II. A partir de la treizième année, 1/4 d’arp. de terre arable et 1 arp. de prairie, plus la part n” I.
III. A partir de la dix-neuvième année, 3/4 d'arp. de prairie mais il perd le n" I.
IV. A partir de la vingt-cinquième année, I arp. de terre arable et 3/4 d’arp. de prairie, mais il perd le n° 111.
V. A partir de la trente el unième année, 1 3/4 arp. de terre arable el 1 3/4 arp. de prairie, mais il pprd le n" IV. Il possède donc alors 1 3/4 arp. de terre et 2 3 4 arp de prairie.
A mesure qu’ils montent en grade, la qualité de la terre devient meilleure. Les bourgeois de la quatrième classe livrent annuellement à la commune 9 livres de grain, ceux de la cinquième classe 35 livres de grain plus 39 marks. Outre cela, dès son inscription sur la liste, chaque bourgeois reçoit pour 18 ou 20 marks de bois par an (d'après la statistique communale de 185i, 1/8 de Corde de bois et 5u fagots).
Dans le tableau suivant, nous avons pris comme type des lots ceux qui sont exploités par la classe des bourgeois les plus âgés.