I.ES ALI.MAENNINGAR DE LA SCANDINAVIE ET DE LA FINLANDE
Le mot Allmaenning, allmnenningar au pluriel, provient de l’adjectif allmaen commun, qui se décompose en alla tous et wan homme, maeu au pluriel. En Finlande les allmacnningar se nomment yhteismetsàt, ghteismaat, forêts, biens communaux ; en Norvège, almindinger.
Les lois qui régissent les allmenningar actuelles ont leur origine dans l'ancien système agraire de la Suède que nous devons considérer de plus près.
Lorsque les races Scandinaves prirent possession de la Suède, elles considérèrent le sol comme propriété commune. On ne pouvait acquérir un droit de possession qu’en défrichant et en cultivant un terrain. La propriété privée appliquée au sol étant inconnue cIipz eux, comme cirez les autres peuples arrivés au même degré de civilisation, les terres arables appartenaient collectivement aux familles, aetten, ainsi que le prouvent diverses prescriptions des anciennes lois, tandis que charpie famille se créait un domaine particulier, en le mettant en valeur. L’ensemble des terres était reconnu comme une propriété collective. Les grandes forêts, les vastes pâturages s’étendant sur les bords des lacs furent considérés comme appartenant aux cantons ( landskapen ), aux districts ( hacraden ), aux paroisses ( tocknarnc ), enün aux villages ( bijarna ).
Celte organisation agraire donna naissance à la division îles terres communes en Landuliap allmacnningar , Haerads allmacnningar, Socknealtmaenningnr cl Bgallmaenningar, et ils se
I. Chapitre emprunté à l'édition allemande et rédigé d'après les renseignements fournis par M. le comte llauultou, de l'université de Luud et >1. Castren, de l'université d'Helsingfor*.
sont perpétués jusque dans ces derniers temps. En Finlande et dans la Suède du Nord, celte division ne se retrouve pas exactement, parce que les Landskapen et les Haeraden n’y ont pas eu la même importance politique que dans le reste de la Suède, et ainsi les deux premières espèces d'allmaenningar ne s’y rencontrent guère.
Remarquons ici que, primitivement, la Suède se composait d'un certain nombre de districts fédérés, lesquels se divisaient en Haeraden correspondant à la centaine germanique. Ces liaeraden se subdivisaient en socken ou paroisses qui comprenaient plusieurs hameaux.
Les lois anciennes nomment les allmaenningar, propriété collective de toutes les familles : tantôt ahnaenningar aldrae ruannae (bien commun de tous les hommes), tantôt ahnaenningar aldrae grannae (bien commun de tous les voisins).
De la nature même de la propriété commune résultait que, d'une part, tous les habitants de la commune, à l’exclusion des etrangers, en avaient la jouissance et que, d’autre part, personne ne pouvait les pos-éder en propriété privée, sans le consentement des autres intéressés. Dans le Nord, où les forêts étaient encore plus vastes que dans le Sud, le premier venu pouvait devenir, sans aucune autorisation, propriétaire de la terre qu’il défrichait cl qu’il mettait en culture. D’uprès les lois de l’Helsingeland, en vigueur dans les contrées septentrionales de la Finlande et de la Suède, quiconque désirait s'établir sur le territoire commun devait faire constater par témoins les bornes des terres mises en culture. Alors on lui attribuait une portion de la forêt aussi large que le terrain cultivé et aussi longue que le sentier qu’il pourrait faire en abattant les arbres et en commençant son travail avant le lever du soleil en décembre et en revenant avant midi. Mente quand il avait acquis une partie de l'allmacnnig soit de celte façon, soit du consentement de tous, il n’en avait pas la pleine propriété, car il devait payer chaque année un certain fermage à la communauté et, en cas de vente, une somme fixe. Bien que la féodalité n'ait point été puissante en Suède, les idées féodales y exercèrent leur influence et ainsi la couronne éleva des prétentions sur les allmaenningar. Vers la fin du moyen âge, l’Etat s'en était déjà approprié une certaine partie. Le premier code général, qui date de 1442, dé-