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DE LA PROPRIÉTÉ FONCIÈRE

personnel, que déGnit le Code civil, el que seul nous comprenons bien aujourd'hui.

Les procédés d'exploitation se sont modifiés à mesure que la propriété s'est dégagée de la communauté. D'extensive, la culture est devenue intensive, c’est-à-dire que le capital a contribué à produire ce que l’on ne demandait originairement qu'à l'étendue.

D'abord la culture est intermittente et temporaire; on brûle la végétation naturelle de la superücie, et on sème du grain dans les cendres; la terre repose ensuite pendant dix-huit ou vingt ans. C'est ainsi que les Tartares cultivent le sarrazin, el les habitants des Ardennes en Belgique, le seigle, sur les hautes bruyères, auxquelles ils appliquent le procédé de « l’essartage». Ce mode d’exploitation n’est pas incompatible avec le régime pastoral et la vie nomade. Plus tard, une partie du sol est maintenue en culture, suivant la rotation triennale, la plus grande partie restant pâturage commun pour les troupeaux du village. C'est le système russe et germanique. Ivn tin le bétail est mieux soigné, l'engrais est recueilli, les champs sont clos; des chemins, des fossés sont tracés; le travuil améliore la terre d'une façon permanente; puis la jachère est supprimée, des fumures énergiques sont achetées dans les villes ou empruntées à l’industrie; le capital s'incorpore au sol cl en aecroit la productivité. C’est l'agriculture moderne, celle de la Flandre el de l'Italie dès le moyen âge; elle n’entre en action que quand la propriété individuelle de la terre est complètement constituée. Ainsi progrès parallèle de la propriété et de l’agriculture, voilà le fait important que les dernières recherches mettent de plus en plus en relief. Cependant les faits constatés autrefois au Pérou et aujourd'hui dans les allmenden de la Suisse et de l'Allemagne prouvent que la propriété collective du sol ne s’oppose pas à la culture intensive, à condition que la jouissance individuelle soit assurée pendant un temps assez long.

|,a Philologie et la Mythologie doivent à l’emploi de la méthode des éludes historiques comparées les merveilleuses découvertes qu’elles ont faites récemment. Sir Henry Maine pense que la même méthode, appliquée aux origines du Droit, pourrait jeter un jour tout nouveau sur les phases primitives du développement de la civilisation : on verrait clairement que les lois

6ont, non le produit arbitraire des volontés Domaines, mais le résultat de certaines nécessités économiques d’une part, et de l’autre, de certaines idées de justice dérivant du sentiment moral et religieux. Ces nécessités, ces idées, ces sentiments, ont été très semblables et ont agi de la même façon sur les sociétés, à une certaine époque de leur développement, en y présidant à l'établissement d’institutions partout les mêmes. Seulement toutes les ruces n’ont pas marché du même pas. Tandis que les unes sont déjà sorties de la communauté primitive au début des temps historiques, d’antres continuent à pratiquer, de nos jours, un régime qui date des commencements mêmes de la civilisation.

Dès les premiers temps de leurs annales, les Grecs et les Romains connaissaient la propriété privée appliquée à la terre, et les traces de l’antique communauté du clan étaient déjà si effacées qu’il faut une étude attentive pour les retrouver. Les Slaves, au contraire, n’ont point renoncé au régime collectif. La Géologie nous apprend aussi que certains continents ont conservé une flore et une faune qui déjà ailleurs ont disparu depuis longtemps. Ainsi, dit-on, on trouve en Australie des plantes et des animaux qui appartiennent aux âges antérieurs du développement géologique de notre planète. C’est dans des cas semblables que la méthode des études comparées peut rendre de grands services. Si certaines institutions des temps primitifs se sont perpétuées jusqu'à nos jours chez quelques peuples, c’est là qu’il faut aller les surprendre sur le vif, afin de mieux comprendre un état de la civilisation qui ailleurs se perd dans la nuit des temps.

J’essayerai d'abord de faire connaître le régime des communautés de village tel qu’il existe encore aujourd'hui en Russie et à Java. Je montrerai ensuite que ce régime a été en vigueur dans l'ancienne Germanie et chez la plupart des peuples connus. J’étudierai enfin les communautés de famille, si répandues en Europe, au moyen âge, et dont le type s'est conservé jusque sous nos yeux chez les Slaves méridionaux des deux côtés du Danube.

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