I. Bibl. Ilistor., liv. V, ch. xliv
S. Bibl. Ilistor., V, AI.
3. Strabou et le? auteurs modernes sont d’avis que Panchaia est une ile fabuleuse et le récit de Diodore une sorte de roman Cela se peut, mais, rn décrivant l'âge d'or, Diodore rapportait évidemment les caractères du régime agraire des temps primitifs. V. Ëihtmire, par R. de Block, p. SI. Mous, 1876.
L’AGE D'OR
mun sauf l'épée et la coupe (Cf. Nicolas de Damas, Eragm., n° 123-137 dans Miiller, F. H. G. 111.
M. Viollct croit reconnaître dans l’usage des repas communs, sussitia, si répandus parmi tous les peuples anciens, un reste de la communauté primitive ; et je pense qu'il a complètement raison. En efTet, de nos jours encore, on trouve en Suisse, ainsi qu’on l'a vu, les repas communs et la propriété collective. Le passage où M. Viollct exprime son opinion sur ce point me paraît si important que je le transcris ici dans son entier.
« Si on consomme en commun les fruits de la terre, c’est qu’origi- « nairement la terre n'est pas considérée comme le domaine de u l’individu, mais comme la nourricière de tous les hommes. « Ils « mirent en un seul bloc toutes leurs propriétés et mangèrent ensemble « à des repas publics, » écrit Diodore de Sicile à propos des habitants u des petites Iles I.ipari. A mon sens, ces ligues précieuses nous révè- « lent l'origine des repas publics. Cet usage dérive de la communauté « des terres : il s'y rattache aussi étroitement que l’effet à la cause, et « même il nous permet de remonter plus loin encore, par delà l’éla- « blissement des premières communautés sédentaires jusqu'à la vie « errante des familles patriarcales. L’habitude des repas publics était « répandue en Italie et en Grèce : au dire d’Aiislote, les Œnolriens, « à partir du jour où ils abandonnèrent la vie nomade pour cultiver « l’agriculture, reçurent de leur roi ltalus l'institution des repas comu muns : le philosophe eût été plus exact en nous disant que les « QEuotriens, devenus sédentaires, conservèrent, et non pas adoplc- « renl celte institution des repas communs: car c'est là, suivant toute « probabilité, un débris de la vie nomade. Les Opiques, habitants des « rivages de la Tyrrhénie, mangeaient aussi en commun et, au temps « d'Aristote (c’est-à-dire environ 400 ans après la fondation de Rome), « les Choniens, sur les côtes de l’Iapygie, les habitants de quelques « cantons du Brulium et de la Lucanie, étaient restés fidèles à cette « antique tradition*. Enfin personne n'ignore que cet usage se cou- « serva pendant longtemps dans file de Crète*. »
« Chez les Spartiates, les antiques repas publics ont laissé une « double trace, l'une dans les lois et l'autre dans les moeurs. D'une u part, le législateur s'empara de ce vieil usage; il le consacra et le