‹ De la prospérité publique, ou, Décentralisation du capital, et influence de cette opération sur l'ordre socialChapitre 47 sur 62 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

DU DIVIDENDE. — BUDGET DES RECETTES. — BUDGET DES DÉPENSES. — EXCÉDANT. — RÉPARTITION DE l'eXCÉDANT. — RÉSEYB. — FUSION.

Avant d'entrer en matière sur le sujet de ce chapitre, nous croyons devoir ramener latlention du lecteur sur le contenu du chapitre H de la première partie de cet ouvrage. Ce chapitre, qui énumère les pertes que le système agricole de nos jours impose à la richesse publique , fait implicitement ressortir tout ce que nous aurions à gagner à l'exploitation du sol d'après le système d'association. Ce n'est que par un retour attentif, sur le sujet traité dans ce chapitre, que l'agriculteur, qui dispose de ressources suffisantes, et dont la méthode est la plus avancée, pourra comprendre combien il est lui-même arriéré par suite des inconvénients inhérents à

ragriculture parlielle. Si, portant ses regards sur les propriétés voisines de la sienne, il note combien d'autres sont encore plus arriérés que lui ; combien d'autres sont dans la pire des conditions; si, après avoir fait le relevé des pertes que subit le revenu annuel de sa commune par suite d'un tel état de c!ioses comparativement même à ce qu'il obtient, lui, de sa pratique, il onumère ensuite, conmiune par commune, toutes les pertes annuelles de la France ; s'il tient compte des terres gaspillées pour les clôtures et les services fonciers; s'il tient compte, surtout, des avantages d'un système d'irrigation répondant aux besoins de toutes les terres recevanl une culture généreuse ; s'il écarte enlin, par la pensée, toutes les causes qui s'opposent au développement de la fécondité du sol, il ne trouvera pas exagéré, de tant s'en faut, que nous élevions au double du revenuagricoie annuel de la France, le revenu annuel qui résulterait de la pratique de l'association, indépendamment même de ce qu'à Taide de cette pratique pourraient produire les 6 millions d'hectares de terres incultes (1).

L9 double du revenu actuel de la France produit par l'agriculture, telle est donc la base sur laquelle nous établissons le budget annuel des recettes de l'association, en y ajoutant la somme

(1) Voir page J8,

— (12 — cfe 45 millions provcnaiil des profits sur le» animaux (i).

Si nous ne mentionnons que pour ménfioire le montant des droits apercevoir sur les successions, les donations entre-vils, les ventes, transferts, transformations des actions ; si nous ne représentons pas par un chiffre quelconque les sommes provenant des intérêts produits par le montant des versements faits dans les caisses des comptables, c'est qu'il est impossible de prévoir à quel chiffre ces sommes'pourront s'élever. On conçoit cependant combien l'importance en serait notable dans le budget des recettes.

Passons :

Le revenu annuel de la France étant établr sur des calculs qui l'élèvent à la somme de 7,502,884,450 fr. (2) le double de ce revenu

(1) Voir page 25.

Il n'est pas hors dé propos d'observer que nous ne mettons pasen ligne de compte les produits des autres industries agricoles , telles que les laines, la soie, etc. (voir pages 23 et 26). Il n'est pas besoin, en effet, de tant d'accumulation de produits pour justifier notre appréciation. Les économistes les plus avancés^ l'établissent même sans tenir compte de tout ce que nous avons signalé comme devant être pratiqué pour la fixer. Voici , en effet , ce qu'écrivait M. Michel Chevalier dans un article inséré dans le Dictionnaire de la Conversation, t. 44, pag. 472, au mot population ; « De bonmî foi , la sur- » face habitable du globe , ou même celle de l'Europe , approche- » t-elle de son maximum de culture et de produit ? Les économistes » LES MOINS ENTHOUSIASTES Tcconnaissent qu'en France il serait possi- » ble d'élever les subsistances au'n'veau^d'une popul ation double et » »ÉME TRIPLE. Disons le double pour^qu'dn ne nous accuse pas d'hy- » perbole , etc. , etc. »

[2) Note de la page 20.

sera représeiUé par ce ('hirfre 15,005,708,900

Acette somme ajoutons le double de celle de 855,055,827, produit des terres incultes fl) calculé dans les conditions ordinaires; soit : i, 007, 507, 054

Enfin les bénéfices sur les animaux (2), 45,000,000,

Total du budget de recettes 10,718,070,554.

Il est évident que cette somme ne doit pas former le dividende général. Elle n'appartiendra aux associés qu'à concurrence de ce qui excédera le budget des dépenses.

Or, le budget des dépenses comprend :

L'impôt dû à Tétat par le foncier agricole ;

Le prélèvement des semences ;

Les frais de culture ;

Les frais d'administration.

Mais à quelle somme s'élèvera le budget des dépenses ?

L'on conçoit qu'il nous soit difficile de répondre à cette question d'une manière catégorique : les documents manquent pour traduire cette réponse en chiffres : un budget ne se crée pas ; il n'est que l'expression des besoins

(1) Voir page 20.

(2) Voir page 2^.

— G4 — qui (leiiiamlent sulislaclioii , cl il esl (JiKicile à la clairvoyance luiiiiaiiie , iiiùiiie la plus élciulue, de prévoir le nombre et l'importance des besoins qui ne se feront sentir que dans un ordre de choses (jui n'existe pas encore. Cependant nous donnons à la fm de ce chapitre un aperçu du budget des dépenses, et Ton nous pardonnera cette témérité en faveur des efforts que nous avons faits pour présenter un système complet, lin résultat enfin que chacun puisse apprécier.

Un examen attentif de ce budget fera dumoins facilement reconnaître que nous n'avons pas triché — qu'on nous passe l'expression — dans l'évaluation des frais. Pourquoi aurions-nous reculé devant une large appréciation , lorsque nous avons la conviction que les éléments du budget des recettes sont inférieurs aux résultats que peut produire la pratique du système d'association , et que nous trouvons un excédent encore considérable après avoir f-iit une large distribution à chaque intéressé ?

Du reste, ce n'est pas sur des bases purement arbitraires que nous avons fixé les éléments du budget des dépenses. Le chiffre qui se rapporte à l'impôt qui est à la charge de l'agriculture , peut être logiquement apprécié , eu égard à l'époque du régime d'association, et l'on verra bientôt comment nous avons raisonné |)Our cela.

Quanl au thilTre qui résume les liais de culture de chaque nature de terrain en particulier, nous n'avons pas négligé de recourir à des hommes pratiques et éclairés pour avoir les renseignements les plus exacts possible : nous ferons aussi connaître cette base de nos calculs.

Pour ce qui concerne les frais d^administration, nous convenons que nous n'avons pas cherché à nous éclairer sur ce que peut coûter chaque emploi en particulier ; mais, comme l'administration de l'association n'a qu'un seul objet ; l'exécution du système agricole, les erreurs que nous aurions pu commettre, ne peuvent être fort considérables. D'ailleurs , nous consacrons une somme de ^00 millions pour compenser ces erreurs

Pour déterminer le chiffre de l'impôt foncier à la charge de l'agriculture, nous avons considéré que , outre ce que coûtait le système de corruption pratiqué par le gouvernement déchu ; outre ce que coûtait la liste civile; outre ce que coûtaient les emplois qui ne répondent à aucun besoin , le gouvernement républicain ne manquerait pas d'étendre les réformes jusques à simplifier le système administratif, à en réduire le personnel , à retrancher aux gros traitements , à supprimer les pensions qui ne sont pas protégées pur des droits sacrés.

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