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ÉTANG : A 0 D à
A. — Tumeurs malignes.
O8s. I. — BILLROTH. Mort.
H s'agissait d’un homme de 56 ans, quise plaignait, depuis déjà longtemps, de douleurs violentes irradiées au sacrum et dans la région vésicale. Depuis deux mois, urines troubles. Puis, rétention complète : cathétérisme nécessaire ; il amenait des urines sanguinolentes. Depuis, le malade fut forcé de se sonder; la miction spontanée était douloureuse et pénible. — Le cathéter venait buter sur la tumeur, et ramenait des débris épithéliaux qui ne laissaient pas de doute sur la nature carcinomateuse de la tumeur.
Opération. — Section périnéale médiane : le doigt sent, en avant, dans la vessie,une tumeur dure, irrégulière, qui comprendle lobe moyen de la prostate et le col de la vessie, et dont la base est tellement large qu’il est impossible de songer à une extirpation complète. Cette disposition explique pourquoi le toucher rectal ne donnait rien. Le néoplasme est enlevé avec la curette, aussi complètement que possible : on mit un drain à travers la plaie jusque dans la vessie. Pas d'hémorrhagie. Mort quatre jours après l’opération.
AUTOPSIE. — Pelvi-péritonite septique.
Ors. IL. — SPANTON. Gros sarcome de la-prostate. Ablation. Mort.
R. V..., journalier, âgé de 70 ans, veuf, fut admis dans une salle du service chirurgical, le 16 janvier 1882. Déjà auparavant, il avait été traité dans un service de médecine pour gonflement de l'abdomen, et ce gonflement avait été attribué à une grande accumulation de matières dans le rectum et dans le côlon. Il avait éprouvé, deux ans auparavant, quelque difficulté dans l'acte de la défécation, difficulté qui n’avait: fait que s’accroître jusqu’au moment de son admission à l'hôpital. Un: jour même,après son travail, ilavait ressenti un grand poids et une vive douleur du côté du rectum, et après avoir consulté un chirurgien, lequel avait retiré une masse de matières durcies de l'intestin ; il n'avait éprouvé aucun soulagement. Six semaines avant l'entrée, le malade se vit forcé de cesser tout travail.
: Le besoin d’aller à la garde-robe était incessant, mais il attendait pour le satisfaire, tantl’effort était inefficace etlui occasionnait de douleur. Il n’y avait aucune difficulté du côté de la miction, et jamais d’hématurie.
: À son admission, on constatait que l'aspect du malade était celui d’un homme de bonne santé, épuisé par une douleur continuelle, mais néanmoins bien portant. Il ne pouvait point s'asseoir tant cela le faisait souffrir,et se plaignait d'une douleur persistante du côté de la région rectale qu’accompagnaitun besoin constant d’aller à la selle. Sous l’hypocondre gauche, et à la région épigastrique, on trouvait une tumeur arrondie due manifestement au côlon énormément distendu. Par le toucher rectal, on trouva une prostate transformée en tumeur, du volume d'une tête de fœtus, lobulée, ferme et élastique, divisée en parties égales par un sillon et qui comprimait le rectum suffisamment pour le fermer.
Au moyen de la main, onretire une très grande quantité de matières fécales durcies, de la courbure sigmoïde; quant au rectum proprement dit, il était aplati et vide. Un trocart ayant été passé au travers de la tumeur ramena seulement une petite quantité de matière solide dont elle était formée. L’examen microscopique prouva que cette matière se composait d’une belle substance fibreuse, rayée de tissu musculaire, et semée de cellules nombreuses, et de noyaux libres, la plupart arrondis, plus ou moins allongés.
On voyait également distinctement quelques noyaux très grands dans les cellules. Une sonde, qui passait d’ailleurs très facilement dans la vessie, fut déviée du côté droit. L'’urine sortait sans difficulté, pâle, claire, acide, d’une densité de 1010, sans trace d’albumine, Une consultation fut tenue par le corps médical, et il fut décidé que le meilleur moyen de soulager le patient était d'enlever la tumeur qui obstruait tout le bassin. Cette manière de faire fut jugée préférable à la colotomie, car si elle réussissait, on éviterait les complications du côté de la vessie, en même temps qu'on avait la facilité de supprimer toute pression du côté du rectum.
Donc, le 26 janvier, après avoir soumis le malade à l’anesthésie par l'éther, M. Spanton fit une incision courbe transversale, juste au-devant de l’anus, et par une dissection minutieuse enleva la tumeur prostatique. Un catéther fut alors passé dans la vessie pour déterminer la position de l’urètre. En introduisant les doigts dans la plaie périnéale, on pratiqua le décollement rectal, et ce n’est pas sans difficulté qu’on sépara la tumeur. En se servant des doigts et du manche d’un scalpel, l'opérateur put enlever une masse énorme de néoplasme, qui fut soigneusement énucléée et extraite en plusieurs portions, ce qui prouvait qu’elle était beaucoup plus friable qu’on ne l’eût supposé. Quand il en eut enlevé un fragment plus gros qu’un poing fermé, il se trouva en présence d’une dernière portion qui dépassait la symphyse pubienne, et qu'il était absolument impossible d’extraire avec sécurité. On lia plusieurs vaisseaux, mais comme il s'agissait surtout d'hémorrhagie quelque peu profuse, la cavité fut épongée et un grand catéther passé dans la vessie. Le malade se trouvait dans un grand état d’épuisement; toutefois, il se ranima suffisamment une fois qu’il fut recouché, et ou lui prescrivit un suppositoire opiacé. Aucune hémorrhagie ne se reproduisit, mais l’état du malade baissa de plus en plus, et il succomba le lendemain. j
AUTOPSIE, pratiquée vingt-quatre heures après le décès. On pratique une incision le long de la ligne blanche qui sépare en bas le côté gauche du pénis et du scrotum. On divise [a symphyse du pubis et l'os est largement séparé (écarté). Cela permet d’apercevoir une tumeur ronde lobulée placée entre et devant la symphyse, la dépassant de deux pouces en avant, et de trois sur les côtés.
Cette tumeur recouvrait si complètement la vessie qu’elle la cachait complètement. Ce viscère fut trouvé de volume ordinaire. Il n’y avait aucune adhérence avec le péritoine, qui ne présentaitJni lésion, ni affection quelconque, mais la tumeur était pour ainsi dire incorporée à la paroi antérieure du rectum, et c'est de sa partie inférieure qu’on en