‹ De la Prostatectomie Périnéale TotaleChapitre 24 sur 28 · PR · texte numérisé non relu

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ne serait que temporaire, je me décidai à l'enlever par le procédé d'Alexander, le 11 avril 1895, en présence des D's Bang et Van der Poël, et avec l'assistance du D' George Stewart et du chirurgien de l'hôpital. L'opération, vu la profondeur du périnée, fut très difficile. Je réussis pourtant à enlever entièrement deux lobes latéraux et le lobe médian envahis par d'énormes tumeurs, sans blesser ni la vessie, ni l’urètre.

Les tubes furent enlevés respectivement les dixième et seizième jours.

Les plaies étaient à peu près cicatrisées et furent entièrement guéries, toutes deux à la fin de la cinquième semaine.

Le malade eut d’abord une incontinence à peu près complète, mais actuellement il peut retenir son urine et vide sa vessie complètement.

Ons. XIV. — ALEXANDER. Hypertrophie. Guérison.

O. D. H..; âgé de 65 ans. Symptômes d’hypertrophie prostatique depuis quinze ans. À eu de la rétention avec incontinence depuis deux ans et a eu à dépendre entièrement de son cathéter. Son urètre était extrêmement sensible et le cathétérisme était toujours suivi d’hémorrhagie.

Il était obligé de passer le cathéter toutes les deux heures, nuit et

jour, et ces intervalles devinrent rapidement plus courts. Il avait une hypertrophie symétrique des deux lobes latéraux, qui se projetait loin dans la vessie.

Il fut mis au lit et l’on attendit une semaine pour instituer un cathétérisme plus parfait, aseptique, mais comme ces symptômes ne montraient aucun signe d'amélioration, je proposai une opération qui fut acceptée et fut faite en septembre 1895.

Deux gros lobeslatéraux furentenlevés sans difficulté. Les drainsfurent enlevés respectivement le 4e et le 6e jour. Le malade vida entièrement sa vessie le 35e jour. Il retourna chez lui, et je n’en ai plus entendu parler depuis son départ.

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O8s. XV.— HorTcxkiss. Hypertrophie. Guérison.

. Malade entré à l'hôpital Bellevue le 24 août 1896. Depuis l'âge de 20 ans, plusieurs blennorrhagies. Depuis dix ans, mictions pénibles et finalement crise de rétention qui nécessita une ponction sus-pubienne. Séjour pendant quelque temps à l’hôpital, uréthrotomie externe qui améliore notablement son rétrécissement; mais quelques mois plus tard les mictions redeviennent pénibles. |

Le malade dit s’être sondé de temps en temps depuis cette époque; puis, dans les trois semaines qui ont précédé l’admission à l’hôpital, le malade s’est constamment sondé. Il a été atteint pendant longtemps de douleurs et de fréquence de la miction ; mais pendant les trois dernières semaines, l’irritabilité de la vessie était devenue si intense et le spasme si pénible, que les mictions se reproduisaient à quelques minutes seulement d'intervalle et qu’il survenait fréquemment des crises de rétention pour lesquelles il était obligé de recourir au cathétérisme.

Le jour de l'entrée à l'hôpital, symptômes de cystite très aiguë, douleurs intenses. Le cathétérisme permet d'obtenir 180 centim. cubes, 3 d'urine, alcaline et de faible densité (1010), pleine de pus et de mucus.

Le malade ne peut prendre aucun repos, ni la nuit nile jour, en raison du ténesme extrêmement douloureux de la vessie.Il était évident qu'il n’y avait pas indication de repos au lit avec cathétérisme et la-

vages.

Le cas semblait exiger un drainage immédiat et complet de la

vessie.

Le 25 août, anesthésie par l’éther et cystotomie médiane périnéale suivant le procédé usuel. Avant l'opération l'examen avait révélé une capacité vésicale tellement réduite que la voie périnéale avait été choisie comme la plus pratique pour aborder la vessie rétractée.

L'exploration digitale de la vessie à travers la plaie périnéale permet de constater l’hypertrophie des lobes latéraux et médian de la prostate. Le rétrécissement de calibre de l’abouchement vésical de l’urètre semblait dû à l’'accolement des lobes latéraux très augmentés de volume. En « dilacérant », déchirant avec l’ongle, à travers la muqueuse, ces masses prostatiques, hypertrophiées, je parvins à énucléer avec quelque

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difficulté, presque toute la prostate. Je regrette que la pièce ait été perdue. La prostate semblait plutôt molle et succulente. Le lobe médian fut le plus difficile à enlever, car il était au delà de la partie supérieure de mon doigt.

Pour terminer l'opération, la vessie fut drainée avec une sonde volumineuse par la voie périnéale et un siphonage organisé pour le séjour au lit du: malade. L'hémorrhagie fut modérée, le-shock relativement léger et le patient supporta bien l éthérisation. ® La vessie fut lavée deux fois Par joue, avec use solution faible de permanganate de potasse. :

Le 3 septembre, dix jours après l'intervention, le malade s’asseyait. Les symptômes pénibles étaient considérablement améliorés et la convalescence suivit son cours sans incidents.

Sortie le 22 septembre, un peu moins d’un mois après l'entrée. Ba ‘plaie périnéale était cicatrisée, à l'exception d’une petite surface couverte de granulations. Pas de fistule. Le malade pouvait uriner sans douleur. La cystite était tellement améliorée qu’un examen pratiqué le 12 septembre ne montra aucune trace d’albumine et l'urine était beaucoup plus claire quoique toujours alcaline (1). Je n'ai pas vu le malade depuis sa sortie de l'hôpital, mais je considère ce résultat comme excellent,en ce qui concerne les fonctions de sa vessie et l'amélioration de sa cystite.

J'ai été frappé de l’aisance et de la facilité avec laquelle la prostate a -pu être enlevée par la voie périnéale, méthode qui est aujourd’hui généralement abandonnée à cause de la difficulté que l’on rencontre souvent pour atteindre et traiter (sic) la glande hypertrophiée.

(1) Le malade à écrit à l'hôpital, trois mois après l'opération, et disait qu’il urinaït aussi bien que lorsqu’ilétait enfant.

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