‹ De la Prostatectomie Périnéale TotaleChapitre 6 sur 28 · CHAPITRE PREMIER Anatomie chirurgicale · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER Anatomie chirurgicale

Nous n'avons pas la prétention d'apporter une contribution à l'étude anatomique de la région prostatique ; mais nous voulons de l’anatomie classique tirer quelques déductions chirurgicales, et c'est, dans ce but que nous avons exécuté plusieurs préparations dont quelques-unes, dessinées, sont annexées à ce travail.

Rappelons en deux mots la constitution de la loge prostatique : située au-dessous de la vessie, embrassant l’origine de l’urètre, traversée par les canaux éjaculateurs et creusée de l'utricule prostatique, la prostate, appliquée derrière la symphyse des pubis se trouve au devant du rectum, entre les deux lames puborectales ; ces différents organes limitent autour d’elle une loge dont le diaphragme uro-génital forme le plancher. Au point de vue anatomique, on étudie la loge et son contenu ; au point de vue chirurgical nous étudierons les vois d'accès de la loge, et les rapports de la prostate avec les organes de la loge ainsi que ses adhérences et ses pédicules vasculaires.

Entre la symphyse des pubis et la prostate, se trouve le plexus de Santorini, où aboutit la veine dorsale de la verge plexus, qui est une des grosses chances aussi bien d'infection que d’hémorrhagie, au cours de la prostatectomie; sur les côtés se trouvent les grosses veines péri-prostatiques, qui vont en arrière communiquer par de riches anastomoses avec les veines hémorroïdales.

La situation de ces veines est importante; comprises entre deux aponévroses qui les maintiennent béantes, elles forment un

véritable système caverneux. De ces deux feuillets, l'un est l’aponévrose d'enveloppe des lames pubo-rectales, l’autre est une dépendance de la gaine prostatique ; mais ce n'est qu’un mince feuillet qu’on peut isoler de la glande elle-même, c’est au moins l'opinion de Charpy, et nous-même l’avons contrôlée par nos dissections. Sur la pièce n° 2 en effet, on voit, isolés de la prostate, les gros troncs veineux latéro-prostatiques, ce qui a été fait facilement; bien plus, nous avons isolé en avant de la prostate et en avant de l’urètre, la partie antérieure de ces veines se continuant avec la dorsale de la verge, formant en un mot le plexus de Santorini; elles sont comprises là, dans une gangue fibro-musculaire, qui se continue avec l'enveloppe museulaire de l’urètre, mais qui est également isolable.

” Tels sont les rapports des faces latérales de la glande.

Quant à la face postérieure de la loge prostatique, c'est le relèvement du feuillet supérieur de l’aponévrose moyenne, qui vient former le feuillet antérieur de l’aponévrose de Denonvilliers.

La prostate enfin reçoit, au niveau du versant postérieur de sa base, les canaux éjaculateurs ; immédiatement en dehors et en arrière de leurs points de pénétration, les vésicules séminales lui adhèrent ; plus en dehors encore, on voit arriver à la glande les branches prostatiques de la génito-vésicale.

L’urètre et les canaux éjaculateurs la traversent, par leur rencontre angulaire, ils déterminent ce qu’anatomiquement on a appelé le lobe médian, le reste forme les lobes latéraux. Il importe de préciser les connexions de l’urètre avec le stroma de la glande pour voir jusqu’à quel point l'isolement de ce canal sera possible.

C'est en réalité la couche musculaire lisse de l’urètre, très dilatée, qui se dissocie autour des acini glandulaires de la prostate, si bien que tout isolement véritable anatomique de lurètre, est impossible ; ce qu’on peut, c’est, ou bien par énucléation sous-capsulaire de la prostate, arriver à enlever le tissu plus friable de la glande de l’intérieur de sa coque,

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