INSCRIPTIONS ET TATOUAGE SUR LE CORPS DES FILLES PUBLIQUES
Parent-Duchâtelet, en traitant ce sujet, fait remarquer que l'on trouve peu d'inscriptions ou de tatouage sur les filles publiques, et surtout que lorsqu'il en existe, on n'y remarque rien de contraire à l'honnêteté et à la décence.
Les mêmes observations ont été faites à Alger ; mais j'ai remarqué nombre de fois des ca-
ractères ou signes particuliers sur les parties visibles du corps, ce que notre savant confrère n'a jamais vu.
Les femmes arabes sont généralement tatouées. C'est un usage qui remonte à une date ancienne. En effet, le P. Dan observait déjà, en 1600, sur les femmes de légers tatouages, de couleur noire, sur les joues, le front, les poignets, les jambes; ce qui constituait, suivant elles, leur plus belle parure.
Elles portent des signes particuliers et quelquefois des fleurs ou des étoiles aux joues, à l'angle externe des yeux, au front et parfois même sur les bras et la poitrine; ces mouches, que se font les Algériennes, sont fort louées parleurs poètes.
On voit bien aussi quelquefois ces signes particuliers chez les Mauresques, qui se font quelquefois dessiner une fleur bleue entre les deux yeux. Mais on voit plus rarement ce tatouage chez les Européennes. Les indigènes piquent la peau et introduisent dans les piqûres une poudre qui donne une couleur bleue à ces marques et les rend ineffaçables. Quelques-unes, cependant emploient seulement une couleur particulière qui ne dure que deux ou trois jours.
Les Juives n'ont jamais d'inscription ou de marque particulière sur le corps.
Les négresses, surtout, ont la figure couverte de coups de rasoirs. Elles ont soin de faire sur les joues de leurs enfants de semblables entailles, afin de les reconnaître. Chaque tribu parmi les nègres a sa marque particulière; quelques-unes de ces coquettes sauvages ont le ventre artistement sillonné de cicatrices régulièrement tracées, dans le but d'éviter, par la ciselure du tatouage en relief, d'avoir le ventre trop uni, ce qui paraît ne pas être de mode chez elles.