‹ De la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de la prostitution contemporaine, suivis d'une étude sur le dispensaire de salubrité de Bordeaux, d'une statistique des vénériens dans la garnison de Bordeaux, et d'un essai de statistique de l'infection vénérienne dans les garnisons de l'Empire françaisChapitre 13 sur 122 · RECRUTEMENT DE LA PROSTITUTION CHEZ LES ROMAINS · texte numérisé non relu

RECRUTEMENT DE LA PROSTITUTION CHEZ LES ROMAINS

Prostitution des esclaves.

Chez les Romains, beaucoup de prostituées étaient esclaves. L'acquisition d’une esclave entraînait le droit d en tiiei parti en

la prostituant, à moins de stipulation contraire au moment delà vente.

« Dcvovet imperium tamen hœc lenonis avari,

» Et, quod vos facitis spontc, coacla facit. »

(Ovid., Am., X, 23.)

« Cependant, elle maudit la tyrannie du proxénète (*) avare , et ce que vous faites de plein gré, elle le subit par contrainte. »

« Quædam virgo a piratis capta veniit : empta a lenone et prostituta est. » (M. Ann. Seneca., Controv., I, 2.)

« Une jeune fille, prise par des pirates, fut mise en vente ; elle fut achetée par un proxénète et livrée à la prostitution. »

Le maître qui vendait une esclave à condition qu’elle ne serait pas prostituée, restait son patron; et si le nouveau maître prostituait l’esclave, malgré les réserves de la vente, il perdait tous ses droits sur elle ; elle -devenait libre :

« Prostituta contra legem venditionis, venditorem liabet patronum; si hac lege venierat, ut, si prostituta esset, licret libéra. » (Lex de In jus vocando, g I.)

Le commerce des femmes esclaves était fort actif :

« Emptæ mulicres

» Complures, et item bine alia, quæ porto Cyprum » Nisi eo ad mcrcatum venio, damnum maximum’st. »

(Ter., Adelph., 230.)

« J’ai là une cargaison de femmes et autres objets que je porte à Chypre; si je manque la foire, c’est une perte énorme pour moi. *

(') Pour traduire les mots Icno et tena, j’adopte le mot français proxénète, qui me semble exprimer, sans périphrase et sans descendre aux bassesses de l’argot, l’homme ou la femme exploitant la prostitution d'autrui. Naudet, dans l’excellente édition de Plaute qu’il a donnée, propose les mots proslilueur et proslitueuse, qui ont l’avantage d’entrer en famille avec prostitution et prostituer; mais je n’ose pas employer des mots nouveaux lorsque les ressources de la langue paraissent suffisantes. Les mots prostitueur et prostitucusc sont adoptés par Vallon, dans son livre de l'Esclavage dans l’ Antiquité.

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