‹ De la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de la prostitution contemporaine, suivis d'une étude sur le dispensaire de salubrité de Bordeaux, d'une statistique des vénériens dans la garnison de Bordeaux, et d'un essai de statistique de l'infection vénérienne dans les garnisons de l'Empire françaisChapitre 21 sur 122 · QUARTIERS AFFECTÉS A LA PROSTITUTION · texte numérisé non relu

QUARTIERS AFFECTÉS A LA PROSTITUTION

11 y avait dans l’ancienne Rome des quartiers affectés à la prostitution; c’étaient : la voie Suburane et le quartier de Subure, le Summœnium, le viens Patricius et les arcades du Circus Maximus. (V. Dezob., Rome au siècle d’Auguste , t. III, p. 73.)

« Sub circOj in cellis antrisve subterraneis habitabant quæ corpore facerent quæstum muRere*. » (Rosin., Ant. rom., 1585, p. 186.)

k Les femmes qui faisaient métier de leur corps habitaient sous le cirque, dans les cellules ou dans les souterrains. »

« Et ad circum , jussas prostare puellas. » (.luv., III, 65.)

« Et les jeunes esclaves qu’il prostitue autour du cirque. »

« Suburanæ tironem trade magistræ. » (Mart., XI, 70.)

« Livre l’ingénu à l’institutrice de Subure. «

« Summœnias cænct inter uxores. (Mart., III, 82.)

« Qu’il soupe avec les épouses de Summænium. ■■

Les proxénètes demeuraient aussi clans les ruelles ouvertes sur les petites rues de traverse :

« Per angiporlum rursum te ad me recepito. (Plaut., Per sa, 670.)

« Tu reviendras chez moi par la petite rue. »

l< Hoc est sextum a porta proxumum

71 Angiporlum, in ici angiportum me diverti jusserat. »

(Plaut., Pscucl., 942.)

« Voilà, la sixième ruelle depuis la porte (de la ville); c’est dans celle-là qu’il m’a commandé de me rendre. »

Cependant, la prostitution avait fini par tout envahir, et même elle ne respectait pas les temples l1) :

« Quo wnprostat femina templo? » (Juv., IX, 24.)

« Est-il un temple où la femme ne sc prostitue? »

« Illic te nulli poterunt corrumpere ludi

» Fanaque peccatis plurima causa iuis. (Prop., II, 19, 9.)

« Là, point de jeux corrupteurs, point de temples surtout où tu trouvas si souvent l’occasion de tes fautes. »

- Il - PROXÉNÈTES; PROXÉNÉTISME.

Les maisons do prostitution étaient tenues à Rome par des proxénètes des deux sexes, qui portaient les noms de leno et de lena, dérivés de lenire, allécher. La femme qui exerçait ce métier était encore désignée comme la prostituée elle-même sous le nom de meretrix.

Lenocinium signifiait métier de proxénète, proxénétisme :

« Lenocinium fcicit qui quœstuaria rnancipiahabueril secl et qui in liberis hune quœslum exercet. » (Ulp., Dig., liv. III, t. II, 4.)

<t Celui qui prostitue des esclaves qui lui appartiennent, et celui qui fait le commerce de la prostitution des personnes libres, pratiquent le proxénétisme. » (*)

(*) A Strasbourg, les prostituées s’établirent jusque dans la tour de la cathédrale et dans les dépendances de plusieurs églises, en 1485. De lh le nom d 'hirondelles de lu cathédrale, qu’elles ont porté. (Munster-Scwallen.) Elles furent reléguées hors de la ville par les magistrats municipaux, en 1521 et encore en 1549. (V. Picl. des Scienc. méd., t. XLV, p. 483.)

<t Lenas eas dicimus quai mulieres quœstuarias prostitumt. » (Ulp., Dig., liv. III, t. II, 43.)

<c Nous appelons proxénètes celles qui prostituent des femmes publiques. »

Les proxénètes étaient notés d’infamie. (Voy. — 7 — )

Ils étaient voués au mépris et à l’exécration publique :

« Item genus est lenonium inter homincs

» Ut muscæ, culices, pedesquc pulicesque » Odio et malo et molestiœ; bono usui estis nulli

» Qui constitit, culpant cum, conspuitur, vitupcratur.

» Eum rem lidcmque perdere, tametsi nihil facit aiunt. »

(Plaut., Curcul., 506).

« La gent proxénète, en ce monde, ressemble aux mouches, aux cousins, aux poux, aux puces; toujours odieux, malfaisants, incommodes,

jamais bons à rien Celui qui s’arrête avec vous est incriminé,

conspué, vilipendé. Ne fit-il point de mal, on dit toujours qu’il se ruine et se déshonore. »

« Spectatores bene valete; leno periit. Plaudite. » (Plaut., Pot., vers, ult.)

« Spectateurs! portez-vous bien; le proxénète succombe. Applaudissez.»

« Leno sum fatcor, pernicies communis adolescentium » Perjurus, p estis. » (Ter., Adelphe II, 1, 34.)

« Je suis proxénète, je l’avoue, pour la perdition de la jeunesse, un parjure, un lléau public. »

« Improbissimus et perjurissimus leno. » (Cic., pro Rose., VII.)

* Proxénète infâme et scélérat. »

« Venit in exilium callida lena meum. » (Tib., I, 6, 2.)

« Une astucieuse proxénète vient pour mon malheur. »

Cependant, les proxénètes recevaient des personnages de haut rang :

« Magnifiée volo enim summos viros abeipere, ut » Mihi rem esse reantur. » (Plaut., Pseud., 163.)

* Je veux traiter magnifiquement les grands personnages pour qu’ils me croient riche. »

Ils portaient de riches habits et se donnaient un air d’opulence pour attirer les libertins. ( Plaut Not. de Naudet sur Pseudolus, p. 298).

« Ut veslitus est perfossor parietum! » (Plaut., Pseud., 960.) « Comme il est vêtu ce perceur de muraille! »

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