‹ De la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de la prostitution contemporaine, suivis d'une étude sur le dispensaire de salubrité de Bordeaux, d'une statistique des vénériens dans la garnison de Bordeaux, et d'un essai de statistique de l'infection vénérienne dans les garnisons de l'Empire françaisChapitre 25 sur 122 · PROSTITUÉES MUSICIENNES · texte numérisé non relu

PROSTITUÉES MUSICIENNES

A Piome, les proxénètes faisaient apprendre la musique aux jeunes filles qu’ils avaient achetées pour les prostituer ou les

(') Y. pour la prostitution dans les bains publics, Girard, Recherches sur les établissements de bains à Paris depuis le IV' siècle jusqu’à présent. (Annales il’hyqicnc publique, t. VII, p. 5.)

revendre. L’esclave qui avait des talents d’agrément était fort recherchée. (. Plaut ., Not. de Naudet; Rudens, 43.)

« Eam vidit ire e ludo fidicino domum,

» Amare obcœpit : ad lenonem devenit;

Minis triginta sibi puellam destinât » Datque arrliabonem et jure jurando adligat. »

(Plaut., Rudens, 43.)

« Il la vit revenant de l’école de musique : s’étant épris d’amour pour elle, il va trouver le proxénète et achète la belle, moyennant trente mines (environ 2,760 fr.), il donne des arrhes, et reçoit le serment qui engage le vendeur. »

(V. aussi Ter., Eunuch., I, 2, 53.)

Les prostituées musiciennes étaient louées comme joueuses de lyre pour les sacrifices ; c’était une source honnête de revenu poulies proxénètes.

« Mane me jussit senex

» Conducere aliquam fidicinam sibi hue domum ;

» Dum rem divinam faceret , cantaret sibi. » (Plaut., Epid., 395.)

« Le vieillard m’a ordonné, ce matin, de louer une joueuse de lyre et de l’amener à la maison pour lui faire de la musique pendant le sacrifice. >

La lyre devait accompagner les sacrifices, de peur qu'on n’entendit quelque bruit de mauvais augure. (Senec., de vitat beat., 2G ; II os in. , Antiq. rom., 123, IJ.) Tel était 1e but de leur musique sacrée qui a précédé immédiatement la nôtre.

Il y avait des prostituées musiciennnes dans les tavernes fréquentées par le bas peuple :

« Neo merelrix tibicina, eujus

» Ad slrepitum salias terræ gravis. (Hor., Epist., I, 14, 21.)

« Point de fille de joie dont la llùte soulève tes jambes avinées. »

Les prostituées que les débauchés introduisaient chez eux apportaient leur lyre:

« Quis devium scortum eliciet domo

» Lyden? Eburna, die, âge, cum lyra

» Matin et. » (Hor., Od., II, 11, 21.) *

« Qui ira chercher dans son quartier désert la prostituée Lyda? T)is-lui de se hâter, qu’elle vienne avec sa lyre d’ivoire, i

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