PARFUMS ET POMMADES RÉPROUVÉS PAR LE BON BOUT
Los parfums sont en usage depuis la plus haute antiquité :
« ... Posuerunt eum super lectum suum, plénum aromalibus et.wiguenlis meretriciisquœ erant pigmentariorum arle confecta... » (Parai., II, 16,14.)
« ... On le mit sur son lit tout embaumé d’aromates et de parfums voluptueux composés par d’habiles parfumeurs. »
(V. aussi Exod., XXX, 23, 25; Prov VII, 17; CanU, IV, 14, etc.) Les Romains abusaient des parfums et des pommades :
« Quod quacumque venis, Cosmum migrare putamus
» Et Ilucre excusso cinnama fusa vitro.
» Nolo peregrinis placeas tibi, Gellia, nugis :
» Scis, puto, posse mcum sic bene olcre canem. « (Mart., III, 55.)
« Quand tu passes, on croirait que Cosinus (') déménage, et que toutes scs essences s’échappent de leurs flacons renversés. Comment, Gellia, peux-tu te complaire à ces superfluités exotiques? Ne sais-tu pas que mou chien pourrait sentir aussi bon. »
« Sæpe coronatis slillanl unguenta capillis. »
(Ovid., lier., XXI, 161.)
« Souvent les parfums découlent de nos chevelures couronnées. »
Le bon goût réprouvait les parfums, et l’on tournait en ridicule les vieilles coquettes parfumées, pommadées et fardées :
« Ecastor mulier recte olet, ubi nihil olet;
» Nam istæ veteres quæ se unguentis unctitant, interpoles,
» Vetulæ edentulæ, quæ vitia corporis fuco obeulunt,
» Ubi sese sudor cum unguentis consociavit, inlico t> Itidem oient, quasi quom una mulla jura confudit cocus,
» Quid oleant nescias, nisi id unum ut male olcre intclligas. »
(Plaut., Mostell., 273.)
« Par Pollux! la femme sent bon qui ne sent rien ; car ces vieilles sempiternelles enduites de parfum, ccs vieilles édentées qui cachent leurs
(') Cosmus, célèbre parfumeur; son nom, ou plutôt le mot grec Kotuoî, dans le sens de loilclle, est l’étymologie de cosmétique .
rides sous le fard, lorsque leurs odeurs de sueur et de pommades se confondent, on pense à ces affreux ragoûts composés par un gale-sauce avec toutes sortes d’ingrédients : ce que cela sent, on l’ignore, mais on est sûr que cela sent mauvais. »
(V. Juv., IV, 108; Plin., XIII, 1, 2, 3, 4, 5.)