III. Priape ôtait le dieu gardien des jardins
« Cuslos espauperis horti. » (Virg., Egl, VII, 33.)
* Tu gardes le jardin du pauvre. »
(V. aussi Catull., 19 et 20.)
t Fernina si furtum faciet mihi, virque puerque
» Hœc cunnum, caput hicprœbeat ille nates. » ( Priap ., 21.)
Ce texte indique de quel châtiment Priape menaçait les voleurs.
(V. aussi Priap., 12, 16, 22, 35, 43, 56, 75.)
Le Priape gardien des jardins était de couleur rouge :
« Sed ruber hortorum custos, membrosior æquo,
* Qui tectum nullis vestibus inguen habet. »
[Priap. Prœf., 3.)
« Le gardien empourpré des jardins, qui montre à nu sa membrure gigantesque. »
« Pomosisque ruber custos ponatur in liortis x Terreat ut sæva falce Priapus aves. » (Tirül., I, 1, 16.)
« Que Priape empourpré garde mes vergers, qu’il effraie les oiseaux de sa faux menaçante. »
* Deus inde ego furum aviumque.
» Maxima formido; nam fures dextra coercet,
» Obscæno ruber porrectus ab inguine palus. »
(Hon., Sat., I, 8, 3.)
« Ainsi, je suis Dieu ; je suis l’épouvantail des voleurs et des oiseaux, car ma main arrête les voleurs; ma main et ce pieu rubicond que je présente toujours dressé. » (La main du Priape, gardien des jardins, était armée d’une faux.)
IV. On donnait la forme de Priape à des objets ou des ustensiles de toute sorte : à des verres à boire : ■
« Vitreo bibit Me Priapo. » (Juv., Il, 115.)
t Celui-là boit dans un Priape de verre. »
L’usage des vases de cette forme était très répandu; on les nommait : Phallovitroboli, Phalluveretroboli , Phallopotœ, Drillopotœ. (V. Fonc., oit u. cit.)
Un témoin digne de foi m’assure que dans certaines villes d’Italie, et notamment à Rome, on sertie vin dans des fioles de verre blanc à panse petite, eu égard à la longueur du goulot, qui semblent conserver la tradition des Phailoveretroboli.
On donnait la forme obscène de Priape à des petits pains que les boulangers vendaient sur la voie publique, à certains jours de fête :
« Si vis esse satur, nostrum potes esse Priapum » Ipse, licet rodas inguina, purus cris. » (Mart., XIV, 69.)
* Si tu veux te rassasier, tu peux dévorer mon Priape; lui rongeasses-tu même les testicules, tu n’en resteras pas moins pur. i
à des pièces montées en pâtisserie qu’on servait au dessert dans les repas :
* Iam illic repositorium , cum placentis aliquot erat positum, quod medium Priapus , a pistore faclus tencbat, gremio satis amplo omnis generis poma et uvas sustinebat, more vulgato. » (Petron., Satyric-, 60.)
« La table était déjà couverte d’un plateau chargé de quelques gâteaux; au centre s’élevait un Priape en pâtisserie, qui, dans son intérieur assez ample, présentait des fruits de toute espèce et des raisins, selon la coutume ordinaire. »
La tradition de cette forme de gâteau s’est conservée dans quelques villages du Poitou; et par une singulière vicissitude, ces pâtisseries se montrent à certains jours de fêtes chrétiennes.
V. Un geste obscène accompagnait les hommages religieux qu’on rendait à Vénus :
« Et admoventcs oribus suis dcxteram, primore digito in erectum polli-
cem residente, ut ipsam prorsus deam Venerem rcligiosis adorationibus venerabantur. » (Apul., Melam., 4.)
t Et portant leur main droite à la bouche, en appuyant l’index sur le pouce relevé, absolument dans la forme d’adoration sacramentelle du culte de Vénus elle-même. »
On offrait sa main à baiser, en lui faisant représenter une image obscène :
« Osculandam rnanurn offerre, formatant commotamque in obscœnum modum. » (Suet., Calig 56.)
« Présenter la main à baiser en lui donnant une forme et un mouvement obscènes. »
«. Digito obscæno per obscœna ipsum ad stuprum pelliciente et se paratum pœdiconern ostentante. » ( Not . Farnabii; Mart ., Epig., I, 93.)
« Ostendit digitum, sed impudicum. » (Mart., VI, 70.)
« Il montre un doigt, mais impudique (')• » (Le médius.)
« Dérides quoque, fur, ci impudicum
» Ostendis digitum milii minanti. » ( Priap ., 56.)
« Tu te ris de moi, larron, et tu réponds à mes menaces en me montrant ton doigt impudique. »
(V. aussi Mart. I, 93; II, 28. Juv. X, 53; Pers., II, 33.)