‹ De la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de la prostitution contemporaine, suivis d'une étude sur le dispensaire de salubrité de Bordeaux, d'une statistique des vénériens dans la garnison de Bordeaux, et d'un essai de statistique de l'infection vénérienne dans les garnisons de l'Empire françaisChapitre 39 sur 122 · PROSTITUTION VIRILE · texte numérisé non relu

PROSTITUTION VIRILE

Les femmes payaient la prostitution des jeunes gens :

« Nunc ergo specie juvenis lætare tui, quem » Majora expectant discrimina! Fiel adulter » Publions et pœnas metuet, quascumque mariti

» Exigere irati

» Sed tuus Endymion dilectæ fiet adulter » Matronæ. Mox, quum dederil Servilia nummos,

» Fiel et Mus quant non amat : exuet omnem » Corporis ornatum. Quid enim ulla negaverit udis » Inguinibus, sive hœc Oppia, sive Catulla? » (Juv., Sat., X, 309.)

« Réjouis-toi donc, réjouis-toi de la beauté de ce fds qu’attendent de si grands dangers! Adultère public, il redoutera les vengeances des maris

indignés Ton Endymion se donnera par amour à une matrone.

Mais quand Servilia lui aura donné de l’or, il se mettra au service de celle qu’il n’aime point : il la dépouillera de ses bijoux. Est-ce qu’une femme sait rien refuser à sa lubricité, fût-ce Oppia, fût-ce Catulla? »

« Cum te summoveant, qui tcstamenla merenlur

» Noctibus; in cœlum quos evehit optima summi » Nunc via processus, vclulœ vesica beatee?

7> Unciolam Proculeius habet sed Gillo deuncem:

» Pat tes quisque suas ad mensuram inguinis hœres.

» Accipiat sane mercedem sanguinis. » (Juv., I, 37.)

« Quand on se voit supplanter par ces gens, qui savent conquérir

(') Avant les édits de Donatien qui prohibèrent la castration des mâles.

• les testaments par leur service de nuit, et qui arrivent au faîte de la fortune par la voie la plus sûre aujourd’hui, par le canal d’une riche vieille. A Proculéius, un douzième, et tout le reste à Gillon : à chacun sa part d’héritage selon ses dimensions. Ah ! laissons-les recevoir le prix de leur sang. »

Les histrions et les gladiateurs étaient particulièrement recherchés :

« Hune diligit Ælia pauper :

»• Solvitur his magno comœdi fibula. Sunt quæ » Chrysogônum cantare vetent. Hispulla tragœdo » Gaudet » (Juv., VI, 72.)

« Ælia qui est pauvre le chérit (le mime Urbicus). D’autres débou-

clent à prix d’or un comédien. Quelques-unes ont ruiné la voix de Chrysogon. Hispulla préfère un tragédien, j

« Si gaudet cantu, nullius fibula durât ,

» Vocem vendentis prœtôribus. » (Juv., VI, 380.)

« Aime-t-elle la musique? Il n’est pas de chanteur engagé par les préteurs qu’elle ne déboucle. »

(Voy. ci-dessous : Infibulation.)

« Sed gladiator erat; facit hoc illos Hyacynthos. »

(Juv., VI, 109.)

« Mais c’était un gladiateur; cela les rend beaux comme Hyacinthe. »

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