‹ De la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de la prostitution contemporaine, suivis d'une étude sur le dispensaire de salubrité de Bordeaux, d'une statistique des vénériens dans la garnison de Bordeaux, et d'un essai de statistique de l'infection vénérienne dans les garnisons de l'Empire françaisChapitre 46 sur 122 · LE TIRAGE AU SORT · texte numérisé non relu

LE TIRAGE AU SORT

Le tirage au sort, pour la possession des prostituées ou des prostitués, n’était pas inconnu chez les Romains :

« Stupro liber, stupro ingenuus, cujus ami acl tesseram venierunt. » (Petron., Saliryc.j 81.)

« Affranchi par la prostitution, citoyen par elle, dont la possession sc tirait au sort (mot à mot : dont les années se vendirent aux dés). »

Mais je n’ai trouvé d’autres traces de ce tirage au sort; j’en conclus qu’il n’était pas fréquent.

— 28 - LES PROXÉNÈTES BATTAIENT LES PROSTITUÉES et leur promettaient l’affranchissement , afin de stimuler leur zèle.

Les proxénètes romains rouaient de coups les prostituées qui n’attiraient pas les pratiques avec assez d’adresse ou de zèle, et qui ne gagnaient pas assez :

« Nisi hodie mihi ex fundis tuorum amicorum omne hue penus adfertur, » Cras, Phcenicium, phœnicio corio invises pergulam. »

(Plaut., Pseud., 122.)

« Si aujourd’hui les domaines de tes amoureux ne me fournissent pas des provisions de toute espèce, demain, Phénécie, tu verras sur ton cuir une teinture phénicienne. » (Une teinture pourpre, c’est à dire tu seras fouettée jusqu’au sang. — Le proxénète fait, comme on voit, un cruel jeu de mots sur le nom de la prostituée Phénicie , et sur la teinture phénicienne, qui était la pourpre.)

Pour engager les prostituées à mieux séduire le public, le proxénète leur promettait l’affranchissement ou les menaçait de les mettre en vente :

« Quam libérant fore mihi credam, et quant venaient hodie experiar. >.

(Plaut., Pseud., 172.)

>; Je verrai, aujourd’hui, qui je dois affranchir et qui je dois mettre en vente. »

L’esclave prostituée avait donc à redouter une condition pire en changeant de maître.

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