LE TIRAGE AU SORT
Le tirage au sort, pour la possession des prostituées ou des prostitués, n’était pas inconnu chez les Romains :
« Stupro liber, stupro ingenuus, cujus ami acl tesseram venierunt. » (Petron., Saliryc.j 81.)
« Affranchi par la prostitution, citoyen par elle, dont la possession sc tirait au sort (mot à mot : dont les années se vendirent aux dés). »
Mais je n’ai trouvé d’autres traces de ce tirage au sort; j’en conclus qu’il n’était pas fréquent.
— 28 - LES PROXÉNÈTES BATTAIENT LES PROSTITUÉES et leur promettaient l’affranchissement , afin de stimuler leur zèle.
Les proxénètes romains rouaient de coups les prostituées qui n’attiraient pas les pratiques avec assez d’adresse ou de zèle, et qui ne gagnaient pas assez :
« Nisi hodie mihi ex fundis tuorum amicorum omne hue penus adfertur, » Cras, Phcenicium, phœnicio corio invises pergulam. »
(Plaut., Pseud., 122.)
« Si aujourd’hui les domaines de tes amoureux ne me fournissent pas des provisions de toute espèce, demain, Phénécie, tu verras sur ton cuir une teinture phénicienne. » (Une teinture pourpre, c’est à dire tu seras fouettée jusqu’au sang. — Le proxénète fait, comme on voit, un cruel jeu de mots sur le nom de la prostituée Phénicie , et sur la teinture phénicienne, qui était la pourpre.)
Pour engager les prostituées à mieux séduire le public, le proxénète leur promettait l’affranchissement ou les menaçait de les mettre en vente :
« Quam libérant fore mihi credam, et quant venaient hodie experiar. >.
(Plaut., Pseud., 172.)
>; Je verrai, aujourd’hui, qui je dois affranchir et qui je dois mettre en vente. »
L’esclave prostituée avait donc à redouter une condition pire en changeant de maître.