LOCATION DES PROSTITUÉES
Acquisition par les amants.
La location des prostituées était fréquente chez les Romains :
« Modo remisisti, conlinuo jam ut remittam ad te rogas. »
(Plaut., Asin., 1 55 .)
« A peine me l’as-tu rendue que déjà tu la redemandes. »
n Si ulla meretrix domum meam introivit, aut cujusquam servulus propter me sollicitatus est. » {Oral. Gracchi ap. Gell., (XV, 12.)
<c Si jamais courtisane a franchi le seuil de ma porte, si jamais le jeune esclave d’autrui a été sollicité de ma part. »
Chez les proxénètes romains, les prostituées étaient à la disposition du public, non seulement pour l’usage momentané sur place ou pour la location au dehors, mais encore pour l’acquisition définitive :
<i Leno me peregre militi macedonico » Minis viginti vendidit , voluptas mea. »
(Plaut., Pseud 49.)
« Chère âme, le proxénète m’a vendue vingt mines d’argent (environ 1,916 francs) à un soldat macédonien pour aller en pays étranger (‘). »
La prostituée était vendue avec ou sans vêtements :
« Jampridem vendidi.
„ — Quomodo? — Sine ornarnenlis , cum intestinis omnibus ((i) 2). »
(Plaut., Pseud., 329.)
« Je l’ai déjà vendue. — Comment? — Sans ses nippes, avec tout ce qu’elle contient. » (Avec tous ses viscères.)
(i) D’après Saigey, Traité de métrologie, h mine d’argent équivaut h 95 fr. 83 cent.
(*) Formule de la vente d’une maison plaisamment appliquée à la vente d’une courtisane.
« Quia de illo emi virginem
» Triginta minis, vestem, aurum, et pro iis decem coadcedunt mince. »
(Plaut., Curcul., 352.)
<l Parce que je lui ai acheté une fille trente mines (environ 2,874 fr.), avec dix autres de surplus (environ 958 fr.) pour les vêtements et les bijoux. »
(V. aussi Plaut., III, Epid., I, 1, 50; 2, 345; Persa., G5G. — Plaut., Not. de Naudet, t. II, p. 448. — Pour la vente et le prix des esclaves, Y. Plin., VII, 40 ; Vallon, Esclav. dans Vantiq., t. II, p. 1 60; Dezob., ouv. cit., t. I, p. 423.)