ANCIENNETÉ DE LA PROSTITUTION
La prostitution existait du temps des patriarches et des prophètes plus de vingt siècles avant l’ère chrétienne :
« Quam cum vidissct Judas, suspicatus est esse meretricem : operueral enim vultum suum, ne agnosceretur.
» Ingrediensque ad eam, ait : Dimitte me ut coeam tecum : nesc.iebat enim quod nurus sua esset. Qua respondente : Quicl clabis mihi ut fruaris concubilu meo?
» Rixit : Mitlam tibi hædüm de gregibus. Rursumque ilia diccnte : patiar quod vis, si dederis mibi arrhabonem, donec mittas quod polliceris.
» Ait Judas : Quid tibi vis pro arrhabone dari? Respondit : Annulum tuum et armillam et baculum quem manu tenes. Ad unum igitur coïtum mulier concepit. » ( Gen ., XXXVIII, 15.)
<c Judas l’ayant vue, s’imagina que c’était une prostituée, car elle s’était couvert le visage afin de n’ètre pas reconnue.
» Et s’avançant vers elle, il lui dit : Permettez que j’approche de vous : car il ne savait pas que ce fût sa belle-fille. Elfe lui répondit : Que me ' donnerez-vous pour jouir de moi?
» Je vous enverrai, dit-il, un chevreau de mes troupeaux. Elle répartit : J’accorderai ce que vous voulez, si vous me donnez un gage de ce que vous promettez de m’envoyer.
» Quel gage exigez-vous? lui dit Judas. Elle répondit : Votre anneau, votre bracelet et le bâton que vous tenez à la main. Ce marché conclu, il la connut une fois, et elle conçut.
(V. aussi Cm en., XXXIV, 31; Ezech., XVI, 24, 25, 31, etc.)
La prostitution était interdite aux filles d’Israël.
< Non erit meretrix de filiabus Israël nec scortator de filiis Israël. »
i Non ofîeres mercedcm prostibuli, nec pretium canis, in domo Domini Dei tui. i» (Deutcr., XXIII, 17, 18.)
* Il n’y aura point do prostituée lillc d’Israël, ni de fornicateur lils d’Israël, »
« Tu n’offriras point la récompense de la prostitution ni le prix d’un chien (d’un cynède) dans la maison du Seigneur ton Dieu. »
Des textes nombreux de l’Ancien Testament menacent les fornicateurs des punitions les plus terribles, aussi bien que les adultères (V. surtout N uni., XXV, 1, G, 7, 8.), et le Nouveau Testament n’admet à cet égard aucune équivoque.
La prostitution figure dans les traditions obscurcies par le temps, qui racontent l’enfance des deux jumeaux Romulus et Rémus, fondateurs de Rome :
« Suntqui Laurentiam, vulgalo corpore, lupam inter pastores vocatam putent. * (Tit. Liv., 1, 4.)
< Quelques-uns prétendent que Laurentia était une prostituée à qui les bergers avaient donné le nom de Louve. »>
(V. aussi Virg., Æneid., I, 278; VIII, G30.)
Dès les premiers temps de la république romaine, une querelle causée par des prostituées détermina la création de la dictature :
« Quum per ludos ab Sabinorum juventute per lascivinm scorta râpe- ' renlur, concursu hominum rixa ac propc prælium fuit. » (Tit. Liv., II, 18 )
» Durant la célébration des jeux, de jeunes Sabins, dans un moment d’effervescence, enlevèrent quelques prostituées et occasionnèrent un attroupement, une rixe et presque un combat. »