‹ De la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de la prostitution contemporaine, suivis d'une étude sur le dispensaire de salubrité de Bordeaux, d'une statistique des vénériens dans la garnison de Bordeaux, et d'un essai de statistique de l'infection vénérienne dans les garnisons de l'Empire françaisChapitre 8 sur 122 · ANCIENNETÉ DE LA PROSTITUTION · texte numérisé non relu

ANCIENNETÉ DE LA PROSTITUTION

La prostitution existait du temps des patriarches et des prophètes plus de vingt siècles avant l’ère chrétienne :

« Quam cum vidissct Judas, suspicatus est esse meretricem : operueral enim vultum suum, ne agnosceretur.

» Ingrediensque ad eam, ait : Dimitte me ut coeam tecum : nesc.iebat enim quod nurus sua esset. Qua respondente : Quicl clabis mihi ut fruaris concubilu meo?

» Rixit : Mitlam tibi hædüm de gregibus. Rursumque ilia diccnte : patiar quod vis, si dederis mibi arrhabonem, donec mittas quod polliceris.

» Ait Judas : Quid tibi vis pro arrhabone dari? Respondit : Annulum tuum et armillam et baculum quem manu tenes. Ad unum igitur coïtum mulier concepit. » ( Gen ., XXXVIII, 15.)

<c Judas l’ayant vue, s’imagina que c’était une prostituée, car elle s’était couvert le visage afin de n’ètre pas reconnue.

» Et s’avançant vers elle, il lui dit : Permettez que j’approche de vous : car il ne savait pas que ce fût sa belle-fille. Elfe lui répondit : Que me ' donnerez-vous pour jouir de moi?

» Je vous enverrai, dit-il, un chevreau de mes troupeaux. Elle répartit : J’accorderai ce que vous voulez, si vous me donnez un gage de ce que vous promettez de m’envoyer.

» Quel gage exigez-vous? lui dit Judas. Elle répondit : Votre anneau, votre bracelet et le bâton que vous tenez à la main. Ce marché conclu, il la connut une fois, et elle conçut.

(V. aussi Cm en., XXXIV, 31; Ezech., XVI, 24, 25, 31, etc.)

La prostitution était interdite aux filles d’Israël.

< Non erit meretrix de filiabus Israël nec scortator de filiis Israël. »

i Non ofîeres mercedcm prostibuli, nec pretium canis, in domo Domini Dei tui. i» (Deutcr., XXIII, 17, 18.)

* Il n’y aura point do prostituée lillc d’Israël, ni de fornicateur lils d’Israël, »

« Tu n’offriras point la récompense de la prostitution ni le prix d’un chien (d’un cynède) dans la maison du Seigneur ton Dieu. »

Des textes nombreux de l’Ancien Testament menacent les fornicateurs des punitions les plus terribles, aussi bien que les adultères (V. surtout N uni., XXV, 1, G, 7, 8.), et le Nouveau Testament n’admet à cet égard aucune équivoque.

La prostitution figure dans les traditions obscurcies par le temps, qui racontent l’enfance des deux jumeaux Romulus et Rémus, fondateurs de Rome :

« Suntqui Laurentiam, vulgalo corpore, lupam inter pastores vocatam putent. * (Tit. Liv., 1, 4.)

< Quelques-uns prétendent que Laurentia était une prostituée à qui les bergers avaient donné le nom de Louve. »>

(V. aussi Virg., Æneid., I, 278; VIII, G30.)

Dès les premiers temps de la république romaine, une querelle causée par des prostituées détermina la création de la dictature :

« Quum per ludos ab Sabinorum juventute per lascivinm scorta râpe- ' renlur, concursu hominum rixa ac propc prælium fuit. » (Tit. Liv., II, 18 )

» Durant la célébration des jeux, de jeunes Sabins, dans un moment d’effervescence, enlevèrent quelques prostituées et occasionnèrent un attroupement, une rixe et presque un combat. »

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