‹ De la Protection des Appellations d'Origine en Matière VinicoleChapitre 17 sur 72 · Jean Barennes, op. cit · texte numérisé non relu

Jean Barennes, op. cit

que étaient entièrement complantées en vignes; tout contre la Porte des Juifs (Porte Dijeaux), il y avait des vignes. Aussi ne devons-nous pas nous étonner d'en rencontrer encore dans des quartiers plus éloignés du ‘centre: Saint-Genès et Saint-Nicolas, Saint-Julien, Paludate, etc. Avec les agrandissements successifs de la ville, les vignes ont disparu peu à peu comme disparaissent aujourd'hui, avec le développement de la banlieue bordelaise, celles qui sont situées à proximité des boulevards extérieurs.

Avant d'examiner les privilèges dont jouissaient les vignerons bordelais à l'encontre de leurs voisins, il importe de délimiter la région ainsi favorisée. Tous les textes de l'Ancien Régime qui ont trait à la question, parlent des vins de « Haut» ou du « Haut- Pays » qu'ils opposent à ceux de la sénéchaussée de Guyenne. « Nuls vins de haut païs ni d’autres sénéchaussées ou diocèses ne doivent entrer dedang nostre ville et cité, forts seulement les vins croissans et naissans en la sénéchaussée et diocèse du Bourdelois 1. »

Quelles étaient donc les limites exactes de cette sénéchaussée? Ces limites ont légèrement varié à travers les siècles et cela s'explique aisément. Alors qu'on ne comptait que 36 baïllages ou sénéchaussées en 1328, le chiffre s’est élevé à plus de 400 en 17892.

La sénéchaussée de Guyenne conquise sur les Anglais à l’époque de Charles VII, fut démembrée en 1639 : on créa alors la « sénéchaussée de Bordeaux » et la «sénéchaussée de Libourne »; à cette dernière furent rattachées plusieurs juridictions du Périgord (Montpon, Mussidan..….); les privilèges restèrent acquis à tout le territoire de l’ancienne sénéchaussée qui, au xvre siècle, comprenait Bordeaux, Libourne, Bourg, Saint-Macaire, Rions, Cadillac, Saint- Émilion et Blaye. En 1630, Langon et Castillon faisaient également partie de la région privilégiée.

« La seigneurie de Blaignac fut rattachée à la sénéchaussée par un arrêt de 1615 ; Langon, Toulenne et Saint-Pierre-de-Mons, par arrêt

du Conseil intervenu en 1612 entre Bordeaux et le duc d’Épernon 5. ”

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