‹ De la prothèse immédiateChapitre 14 sur 40 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Maxillaire supérieur. — Prothèse immédiate appliquée au maxillaire supérieur. —Considérations générales.

Importance relative de la prothèse immédiate après les résections du maxillaire supérieur. Son utilité au point de vue de l'alimentation et de la phonation.

Constitution de l'appareil

^^ppareil primitif.

Appareil définitif.

Les avantages de la pi^othèse immédiate sont moins nombreux pour la mâchoire supérieure que pour l'inférieure. Toutefois, notre méthode trouve ici encore son application et peut présenter quelque utilité.

L'étude que nous avons faite à propos des appareils de prothèse immédiate du maxillaire inférieur, simplifie considérablement ce que nous avons à dire sur ceux de la mâchoire supérieure. Aussi, nous abstiendrons-nous d'entrer dans trop de détails, ce qui nous exposerait à des redites sans éclaircir davantage le sujet que nous traitons.

Après une résection partielle ou totale du massif maxillaire, les parties molles qui étaient soutenues par ce squelette n'ont plus de point d'appui. EUe^ vont donc se déformer immédiatement après l'opération ; puis, peu à peu, la rétraction cicatricielle va encore augmenter, et les déformations, une fois pt^oduites, auront grand'peine à être corrigées.

■ Dans ce cas, notre système de prothèse est d'une utilité et d'un avantage incontestables, puisqu'il va fournir aux parties molles un point d'appui qui leur permettra de conserver leur position respective. Notre appareil, en outre, s'opposera à la rétraction cicatricielle en avant, la seule qui puisse causer une déformation, la cicatrisation pouvant se faire librement en arrière.

Ensuite, un autre avantage qui n'est pas à dédaigner, c'est de permettre au malade de s'alimenter presque immédiatement après l'opération, sans le secours de moyens artificiels.

Or, après les vastes délabrements causés par une résection du maxillaire supérieur, le chirurgien a grand intérêt à voir son malade soutenir ses forces.

D'autre part, depuis les recherches de Bichat et les travaux plus récents d'Ollier, on sait que les cavités osseuses ont une tendance à la rétractilité. Ainsi, après les résections du maxillaire supérieur, on peut constater que l'os de la pommette s'abaisse en se rapprochant du maxillaire du côté opposé, d'où résulte naturellement un abaissement de l'œil et une déviation de la face ; le maxillaire supérieur restant^ n'étant plus soutenu, tend luimême à se porter en dedans, s'il n'est pourvu de dents qui s'opposent à celles de la mâchoire inférieure. Notre système de prothèse empêche ces déformations de se produire.

D'autre part, si suivant la méthode d'OUier, le périoste a pu être conservé, l'appareil lui fournit un soutien jusqu'à ce qu'il ait formé des lamelles osseuses. Celles-

ci, en l'eprodiiisant la forme primitive du maxillaire, maintiendront le tout en place. Pour empêcher les déformations progressives de ces vastes cavités osseuses, il faut opposer une surface résistante appliquée aux points où la déformation peut se produire, c'est-à-dire au malaire et au maxillaire du côté opposé. L'appareil devra donc maintenir l'écartement exact laissé entre ces deux os.

L'abaissement des os précités peut aussi se produire. On parviendra à le combattre avec le concours de la mâchoire inférieure, qui, dans ce but, devra présenter toutes ses dents, naturelles ou artificielles. Dans ces conditions, l'opposition parfaite des deux arcades dentaires empêche tout mouvement d'abaissement.

Si pour obtenir ce point d'appui si nécessaire, on a été obligé de construire une pièce dentaire pour la mâchoire inférieure, il faudra prendre soin de la renouveler chaque fois qu'on s'apercevra qu'elle n'est plus en contact avec la pièce supérieure qui doit lui correspondre. Ceci arrive, fatalement^ du reste, au bout de quelque temps, à cause de la résorption alvéolaire.

Notre appareil, enfin, permet l'émission normale de la parole, ce qui n'a pas lieu avant son application, où l'on constate une prononciation analogue à celle des personnes atteintes de perforation palatine.

Nous n'avons pas à insister sur les avantages présentés par l'emploi d'une prothèse artificielle à la suite d'une ablation du maxillaire supérieur. Ces avantages sont bien connus, mais ce que l'on sait peut-être moins, c'est qu'ils seront d'autant plus nombreux et d'autant plus

complets, que la prothèse sera appliquée plus immédiatement ; nous avons déjà insisté longuement sur ce point à propos du maxillaire inférieur.

C'est pour cette raison que nous faisons à certains auteurs le reproche de dire qu'on ne doit appliquer d'appareil prothétique que lorsque la cicatrisation est complète et que, par suite, il existe des déformations presque irrémédiables. Celles-ci auraient pu facilement être évitées par notre méthode.

Nous procédons pour le maxillaire supérieur comme pour l'inférieur, immédiatement après la résection, nous appliquons un appareil fabriqué à l'avance avec certaines données sur lesquelles nous reviendrons.

Il présente une partie horizontale, destinée à remplacer la voûte palatine et le voile du palais, s'il j a lieu ; et une partie verticale, représentant seulement la face antérieure de ce qui a été enlevé du massif maxillaire. Ces deux parties peuvent, comme nous le verrons, être séparées ou réunies.

De cette façon, la partie postérieure de la cavité résultant de la résection du maxillaire et qui n'est pas en contact avec l'appareil peut se cicatriser librement.

Lorsque cette cicatrisation est effectuée complètement, cet appareil provisoire est remplacé par un autre définitif qui comblera toute la cavité. Une simple fente sinueuse sera ménagée vers les fosses nasales pour permettre le passage de l'air.

Telle est en deux mots notre méthode, qui, comme on le voit, diffère totalement des procédés employés jusqu'ici.

Nous sommes absolument autorisé à dire que, si les tentatives de prothèse immédiate pour la mâchoire inférieure ont été rares, elles l'ont été bien davantage encore pour le maxillaire supérieur, et ceci, en raison des déformations moindres qui accompagnent l'opération.

C'est à peine si, en feuilletant les traités de chirurgie et les ouvrages spéciaux, nous avons pu trouver quelques tentatives de prothèse immédiate avec un morceau de gutta-percha ramollie, procédé, comme on le voit, bien primitif et bien imparfait.

Ce ne sont pas, du reste, des prothèses à proprement parler, mais simplement des moyens destinés à empêcher la communication de la bouche avec la cavité nasale.

Tels sont, croyons-nous, les rares essais de prothèse appliqués avant nous à la résection du maxillaire supérieur. Ces tentatives ne peuvent pas être comparées à une méthode parfaitement établie avec des données précises et avec laquelle nous avons obtenu des résultats incontestables.

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