CHAPITRE VIII
Maxillaire supérieur. Description et application des appareils.
Appareil primitif.
Sa division en deux ou plusieurs parties.
Sa canalisation permettant les lavages antiseptiques. Mesures à prendre pour sa confection.
Descriplion de ses parties constitutives. Partie horizontale. Partie verticale. Moyen de réunion de ces différentes pièces. Moyen de fixation.
Appareil définitif.
Modification qu'il présente sur l'appareil primitif. Moyen de fixation. Matière entrant dans sa constitution.
Les appareils prothétiques destinés à remplacer le maxillaire supérieur, sont moins nombreux et réclament moins de modifications que ceux que nous avons décrits précédemment pour le maxillaire inférieur. Les points d'attache, d'autre part, sont moins compliqués et ne présentent qu'une importance secondaire, car l'appareil est fixé dans des masses absolument immobiles, ce qui permet un assujettissement plus facile.
A la rigueur, on pourrait dire que les lambeaux seuls suffiraient à le maintenir. Toutefois, comme il est très difficile d'intervenir même deux ou trois jours après l'opération, nous avons dans la plupart des cas, placé des
lames, des crochets et souvent des ressorts, pour ne rien laisser à l'imprévu, et par excès de prudence.
Les modifications et les transformations que nous avons fait subir à nos appareils, répondent soit à des difficLdlés que nous avons rencontrées, quand il s'agissait de les enlever, soit à des exigences nécessitées par les méthodes antiseptiques nouvelles.
Fig. 56.
Le principal changement a surtout consisté en divisions plus ou moins nombreuses de la pièce, lorsque celleci était trop volumineuse. C'est ainsi que dans l'observation L. L {fig. 56) à cause de la hauteur de l'appareil, (soixante-seize millimètres), nous avons cru devoir le diviser transversalement en deux parties pour pouvoir l'enlever plus facilement. Malgré cette précaution, nous avons encore rencontré des difficultés considérables, car
la partie supérieure de la pièce, plus large que l'inférieure, était emprisonnée dans les tissus cicatriciels. Aussi, dans les observations suivantes, avons-nous divisé notre appareil en trois parties.
Les modiûcations nécessitées par les progrès de l'antisepsie ont été plus importantes. Tout d'abord, nous avons conseillé à nos malades de faire des gargarismes répétés avec une solution antiseptique. Puis, nous avons fait usage d'irrigations pendant les premiers jours qui suivaient l'opération, mais avec beaucoup de précaution, car nous redoutions de faire lâcher les sutures. Plus tard, nous pratiquions ces lavages avec un tube en caoutchouc placé sur la partie latérale de la pièce, qui dirigeait l'injection vers la partie profonde de la plaie {observations III et IV). Le tube sortait à l'extérieur, ce qui évitait de faire ouvrir la bouche du malade. Cette disposition enfin, permettait à celui-ci de faire lui-même ses injections et de les répéter autant de fois qu'on le jugeait à propos pendant la journée.
Cette modification constituait un progrès réel, mais encore insuffisant. Nous verrons en efiet, plus loin, que dans l'observation B. IV, la partie de l'appareil qui formait le plancher de l'orbite était chargée de matières purulentes, lorsque nous l'avons enlevé. Les tissus voisins, d'autre part, présentaient une zone inflammatoire assez étendue.
C'est alors que nous avons imaginé le système de canalisation central de l'appareil avec des ouvertures multiples. De cette façon, le liquide antiseptique injecté dans le canal central, allait se répandre sur toutes les surfaces cruentées
par ces orifices qui transformaient l'appareil en une véritable pomme d'arrosoir.
Depuis cette dernière modification, les suppurations ont été insignifiantes. Du reste le thermomètre nous prévenait dès qu'il v avait élévation de température, ce dont nous trouvions la raison dans quelques négligences apportées dans les lavages antiseptiques.
Ce système de canalisation et d'irrigation qui complète notre appareil, présente encore cet avantage, qu'il dispense le chirurgien de placer un pansement dans la cavité buccale. Celui-ci, au bout de peu detemps est imprégné de salive, de liquides buccaux toujours plus ou moins septiques, et devient même une source d'infection pour la plaie.
D'autre part, ces tampons à la gaze iodoformée ou autres, laissent à la bouche un goût spécial, qui contribue à enlever au malade tout appétit.
Lorsqu'il y a lieu d'appliquer notre système de prothèse immédiate pour le maxillaire supérieur, nous commençons par en prendre le moule, quelles que soient les difformités que peut présenter le malade.
Dans presque tous les cas, ce moulage ne donne pas les dimensions exactes que devra présenter notre appareil, mais lorsque la résection ne doit porter que sur un seul maxillaire, les dents du côté opposé et l'arcade dentaire inférieure suffiront pour obtenir les mesures nécessaires à la fabrication de notre pièce prothétique. Lorsque la mâchoire supérieure est complètement dépourvue de dents.
nous trouvons dans le moulage de l'arcade inférieure seule, des mesures suffisantes.
Quant à la hauteur, elle nous est fournie par une ligne partant du sommet des dents, ou de la partie alvéolaire du côté opposé, au milieu du rebord orbitaire, abstraction faite des parties molles.