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FABRICATION DES CHARPENTES NASALES

La fabrication de ces appareils est relativement simple. On emploie deux lames de platine présentant une épaisseur de quatre à cinq dixièmes de millimètre, sur sept millimètres de largeur. Quant à la longueur, elle dépend et de la forme du nez et de la hauteur qu'on veut lui donner.

Ces deux lames repliées en gouttière sont soudées en croix au tiers inférieur de l'une d'elles.

Fig. 142.

Par suite de la concavité inférieure de ces lames, elles perdent deux millimètres de largeur. Le point où porte la soudure doit représenter le sommet du lobule du nez.

Les lames ainsi soudées en croix sont alors repliées pour représenter, l'une la sous-cloison, l'autre les deux ailes du nez. Aux extrémités de chacune d'elle, se soude

un fil de même métal qui les dépasse de cinq à six millimètres.

Toutes les soudures doivent être faites avec de Tor fin. La figure 142 représente l'appareil que nous venons d'indiquer.

Lorsque le pourtour osseux de la cavité nasale a été mis à découvert par le chirurgien, on présente l'appareil sur ses rebords, pour lui donner les dimensions voulues ; si la charpente préparée à l'avance présente une hauteur trop grande on n'a qu'à diminuer la longueur des lames. Pour faciliter cette petite modification, nous avons soudé les fils de platine à la face postérieure de chaque lame, sur une étendue d'au moins un centimètre. C'est donc une longueur de six à sept millimètres que l'on a la latitude de retrancher, sans pour cela compromettre la solidité du fil. De cette façon on a une marge suffisante pour régler la longueur des lames et par suite la hauteur du nez; car, dans ces appareils, il faut toujours faire en sorte de pouvoir facilement modifier leur longueur, suivant l'étendue de l'action chirurgicale.

Lorsque la hauteur et l'emplacement de la charpente ont été bien établis, avec un foret plat, on fait un trou répondant à chacune des extrémités des fils de platine et on les y fait pénétrer.

La charpente se trouve alors fixée solidement, mais il arrive souvent que, lorsque les trous ont été pratiqués, on ne les retrouve que difficilement à cause du sang et du glissement de quelques parties de tissus venant cacher ces orifices.

Dans plusieurs cas, ce temps de ropéi'atioii nous a donné beaucoup de mal, et pour y remédier, nous avons soin maintenant, avant de sortir notre foret d'enfoncer dans chacun de ces trous une tige cannelée, recourbée à angle aigu. De cette façon, nous avons des points de repère qui nous permettent de faire glisser facilement les tîls de platine le long de la tige dans les trous qui leur sont destinés.

Dans certains cas, le lobule du nez et la sous-cloison peuvent être conservés. Notre charpente alors ne comprend plus que trois branches. Il est nécessaire de donner un autre dispositif.

Nous avons été amené à cette modification, à la suite d'une tentative de pose de charpente chez un malade du service de M. le professeur Poucet, suppléé par M. le D"" Pollosson, professeur agrégé.

Dans ce cas nous avions placé une charpente, comme celle de la figure 142. Toutefois comme chez cette malade le lobule du nez était conservé, nous avions supprimé les trois quarts de la sous-cloison ; de ce fait notre charpente n'avait plus que trois branches.

Lorsque la cicatrisation s'effectua, nous vîmes avec étonnement notre charpente basculer en avant. Il faut dire que les tissus, qui devaient recouvrir cette pièce s'étaient sphacélés à la partie supérieure à la suite d'un erjsipèle. Celle-ci alors n'étant plus soutenue en haut a basculé en avant. En effet, le lambeau ne portait plus que sur l'extrémité libre de la charpente qui avait été laissée pour soutenir le lobule et toute la tension de la cicatrisa-

tion reposait sur ce seul point ; c'est ce' qui l'a fait basculer.

Pour éviter cet inconvénient, lorsque M. Poncet a voulu reprendre la restauration de ce nez, nous avons donné à notre appareil la forme suivante :

Les branches transversales, au lieu de tomber perpendiculairement sur les branches montantes des maxillaires sont dirigées obliquement en bas, jusqu'au niveau de la paroi inférieure des fosses nasales. Les extrémités de ces branches sont terminées en biseau pour venir s'appliquer intimement sur la paroi osseuse. Quant aux pointes qui font suite à ces extrémités, elles pénètrent verticalement dans le tissu osseux sous-jacent(/?^. 143),

Fig. 143.

Cet appareil a été appliqué à la malade qui fit l'objet delà communication de M. le professeur Poncet au Congrès de Nancy.

Ces appareils, en raison de leur structure en platine, et des soudures à l'or fin, sont parfaitement supportés et ne nous font pas craindre les oxydations que nous aurions eu à redouter avec d'autres métaux.

En ajoutant ou en supprimant une branche, on pourra toujours modilier l'appareil suivant les cas.

Une dernière remarque : à la suite de différentes applications de charpentes nasales, nous nous sommes aperçu que, dans quelques cas^ il était difficile au malade de se moucher, à cause de la disposition croisée des lames au niveau du lobule, ce qui gênait le pincement et le rapprochement des narines.

En outre, dans quelques observations, lorsque la cicatrisation s'effectue, le retrait des tissus est tel que la charpente est partiellement mise à découvert.

En présence de ces inconvénients, nous avons changé le point de croisement de nos lames.

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Fig. 144.

Ainsi, comme le montre la figure 144, les lames latérales tout en conservant le même point d'implantation,

présentent leur point d'entrecroisement avec la lame longitudinale, non plus en B, mais en A.

Cette disposition empêche l'appareil d'être visible et d'autre part permet aux narines d'être facilement rapprochées l'une de l'autre : tout cela sans préjudice pour la solidité de l'appareil.

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