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APPAREILS REDRESSEURS DU NEZ ET DILATATEURS DES NARINES

Nous venons de voir que, par des appareils, on pouvait redresser les nez etïondrés après la perte de leur squelette. Il en est d'autres qui, tout en ayant conservé leur charpente osseuse, n'en sont pas moins déformés. Nous voulons parler des difformités congénitales ou

d'origine traumatique qui intéressent quelquefois la totalité de l'organe. Mais dans les cas les plus fréquents, c'est le lobule, ce sont les narines seules qui ont subi une déviation. Dans les becs de lièvre complexes opérés ou non, on observe aussi des difformités plus ou moins accentuées.

L'asymétrie du visage qui en résulte est souvent très préjudiciable au malade. Aussi croyons-nous devoir insister d'une façon toute spéciale sur les services que l'on peut rendre à ces malheureux en instituant un traitement dont le résultat est presque toujours certain.

Il est peut-être un peu présomptueux de notre part d'être aussi affirmatif, alors que presque tous les traitements institués jusqu'à présent ont été suivis de résultats peu favorables.

Il faut dire aussi que le redressement de l'appendice nasal ne rentre pas dans le cadre des redressements ordinaires, qu'il nécessite des appareils très perfectionnés! qu'il exige enfin un traitement assez long pour décourager des malades peu patients. C'est ce qui explique les insuccès notés jusqu'à ces derniers temps, insuccès dus surtout à l'emploi d'instruments trop rigides amenant fatalement des ulcérations d'abord et du tissu de cicatrice ensuite.

On allait ainsi absolument à l'encontre du but que l'on se proposait.

Nous venons de dire que la longueur du traitement était une source d'insuccès à cause de l'impatience des malades ou de leur famille. Ajoutons encore que les appa-

reils redresseurs sont plus ou moins visibles, ce qui dans certains cas constitue encore un obstacle à leur emploi. Néanmoins, on peut arriver, comme nous l'indiquerons à la tin de ce chapitre à dissimuler complètement les pièces que nous employons.

Le traitement que nous indiquons est forcément de longue haleine. Il exige de l'opéré et de l'opérateur une égale patience. 11 faudra résister au désir du malade qui réclame une action plus rapide et à la tendance qu'on éprouve soi-même à accélérer cette action par un appareil plus puissant. Aussi, ne conseillerons-nous à personne de tenter ce mode de redressement s'il n'est sûr de la patience de celui qui doit le subir.

Si nous réclamons de nos malades beaucoup de temps, de patience et de docilité, en échange nous pouvons presque avec certitude leur promettre un heureux résultat. Mais nous tenons encore à répéter ici ce que nous avons déjà dit dans une autre partie de ce travail au sujet d'appareils à traction élastiques ; ce ne sera que par des tensions faibles et continues qu'on y arrivera : car si le port de l'appareil est interrompu ou même simplement intermittent, on perdra fatalement en un jour ce que l'on avait péniblement obtenu en plusieurs semaines.

Nous savons que, dans Tesprit de quelques chirurgiens, les pièces destinées à ces redressements ne peuvent être supportées longtemps par la muqueuse nasale. Ce principe absolument vrai pour les appareils lourds à tension exagérée, cesse de l'être pour des appareils doux, flexibles et extrêmement légers.

La preuve de ce fait nous est donnée par l'emploi que nous en avons fait dans notre pratique. Nous avons en effet des malades qui ont porté nos appareils des mois et môme des années sans qu'il survienne la moindre douleur, la moindre ulcération, mais aussi il est de toute nécessité qu'ils soient d'une extrême légèreté et qu'ils présentent une tension minime. Voilà tout le secret de leur tolérance par les tissus.

Nous allons maintenant décrire nos appareils par ordre de fréquence en procédant pour ainsi dire du simple au composé. Leur description ne sera qu'une suite de modifications plus ou moins heureuses, que nous étudierons toutes sans exception parce que tel sj^stème inutile dans un cas peut être bon dans l'autre.

Premier appareil. L'appareil représenté {fig. 154) a été construit pour relever le lobule et redresser les narines dans le sens antéro-postérieur. Il est constitué par deux lames de caoutchouc durci, réunies entre elles à la face

Fig. 154.

antérieure par un ressort. Ces deux lames s'enfoncent dans les narines par leur extrémité libre, de chaque côté de

la cloison. Cliaciinede celles-ci est doublée intérieurement par une autre de même nature. Ces dernières sont fixées aux précédentes par un rivet à leur extrémité postérieure. Elles sont mobiles dans le sens inféro-supérieur et obéissent à un ressort placé près de leur point de réunion à la lame externe. Ce ressort, en effet, qui tend sans cesse à se redresser, rencontre le bord supérieur de la lame interne et la soulève. Celle-ci se termine par un prolongement recourbé en haut et faisant en dehors des narines une saillie de cinq millimètres. En un mot, la lame supérieure se meut sur l'inférieur comme une lame de couteau sur son manche.

Sous l'influence du ressort, ce bord muni de son prolongement est relevé dans le sens de la hauteur pour prendre la position indiquée par la ligne pointillée.

Quant au ressort, ce n'est autre chose qu'un fil d'or bien écroui, auquel on donne la force que l'on désire. Celle-ci doit toujours être assez faible pour ne pas rendre l'appareil intolérable.

En résumé le mécanisme de cet appareil consiste à prendre un point d'appui sur les deux faces latérales de la cloison, et un peu sur le plancher de sfosses nasales, au moyen d'un ressort antérieur tendant à rapprocher les deux lames auxquelles il est fixé, tandis qu'un autre ressort vient soulever la partie supérieure des narines, tout en maintenant la direction du mouvement à la partie centrale du nez. La combinaison de ces deux mouvements contribue à donner à celui-ci une forme plus saillante en même temps que plus étroite.

Ce résultat ne peut être obtenu que si l'appareil est porté

nuit et jour. On ne devra permettre au malade de le retirer que pour le nettoyer et il faudra lui enjoindre de le replacer immédiatement après. S'il venait à déterminer quelques douleurs par la pression que les lames exercent sur les tissus^ il faudrait diminuer la tension des ressorts, quitte à l'augmenter plus tard progressivement.

Deuxième appareil {fig. 155). Celui-ci diffère peu du précédent comme fabrication ; seulement la partie antérieure des lames est devenue postérieure,

Fig. 155.

Il est disposé de façon à relever toute la partie charnue du lobule, et les parties intermédiaires entre lui et les os propres du nez. Les ressorts qui soulèvent les deux lames internes sont plus longs et plus forts que précédemment. Les bords supérieurs des lames sont très arrondis et recouverts d'une légère couche de caoutchouc mou, afin de ménager la pression directe d'un corps dur sur la muqueuse.

Dans certains cas, on pourrait se servir de ce même appareil, seulement plus long, pour agir sur les os pro-

près du nez, et l'on comprend facilement que dans ces conditions la muqueuse prise entre deux plans résistants, s'ulcérerait sans les précautions que nous venons d'indiquer.

D'après la disposition des deux appareils dont nous venons de donner la description, on a pu voir qu'ils exerçaient leur action de bas en haut en même temps qu'ils déterminaient une compression latérale sur le vomer et la cloison. Si l'un ou l'autre présente une légère déformation, il suffira d'un appareil analogue au précédent pour la combattre. Mais, si celles-ci sont plus accentuées, il faudra avoir recours à un système dont l'action soit plus étendue.

L'appareil que nous venons de décrire n'a qu'une action très limitée sur la cloison qui présente des ondulations dans le. sens vertical. Celles-ci existent quelquefois horizontalement ou dans un sens oblique.

Fig. 156.

Il nous a été donné de construire un appareil (fiff. 156) pour un cas de ce genre. Il différait du précédent P par sa longueur qui était égale à celle de la partie à redresser ;

2° par une tige A qui a pour but de maintenir la lame supérieure sur un point quelconque qui peut varier de toute la hauteur du vomer. Comme la même disposition existe de chaque côté de l'appareil, il en résulte que l'on peut faire croiser les pressions, et cela à des hauteurs inégales. On pourra prendre d'un côté une ondulation entre deux lames résistantes superposées et de l'autre exercer une pression sur l'ondulation elle-même.

Cette pression s'exercera précisément sur le point resté libre entre les deux lames, sur toute la hauteur de l'ondulation en un mot. Elle refoulera cette dernière dans un espace vide, et, si plus tard on veut prendre ce même point entre deux plans résistants pour donner une forme encore plus régulière à la partie redressée, on n'aura qu'à ramener les deux lames supérieures en face l'une de l'autre, et les maintenir sur le point précis qui réclame leur présence.

On comprendra mieux le mécanisme que nous venons de décrire, lorsque nous aurons dit que sur le rebord de la lame supérieure est ménagée une rainure dans presque toute sa longueur, c'est-à-dire de A en A'. Celle-ci est entrecoupée transversalement de petits crans dans lesquels vient se loger la tête de la tige C dont l'autre extrémité est fixée en B, à là lame inférieure près du ressort D qui soulève la lame supérieure.

Par la figure 156 et l'explication que nous en donnons on voit que la rainure AA doit être parcourue par la tige C. Plus la tête de celle-ci s'éloignera du point où le ressort est fixé, plus elle rapprochera les lames entre

elles, jusqu'à ce que la supérieure se cache entièrement à l'exception de son rebord, derrière l'inférieure.

Au contraire, lorsque la tête de la tige se portera en avant, ces mêmes lames s'écarteront de toute l'étendue du ressort. Par ce moyen on peut donner à leur extrémité un écartement qui correspond à toute la hauteur de la cavité nasale.

Lorsque le vomer et la cloison sont simplement déplacés et par ce fait ont rétréci l'entrée d'une narine, nous employons un appareil représenté {flg. 157).

Fig 157. • •

Deux plaques en caoutchouc dur et assez allongées pour permettre d'exercer une pression sur une longue surface, sont réunies par un ressort qui tend à les rapprocher l'une de l'autre.

Ces plaques viennent s'appliquer de chaque côté du vomei" ; l'une d'elles se recourbe en avant et se termine par un renflement qui vient s'appliquer contre la face interne de la narine du même côté. En chautfant l'extrémité postérieure A, on pourra varier l'écartement de cette .partie qui doit faire ressort. . ,

Celle-ci ne pourra moins faire que de ramener vers la ligne médiane la cloison déviée, tout en augmentant l'étendue de la narine correspondante. Si la cloison est

bien médiane et que la narine seule soit rétrécie, on peut employer le petit appareil (flg. 158) qui écartera celle-ci simplement dans le sens de la largeur.

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