‹ De la Pseudo-Paralysie Générale SaturnineChapitre 29 sur 33 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

RÉGIs. Annales médico-physiologiques, 1880.

Pseudo-paralysie générale saturnine à la troisième période.— État des plus graves. — Guérison au bout de trois mots.

P..., 51 ans, ouvrier cérusier, entre à l’asile Ste-Anne, le 18 janvier 1877, venant de l’Hôtel-Dieu où-il était en traitement pour des accidents saturnins. Nous avons appris que le malade était entré dix fois dans divers hôpitaux pour des accidents de même ordre. Les premières fois, tout s’était borné à des phénomènes entéralgiques et arthralgiques ; à dater du sixième accès, la tête s'était prise et il était survenu du délire, chaque fois un peu violent. Les renseignements que nous tenons, tant de sa famille que de lui-même, nous permettent d'affirmer que P... n’a jamais fait d’excès de boisson.

Certificat immédiat. « Affaiblissement des facullés intellectuelles et de la mémoire ; propos incohérents ; turbulence, frayeurs ; on veut le tuer; l’enterrer vivant, le brûler. Faiblesse musculaire, embarras de la parole, accidents alcooliques et saturnins, »

À son arrivée à Ville-Evrard, le malade est porté à l’infirmerie. Il est paralysé, gâteux, hébété, sa parole est inintelligible et il ne peut faire aucun mouvement.

Observation médicale. Démence avec paralysie générale. Affaiblissement intellectuel ; perte de la mémoire, nulle conscience de ses actes; il ne répond

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que oui et non sans discernement. Faiblesse musculaire générale, tremble-: ment des membres et de la langue, ete. Au mois de mai, c’est-à-dire trois mois après son arrivée à Viile-Evrard, le malade est debout: il peut marcher, ne gâte plus, et son intelligence, quoique encore très obtuse, paraît se réveiller peu à peu. À ce moment P... a eu des vertiges épileptiques. Il sentait quelque chose qui lui montait des membres à la tête; un nuage passait sur ses yeux et il perdait connaissance pendant une ou deux minutes, Il sentait, dit-il, venir la crise, et pouvait prévenir les camarades ou s'asseoir. Ces accidents, qui ne durèrent que quinze jours, n’ont pas reparu depuis.

À dater de cette époque, l'amélioration s’est accentuée progressivement ; la force musculaire est revenue, le tremblement à diminué ; la parole s’est affermie, en même temps que les facultés intellectuelles reprenaient leur libre exercice. La parole restait toujours embarrassée.

Au mois d'août, le malade est assez bien pour s'occuper, d’abord à l’infirmerie comme aide, puis chez un employé de Ja maison dont il n'a cessé un seul jour de faire le service depuis cette époque. Les quelques symptômes qui persistaient encore ont fini par disparaître, et aujourd’hui le malade ne conserve plus le moindre signe de trouble physique ou intellectuel. Le liséré gingival, qui nous à paru dans tous les cas être le signe le plus tenace n’est même plus perceptible chez lui à l'heure actuel.

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