‹ De la Pseudo-Paralysie Générale SaturnineChapitre 31 sur 33 · FE · texte numérisé non relu

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22 décembre. IL présente des accidents cérébraux et médullaires, dus à l'intoxication saturnine, Car il nous faut dire que ce malade a été paraly-

tique ; aujourd’hui il a conservé de cet ancien symptôme une grande faiblesse

des deux membres inférieurs ; il ne peut marcher que difficilement.

Il avait été dans une de ses anciennes attaques privé du langage; il a maintenant recouvré la parole, mais elle est hésitante et légèrement tremblotante. En ce moment, il n’a pas de troubles visuels ; les hallucinations sous forme de têtes de couleur bleue ont disparu, et la raison parait progressivement revenir.

30 janvier 1880. Il a encore l'intelligence assez obtuse et répond d’une façon assez incohérente à ce qu’on lui demande.

Les membres inférieurs sont toujours faibles ; cependant il peut marcher. Pendant qu’il parle, on observe de la trémulation dans les muscles de la face.

6 mars. Il y à une sensible amélioration dans la marche ; la parole est beaucoup plus distincte. On observe des mouvements fibrillaires des muscles de la face. |

15 avril. L'état mental est satisfaisant ; néanmoins il a encore la marche lente et la parole un peu embarrassée. k

18 mai. Il ee l'asile d'Armentières ; son état mental est très sain ; il ne lui reste qu'un peu d’embarras de la HE et du tremblement fibrillaire de l’orbiculaire des lèvres.

OBSERVATION XIX Thèse de MEYER.

Pseudo-paralysie générale saturnine. — Guérison.

Maegh (Henri), ouvrier cérusier, entre dans un hôpital de Lille pour coliques de plomb ; là il a des accès épileptiformes et consécutivement un délire violent lypémaniaque. Son état ne lui permet plus de rester à l'hôpital ; il est transféré à l'asile d’Armentières où il entre le 29 novembre 1879 et en sort guéri le 15 mars 1880.

OBSERVATION XX CAMUSET. Annales médico-psychologiques, 1883.

Salurnisme chronique simulant la démence paralytique. — Mort par phtisie. — Autopsie.

Le nommé Dabeau (Frédéric), 48 ans, peintre en bâtiments, entre à l’asile de Vaucluse le 23 février 1883, accompagné des deux certificats suivants :

1° « Démence paralytique. — Affaiblissement marqué de Vintelligence,

de la mémoire et dela volonté, de la sensibilité et du mouvement.

Embarras de la parole; nulle conscience de ses actes. — Signé : Legrand du Saulle, 14 février 1883. » ARE Nr Ve ;

2° « Atteint d’affaiblissement des facultés mentales avec diminution considérable de la mémoire. — Incapacité de pourvoir à ses besoins. Pupilles inégales, Parole embarrassée. Faiblesse musculaire plus accusée à gauche, — Signé : Magnan, 15 février 1883. »

3 Certificat immédiat : « Paralysie saturnine. — Signé : Bigot, 24 fé. vrier 1883 ».

Voici l'observation du malade dans nos salles : Dobeau est maigre, l'air misérable, le teint jaune, la physionomie sans expression.

Les pupilles sont inégales et réagissent mai à la lumière. La langue et les

lèvres sont animées de petits mouvements fibrillaires.

Hors de la bouche, la langue est ataxique.

La parole est hésitante, lente, saccadée, exactement comme dans la paralysie générale. ;

Les mains tremblent beaucoup. La marche est mal assurée, mais la faiblesse musculaire n’est pas plus marquée à gauche qu’à droite. (Ce dernier symptôme, noté par M. Magnan, s'était donc dissipé en quelques jours,

comme il arrive souvent dans la paralysie générale.) Le réflexe tendineux

des genoux est conservé et ne paraît pas exagéré. Liséré bieuâtre très marqué sur le bord libre des gencives.

Signes manifestes de tuberculose pulmonaire. Les urines examinées dans

les premiers jours de l’arrivée contiennent de l’albumine, mais en petite

quantité.

Du côté des facultés mentales on ne note pas de délire, mais seulement une démence prononcée avec indifférence absolue.

Le malade ne s'inquiète de rien, ne se plaint pas et à la vérité ne pense guère. On arrive à lui faire dire qu'il a eu des coliques de plomb dans le temps.

D'après les renseignements, cet état si grave se serait établi progressivement sans accidents aigus : convulsions ou attaques. Le malade ne se serait jamais rendu compte de sa situation, l'indifférence eût été la caractéristique de sa décadence intellectuelle.

Le traitement consiste en toniques, iodure de potassium, bains sulfureux. Mais les lésions pulmonaires s’aggravèrent rapidement : dyspnée, fièvre, œædème des membres inférieurs, et la mort arriva le 19 mars, moins d’un mois après l’arrivée du malade.

Autopsie. — La dure-mère n’adhère pas aux os du crâne, on ne trouve pas de fausses membranes accolées à sa face interne. Les autres méninges sont épaisses et très vascularisées.

M; lee

Les veines dilatées y sont gorgées de sang (méningite chronique). Auune adhérence méningo-corticale ; quantité considérable de liquide céphalorachidien qui comprime le cerveau. Les ventricules latéraux sont aussi distendus par ce liquide. Le cerveau est très ferme, ischémié dans toutes ses parties. La substance grise participé à la dureté générale.

Les poumons renferment des tubercules en assez grand nombre, aux somwets, ils sont plus ou moins ramollis. Le cœur est très hypertrophié et un peu graisseux. Plaque athéromateuse sur une des valvules mitrales, d'où insuflisance de l'orifice. Foie légèrement graisseux. Rien aux reins ou à la rate (à l’examen macroscopique).

M. Regnier, pharmacien en chef de l'asile, a bien voulu analyser lencéphale et il y a trouvé 36 milligr. de plomb. L’encéphale lui avait élé donné, débarrassé en partie de ses enveloppes ; mais on n’avait pas fait d’injections détersives au préalable dans les vaisseaux. Il a aussi trouvé une quantité notable de plomb dans le foie.

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