‹ De la Psittacose: Infection spéciale déterminée par des perruchesChapitre 13 sur 17 · APTE · texte numérisé non relu

APTE

Température du soir : 38°,6.

27 novembre, — Température du matin : 37°, 6. Pouls

Même état.

Pas de taches rosées. |

Le piqueté rougeâtre conserve les mêmes caractères.

Le malade ne va à la selle qu'à force de lavements.

Il existe maintenant nettement des furoncles à la région lombaire. |

Température du soir : 38°,6.

28 novembre. — Température du matin : 37°,4 Pouls CERN | se se |

Le piqueté rougeñtre est moins net.

Le délire diminue. |

Ï n’y a plus de râles dans la poitrine.

Température du soir : 37°,2. à

Le dernier bain est donné à 6 heures du soir.

29 novembre. — Température du matin : 36°,4.

Le délire à complètement disparu. Le malade à entiérement repris Sa connaissance : il répond maintenant très clairement aux questions qu’on lui pose. |

La langue n’est plus aussi sèche.

Le malade se sent bien mieux. "É id

Température du soir : 360,6.

30 novembre. = Température du matin : 36°,5. Pouls : 86 pulsations.

Le malade demande à manger : on lui donne un œuf.

Température du soir : 36°,5. |

1 décembre. — Température du matin : 37°,

La langue est humide,

Plus de râles dans la poitrine.

Le malade prend une noix de côtelette.

3 (écembre: — Le malade se lève et n'est nullement fatigué.

H s'alimente bien.

À partir de ce moment, la convalescence s'affirme de plus ep plus.

10 décembre. — Le malade sort de Fhôpilal, entière ment guéri, mais avec une perte de poids de 41 kilogrammes : il ne pèse plus en effet que 57 kilogrammes, alors qu'avant sa maladie son poids était de 68 kilagram-. mes.

Résumé. — Etat typhoïde très grave, prédominance de troubles broncho-pulmonaires; absence de symptônes intestinaux et de taches rosées. Apparition au treizième jour d’une éruption mal définie, maculeuse, à la racine des membres.

Traitement par les bains froids.

WovrMBRE

OBSERVATION II (inédite).

Recueillie dans le service de M.le D: Rendu (hôpital Necker).

La nommée Louise D..., 20 ans, couturiére, entre à l’hôpital le 20 novembre 1894, salle Lasègue, lit n. 25.

Le dimanche 11 novembre 1894, la malade est prise d’un grand abattement; elle a des nausées, et le soir ayant pris une tasse de bouillon, elle vomit immédiatement et se couche. La nuit est agitée. |

Le 12 novembre. — La malade essaye de se lever, mais elle a des vertiges et se voit contrainte de se remettre au lit. Dès ce jour, elle est prise d’une céphalée intense, si vive, dit-elle, que quand elle veut changer sa tête de côte sur loreiller, elle éprouve des douleurs atroces qui lui font jeter des cris. En même temps, elle accuse une.photophobie intense. Température prise par le médecin : 39°,8. |

LA

Le 13 novembre. — La céphalée persiste avec un peu de délire. Ce jour-là pour la premiére fois,la malade accuse un point de côté gauche qui la gène pour respirer. Le médecin qui l’ausculte trouve à gauche des râles de con-

gestion pulmonaire ; un cataplasme sinapisè est appliqué sur la région douloureuse ; le lendemain le point de côté a disparu.

La céphalée persiste toujours aussi vive, elle siège sur le sommet de la îte et à la région occipitale, elle est augmentée au moindre mouvement. L'application de compresses d’eau froide procure quelque soulagement.

Du 13 au 20 novembre, la malade ne se plaint que de cette céphalée intense qui l'empêche de dormir la nuit. Il lui est impossible de se lever sans éprouver des vertiges. Anorexie absolue; constipation opiniâtre.

20 novembre. — La malade entre à l'hôpital.

La céphalée a disparu; la malade se sent moins abattue. Cependant la température atteint encore 38°,2.

La langue est saburrale, mais ni rôtie ni fendillée.

L’anorexie est absolue.

IL existe une constipation opiniâtre.

La percussion de la rate montre qu’elie est lègérement hypertrophiée. |

L'examen attentif de l’abdomen ne permet dy constater aucune tache rosèe lenticulaire.

Pas d’albumine dans l'urine.

Cœur normal.

A l’auscultation des poumons, on constate en arrière et à droite des râles sous-crépitants fins de congestion

pulmonaire.

ro

28 novembre, — La malade se sent rétablie; elle se lève dans la journée.

Elle est toujours soumise au régime lacté absolu.

A partir du 28 novembre, la convalescence s’établit proeressivement ; l'alimentation est reprise peu à peu, et on arrive assez rapidement à donner une alimentation complète.

10 décembre. — La malade, complétement rêtablie,

quitte l’hôpital.

RER eme

L 26 27 23: MOVEM"

ne

OBSERVATIONS III et IV

Inediles. Dues à l’obligeance de M. le D' Rendu.

Pauline C..., 46 ans, culottière.

Entrée le 4 avril 1892, salle Delpech, lit n° 13.

Cette femme entre pour une affection thoracique aiguë : a a)

dominée, à l’arrivée, par un ensernble de symptômes génèéraux graves, un état d’adynamie prononcé.

Femme de moyenne constitution, maigre, mais jouissant d'ordinaire d’une assez bonne santé. À eu cependant l’hiver, à plusieurs reprises, autrefois, des bronchites assez tenaces durant deux ou trois mois, l’obligeant parfois à prendre le lit; mais pendant la plus grande partie de l’année, elle se portait bien, fournissant un travail considérable. ne

Il y à 14 ans, elle a eu une pneumonie. £

D’autre part, à intervalles irréguliers, épistaxis fréquentes, mais en somme légères.

Bien portante depuis trois ans, elle tomba malade il y à trois semaïnes environ, vers le 13 ou le 14 mars; et ie début des accidents coïncida avec les circonstances suivantes : ayant acheté une des perruches importées réceme ment d'Amérique et mises en dépôt rue Dutot, l'oiseau lui fut apporté par un intermédiaire. Cette personne n’était pas et n’est pas devenue malade depuis lors; d’autre part la malade n’a pas fréquenté cestemps-ci des gens atteints de pneumonie, elle n’a pas eu de relations avec d’autres personnes pouvant avoir elles-mêmes une perruche malade.

Quant à l’oiseau acheté par notre femme, il devint aussitôt malade et mourut au bout de 10 jours ; le symptome principal de l’affection était l’existence d’une diarrhée sanguinolenté. Cet oiseau, très jeune, ne sachant pas encore manger seul, la malade lui donnait la becquèe et l'oiseau prenait du bec dans sa bouche.

Environ huit jours après l’achat de la perruche (deux

jours avant sa mort), la malade s’aperçut qu’elle avait sur la pointe de la langue de petits boutons rouges et douloureux; peu de jours après, elle eut une angine et un endolorissement de la région sous-maxillaire; elle éprouvait en même temps une grande lassitude. Elle continuait

néanmoins son travail, quand le samedi 26, ayant fait

une livraison, elle fut prise par la pluie et trempée ; le dimanche elle sentit son êtat de malaise s’aggraver, et le Jundi elle ne put se lever.

Cepéndant la perruche était morte, et quelques jours

plus tard un serin qui vivait dans la même cage mourut. D’autre part, parmi les gens qui entouraient la malade, personne ne fut pris alors. … | Re 2 Quant à notre malade €lle-même, en proie, pendant la semaine du 27 mars au 4 avril, à une courbature intense, avec anorexie, céphalalgie lègère et fièvre, elle ne présenta aucune manifestation bien localisée : toussant peu, n’expectorant pas, n'ayant ni diarrhée ni vomissement ; seules se montrérent des épistaxis quotidiennes ; et une métror-

rhagie, d’ailleurs antérieure à la maladie actuelle, s’ac-

centua. ee. re

Le lundi 4 avril elle entre à l'hôpital.

À avril. — A son entrée, cette malade se présente pâle, amaigrie, avec les yeux excavès, les narines pincées, se plaignant d’un état d’anéantissement sans localisation - spéciale ; elle tousse très peu, ne crache pas. L'examen de Ja poitrine fait constater une submatité légère à la base droite, et à l’auscultation on trouve des râles sibilants dissèminès dans toute la poitrine, et quelques râles de

congestion, sous-crépitants fins à la base droite,

5 avril. — A la visite du matin, les choses ont changé d’allure, l’affection parait se localiser d’une façon plus précise au thorax; la malade tousse un peu, elle expectore deux ou trois crachats muqueux, un peu visqueux et adbèrents. À la percussion, la submatité de la base est p'us franche; à l’auscultation, on trouve un péu de souffle en bas à droite, et quelques râles fins.

De plus, sous la clavicule droite, on trouve un peu de submatité qui n’existe pas à gauche, et JA encore la respiration est légérement soufflante.

D'autre part, température : 39°,2, pouls 110, même état général, prostration, adynamie; ni détire, ni céphalalgie oravative cependant; langue sèche et chargée d’un enduit desséèché, épais, très adhérent.

Il y a aussi un peu de gingivite, pas d’angine. Pas de vomissement, ni diarrhée ni constipation. La palpation du ventre est douloureuse à gauche dans la région splénique ; la rate est augmentée de volume et donne à la percussion une matité de 10 centimètres sur 6 centimètres. L’urine est légèrement albumineuse, elle est rare et foncée.

En présence de cet ètat de choses, le traitement suivant est institué : potion cordiale avec 3 grammes d’acètate d’ammoniaque, trois ventouses scarifiées à la base droite, enveloppement dans le drap mouillé.

6 avril. — Amélioration sensible, abattement moindre. Localement, le souffle a disparu, mais à sa place persistent et augmentent des ràles fins. Température : 38°,8. Pouls : 96°. Respiration : 36°.

Morange = 9

dore

7 avril. — Amélioration remarquable ; sèdation mar- .. |

quée après un deuxième enveloppement dans le drap

mouillé. Il y a cependant eu une légère épistaxis dans la

journée, la métrorrhagie persiste encore.

Localement, amendement notable : plus de souffle, quelques râles fins en haut et en arrière, gros râles disséminés à la base. En même temps, l’expectoration est devenue très abondante, la malade a rempli tout un crachoir de crachats spumeux, un peu adhérents, mais non teintès. Il y a empâtement de la bouche ; la langue, b'en qu'humide, est chargée d’un enduit épais.

Il n'y a plus d’albumine dans l’urine.

8 avril. — Le tableau clinique est le même, avec un peu d'amélioration.

9 avril. — La malade fait sa défervescence complète : Température : 36°,5. Elle se sent bien, quoiqu’éminem- “ment faible. La métrorrhagie a cessé, la rate n’est plus douloureuse, l’expectoration est simplement muqueuse et un peu moindre. Dès lors commence la convalescence.

En résumé : affection durant près d’un mois (14 mars- 9 avril), à début assez mal caractérisé par symptômes généraux de plus en plus sérieux, se terminant au bout de trois semaines par une localisation pulmonaire à défervescence franche, affection dont le début a étè contemporain du contact avec une perruche malade mourant au bout de huit jours, contact qui d'autre part parait avoir entrainé la mort d’un serin vivant dans la même cage.

Voilà d’une part les faits cliniques ; nous devons y ajouter l'observation suivante du mari de notre malade, observation dont M. Potier, interne de M. le D' Rigal, nous remet le résumé.

8 avril. — Cet homme éprouve un malaise depuis huit Jours, il dort mal, ne mange plus, mais continue cependant ses occupations. Enfin il y a deux jours, 1 est contraint de s'arrêter, le 7 avril il s’alite, et le 8 avril il entre à Phôpital. |

A son entrée : état de courbature généralisée, prostration, anorexie, langue chargée; toux lègère, expectoration modérée; les crachats sont spumeux, un peu visqueux, mais non sanglants. À la percussion, sonorité normale; à l’auscultation, foyer de räles sous-crèpitants fins à la partie moyenne du poumon gauche, pas de souffle, pas de bronchophonie. D'autre part, urines rares rouges, non albumineuses. Ni vomissements, ni diarrhée ; pas d’épistaxis. Température : 390,8.

9 avril. — La température descend au-dessous de 39, ily à amélioration des signes thoraciques; mais l’état d’abattement persiste.

10 avril. — Les choses se maintiennent à peu près de même.

11 avril. — Défervescence à 37°, dètente générale; les signes en foyer ont disparu, mais la poitrine est remplie de râles sibilants et ronflants; l’expectoration est abondante, muqueuse.

Depuis, la convalescence se maintient, la température oscille autour de 37°. Il y à encore de la faiblesse, un

— G4 — peu d’anorexie; mais l’amélioration est rapide, et le 20 avril le malade sort de l’hôpital guéri.

Diverses recherches bactériologiqnes furent entreprises dans l’ordre suivant :

À, — Examen direct des crachats de la femme;

A’. — (Cultures avec ces crachats ;

B. — L’urine recueillie aseptiquement fut mise à l’étuve.

C. —‘On recueillit du sang de la malade, aseptiquement au moyen d’une ventouse scarifiée après stérilisation préalable de la ventouse et du scarificateur. |

Avec ce sang, on fit avec le fil de platine :

C". — Des cultures directes en bouillon.

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