ELLE
OBsenvarIoNs V, VI, VII, VIIL IX, X et XI
Recueillies dans le rapport adressé à M. le Préfet de’ police, par M. le D: Dubief (23 mars 1893).
Deux foyers épidémiques ont été signalés à la Préfecture de police, le premier, rue de Vaugirard, 31; le second, rue Legendre, 79.
À. — Rue de Vaugirard, 31.
| | 3 morts.
Cinq malades | Re 2 guéris, Le n° 31 de la rue de Vaugirard est occupé par une pension de famille tenue par les époux M...
Ceux-ci, qui aiment beaucoup les animaux, ont achetè le 20 janvier 1893 une perruche dans la rue à un marchand ambulant, qu’ils ne connaissaient nullement et qui n’a pu être retrouvè par conséquent.
Au dire d’une personne de la famille, au moment de Pachat de l'oiseau, celui-ci était déjà malade, et on avait mis son aspect maladif sur le compte du changement de nourriture et du dépaysement; toujours est-il que le 25 janvier, l’oiseau mourait. Au dire des témoins oculaires, l’animal était triste, languissant, refusant toute nourriture ; ses plumes étaient hérissées, ses ailes pendantes, et la veille de sa mort, il fut pris d’une abondante diarrhée. Après sa mort, la putréfaction se manifesta très rapidement, et le cadavre, ainsi que la cage où il se trouvait, exhalérent très vite une odeur repoussante. L’oiseau fut jeté à la boîte aux ordures par le concierge de la maison, qui fût en même temps chargé du nettoyage de la cage.
I. — Mme M... (48 ans), tombe malade la premiére, le 51 janvier. Le matin de ce jour, elle s'aperçoit que la partie inférieure de sa figure était lèégérement enflée, au pourtour de la bouche, elle crut à un coup d’air.
Cette enflure disparut deux Jours après, mais en même temps il se développait une courbature généralisée, de la céphalalgie, un peu de larmoiement et une toux légèrement quinteuse; son médecin fut appelé et il pensa à une légère atteinte de grippe. Son état ne fit cependant que s’aggraver; la lassitude, l’abattement étaient extrèmes, la fièvre apparaissait et la maladie prenait insensiblement une allure typhoïde. Le 8 février, elle eut un frisson d’in-
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tensité moyenne, et le médecin put constater une congestion pulmonaire intense, avec un point pneumonique (râles crépitants fins, souffle très prononcé).
Il n’y avait aucun point de côté, pas de crachats rouillès, dyspnèée modérée : il y avait une agitation extrême, du délire’; mais, malgré tout, la fièvre était modérée, et la température peu élevée; la langue était sèche, rotie, fuligineuse. |
Les jours suivants, l’ètat local s’est amélioré, le souffle disparut, mais malgré l’absence de phénomènes locaux, l’état général resta mauvais. Lorsque je vis moi-même la malade le 18 février, elle était dans un abattement extrême, tout à fait prostrée, atteinte d’une stupeur comparable à celle de la période d’état de la fièvre typhoïde ; bien que jouissant de sa pleine connaissance, elle répond difficilement aux questions, le moindre effort lui est pènible et elle vous supplie de la laisser tranquille. À ce moment, l’auscultation de la poitrine ne révélait que des signes peu importants, quelques râles sous-crépitants et. une respiration un peu rude : cependant la défervescence ne s'était pas montrée, car la température prise en ma présence était encore de 39°. Finalement, ces phènomênes s’atténuérent peu à peu et Mme M... entra en convalescence; elle est aujourd’hui complètement remise. Mme M... avait l'habitude d’embrasser sa perruche à tout instant et lui donnait à manger de bouche à bec.