‹ De la Psychiatrie d'UrgenceChapitre 11 sur 21 · AAA ES · texte numérisé non relu

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elles ont des caractères communs : ce sont les délires d’un cerveau atteint d’une démence spéciale, la démence généralisée du paralytique. C’est de l’affaiblissement intellectuel en effet que tous les états délirants, auxquels il sert pour ainsi dire de base, tirent leurs allures quasi pathognomoniques ; c'est à lui qu'ils doivent celte incohérence, celte mobilité, qui forment avec les caractères des délires systématisés un si frappant contraste.

M. Falret a résumé les caractères communs des idées délirantes des paralytiques, en disant qu’elles étaient : multiples, morbides, absurbes et contradicloires entre elles.

C'est ainsi qu’un malade, qui a {outes les richesses et toute la santé (multiplicité), demande maintenant d’une voix dolente à faire son testament, car 1l sent sa mort prochaine (mobilité).

Un autre se dit millionnaire ; 1l ajoute qu'il est terrassier et gagne quatre francs par Jour (contradiction). Enfin, une malade nous annonce son mariage avec un prince qui lui à fait cadeau d’un kilo de chocolat {(absurdité).

Or, l'importance, au point de vue du diagnostic, de cés états délirants est considérable.

Cependant, ils ne constituent pas un élément nécessaire de la maladie.

« Pour estimer à leur juste valeur, les modalités délirantes mullüiples de la paralysie générale, il ne faut les considérer que comme aulant de costumes, aux couleurs infiniment variées, dont le dément paralytique peut ou non s’affubler » (Magnan et Sérieux).

Il faut savoir seulement en tirer parti quand on les

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