‹ De la Psychiatrie d'UrgenceChapitre 12 sur 21 · AN · texte numérisé non relu

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rencontre. Leurs caractères spéciaux, de même que les caractères spéciaux des actes médico-légaux que nous avons étudiés, doivent mettre sur la voie du diagnostic et faire rechercher les symplômes psychiques et les signes physiques de la démence paralytique.

Nous avons déjà signalé les troubles de la mémoire, les modifications du caractère, nous y ajouterons la perte du sens de l’auto-crilique et l’euphorie.

Quant aux signes physiques : accrocs de la parole, tremblements, mouvements fibrillaires de la langue, abolition où paresse des réflexes pupillaires, Ilymphocytose rachidienne, elc., nous n'avons pas à les exposer 1c1.

De la coexistence el de la subordination de ces différents symptômes se dégagera la connaissance capitale du terrain de démence paralytique. Or, c'est sur ce terrain qu'évoluent les éfals aiqus surajoutés, qu'il nous reste maintenant à étudier.

Auparavant, nous voudrions rapporter un cas type de démence paralytique observé par le D' Dupré.

Il s’agit d’un homme de 40 ans, arrêté au moment où il brise la devanture d'un magasin, qu'il prétend avoir acheté pour ouvrir un restaurant, œuvre philanthropique, où 1l servira de gros morceaux de viande pour quelques sous, des paquets de cigarettes à deux pour 5 centimes ; il y fera fortune ; il nous invite tous à l'inauguration ; mais 1l est incapable de faire une addition et il ne sait pas dans quel mois nous sommes; peu importe, 1l déborde d'enthousiasme el son espoir est illimité. En parlant, il achoppe, bredouille. C’est un cas type de paralysie générale, spécifiée par la démence, des idées de grandeur caractéristiques et l'embarras de la parole.

De véritables accés maniaques, avons-nous dit, sont fréquents, surtout au début de la paralysie générale. Leur intensité est variable, depuis la simple exaltation intellectuelle, jusqu'à l'accès proprement dit, avec encombrement des idées et désordre des actes, tel que nous l'avons décrit à propos de la manie aiguë. Mais le plus souvent, ces états maniaques, et c'est ce qui les caractérise, s'accompagnent d'idées de grandeur, d’euphorie et d’une excitation sexuelle, qui peut porter le sujet aux actes les plus graves. Les femmes recherchent les hommes sans aucune réserve ; des mères de famille, jusqu'alors irréprochables, se livrent à la prostitution, s'avancent le sourire provoquant et murmurent de leur voix hésitante, des propositions obscènes.

Les hommes se livrent à une débauche effrénée, poursuivant les femmes dans la rue, pratiquant l’onanisme en public, etc.

Quand l’automatisme des centres corticaux s'accroît encore, toutes les manifestations psychiques supérieures sont entravées par suite de l'incoordination généralisée. Dans ces états d’agitation maniaque suraiqué, le malade se dépouille de ses vêtements, se traîne sur les mains et les genoux, se roule à terre dans ses matières fécales ; il détruit tout ce qui est à sa portée, frappe le parquet, ne répond à aucune question, chante, pousse des vociférations, exécute les mouvements les plus désordonnés. L'alimentation devient alors souvent difficile, la langue est sèche, la fièvre s'allume et des complications redoutables peuvent survenir (Délire aigu).

Après ces états d’excitalion et à côté du délire hypocondriaque de Baïllarger, 1l faut citer de véritables accés

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