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inhabitables, les hommes y croupissaient, couverts de fange, dans des loges toutes de pierre, étroites, froides et humides, privées d’air et de jour, et meublées seulement d'un lit de paille qu'on renouvelait rarement et qui bientôt devenait infect : repaires affreux où l’on se ferait scrupule de placer les plus vils animaux. Les aliénés que l'on Jjelait dans ces cloaques étaient à la merei de leurs infirmiers et ces infirmiers étaient des malfaiteurs que l’on ürait de prison. Les malheureux malades étaient chargés de chaînes et garrotiés comme des-forçats. Ainsi livrés sans défense à la brutalité de leurs gardiens, ils étaient l'objet des plus cruels traitements, qui leur arrachaient, jour et nuit, des cris et des hurlements, qui rendaient encore plus effrayant le bruit de leurs chaînes ».
Il faut arriver cependant vers 1793 pour voir les fous considérés et traités comme des malades. Personne n'ignore qu'à Ph. Pinel et à Pussin revient le mérite d’avoir préconisé la subsüitution des procédés de douceur aux moyens de contrainte brutale, dans le traitementdes fous, d’avoir, au sens intégral du mot, brisé les chaînes des aliénés.
Actuellement, la camisole de force elle-même apparaît comme un moyen de contention ou de torture, exceptionnellement employé, et c’est à M. Magnan que revient le mérite d'avoir prononcé cette phrase décisive : « Tout grand agité, camisolé, est condamné à mort dans les quarante-huit heures ». Cette sorte de thérapeutique réflexe, fait remarquer le D' Dupré, est doublement condamnable ; d'abord, parce que, en dissimulant les conséquences extérieures de l'agitation, elle ne supprime pas l'agitation elle-même ; ensuite parce qu'elle aug-