‹ De la Psychiatrie d'UrgenceChapitre 19 sur 21 · VO · texte numérisé non relu

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l'assistance continue et la protection attentive de leur entourage : tels les idiots ; d’autres sont des sujets, non seulement incapables de vivre par eux-mêmes sans aide el assistance, mais susceptibles, si on cesse de les surveiller, d'actes repréhensibles et dangereux : tels les imbéciles.

Parmi les déments existeni beaucoup de malades que leur affaiblissement intellectuel condamne à une tutelle et une surveillance continuelles, parce qu'ils sont devenus incapables de participer à la vie ordinaire. On doit les protéger contre eux-mêmes et contre autrui; on doit aussi protéger la société contre leurs actes souvent dangereux. Tels sont les paralytiques généraux, les cérébraux organiques intellectuellement affaiblis, les déments séniles, les psychopathes devenus déments.

La classe des déséquilibrés comprend, à côté d’une foule de sujets capables de vivre au dehors et de remplir dans la société, souvent avec éclat, un rôle utile, un grand nombre de malades qui deviennent momentanément aliénés, des sujets que des occasions étiologiques très variées précipitent dans un état d’aliénation temporaire et qu'on doit alors soustraire à leur milieu et mettre sous la protection légale du régime de l'internement. Tels sont les prédisposés, subitement pris, pour une raison ou pour uné autre, d’un accès maniaque ou mélancolique, tels sont certains grands obsédés, certains pervertis sexuels ; tels sont surtout les impulsifs, parmi lesquels, les kleptomanes, les pyromanes, les homicides, les suicides, les dipsomanes, etc... représentent des malades essentiellement dangereux pour la société et pour eux-mêmes. Tels sont les dégénérés, parmi lesquels les

maniaques raisonnants, les fous moraux, les persécutéspersécuteurs, les grands excentriques instables et agités, aux actes désordonnés et incohérents, les psychopathes vicieux et criminels, délinquants récidivistes, déséquilibrés plus ou moins débiles qui louvoient sur les frontières du crime et de la folie, les psychopathes alcoolisés, enfin tous ces cerveaux invalides, incomplètement et irrégulièrement développés, qui forment, avec les derniers malades énumérés, le contingent innombrable de ces déshérités, qui végèlent tour à tour dans les asiles, dans les prisons, dans les refuges, les dépôts, les maisons d'assistance ou de répression, et cette immense population flottante qu’une irrémédiable misère psychologique voue au vagabondage, à la mendicité, au vice, à l’alcoolisme et à toutes les déchéances physiques et morales.

La classe des délirants est celle qui compte le plus grand nombre de malades que leur état d’aliénation amène devant le médecin légiste. Tous les délirants chroniques sont, au sens médico-légal du terme, des ahiénés. Les hallucinés et les paranoïaques sont, par la nature même de leur affection, exposés à des réactions défensives ou agressives des plus dangereuses pour autrui et pour eux-mêmes ; ils réclament par conséquent des mesures précoces et prolongées de sauvegarde et de protection qu'on ne peut appliquer qu'avec le régime de l’internement. Les délirants aigus, avec agitation, inconscience, hallucinations multiples, impulsions violentes, que l'état d’ahénation relève d’une névrose comme l'épilepsie, ou d’une intoxication comme l’alcoolisme, doivent également être surveillés de si près que, le plus souvent, leur place est à l'asile.

Nous avons montré au contraire que les délirants subaigus toxiques ou infectieux, avec état de confusion mentale, lorsque leur crise psychopathique n’est ni trop violente, ni trop prolongée, appartiennent, autant que faire se peut, aux délirants d'hôpital et non aux délirants d'asile.

Si nous récapitulons les éléments essentiels de cette revue générale des cas d’aliénation mentale, nous voyons que les malades de nos deux premières classes, les débiles et les déments, peuvent être opposés, d’une manière générale, aux malades des deux dernières classes, les déséquilibrés et les délirants.

Les premiers, caractérisés principalement par leur faiblesse mentale, leur insuffisance psychique, congénitale ou acquise, ont surtout besoin d'assistance et de protection vis-à-vis d'eux-mêmes; ces malades sont, avant tout, des incapables, destinés à vivre en marge et aux dépens de la société : ce sont, moralement, des mineurs et, pratiquement, des extra-socitaux. Les seconds au contraire, les déséquilibrés et les délirants, vis-à-vis desquels s'imposent le plus souvent des mesures défensives, représentent des malades plus dangereux qu'incapables, et qui, moralement, sont des nuisibles trresponsables, et, pratiquement, des anfi-soctaux.

Or, la société remplit précisément, dans l’internement des aliénés de toutes catégories, ces deux indications majeures : protection de la société contre un malade dangereux, protection du malade contre lui-même.

L'opportunité du placement se déduit en somme des deux circonstances suivantes :

1° De la maladie elle-même, de sa nature, de sa durée, de sa terminaison probable;

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