EURE
Le « grand mal intellectuel », de Falret, se présente sous les dehors de la manie ou de la mélancolie, avec délire général et excitation. Habituellement cependant le délire est plus suivi que dans la manie, fait d'autant plus surprenant que l’inconscience est ici absolue.
Chez quelques épileptiques, le délire, d'abord général, tend à se circonscrire en un délire partiel, le plus souvent à forme mystique, mais aussi érotique, ambitieux ou de persécution. Enfin ce délire s'accompagne presque toujours d’hallucinations, qui sont le point de départ des actes impulsifs les plus graves et, vu la perte de conscience, absolument réflexes.
Magnan en rapporte une observation caractéristique :
« Dans la nuit du 26 juillet, un grand bruit, des cris, des chants religieux se font entendre dans une soupente occupée par deux jeunes gens, employés dans une crémerie ; une bonne qui couchait à côté s’empresse d’accourir, et, à travers la porte, elle voit l’un des garçons, Augusle P..., 17 ans, armé d'un pilon, frappant à coups redoublés sur la tête de son camarade, qui expirail en quelques minutes ».
Auguste P... était un simple vertigineux.(1).
Souvent, 1l arrive que des épileptiques, pendant leur folie, fassent de longues routes, sans pouvoir, une fois revenus à eux, donner aucun renseignementisur le chemin qu'ils ont suivi, ni le motif qui les poussait à le suivre.
Tel est ce cas d’un habitant de Poitiers, qui, véritable automate ambulatoire, prend un billet de chemin de fer et vient à Paris, se faire arrêter pour violences.
(4) Auguste P..., soigné, amélioré, a été remis en liberté.