DE LA MÉMOIRE
résultent du mouvement produit par les impressions sensibles (1).
Au reste , le mouvement dont nous parlons ici peut aussi bien être perçu à l'état de veille; car dès qu'il arrive au sens commun , et qu'il atteint le siège de la sensibilité, il y produit une représentation, et nous croyons voir, entendre ou sentir l'objet dont l'image s'offre à nous (2).
La représentation imaginative est donc un mode ou une impression du sens commun (3). Nous allons montrer qu'il en est de même de la mémoire et du souvenir (4).
Déterminons d'abord avec soin l'objet de la mémoire, car on s'y trompe souvent. L'avenir, par exemple, ne saurait être l'objet d'un souvenir, mais seulement d'une opinion ou d'une espérance. Il n'y a pas non plus souvenir, mais perception d'un fait actuel et présent; la mémoire ne porte que sur le fait accompli. Nul ne peut dire, par exemple, qu'il fait acte de mémoire, quand il voit un objet blanc, ou quand il exerce sa pensée et sa réflexion ; mais dans le premier cas il dit qu'il a une sensation , et dans le second qu'il sait. C'est seulement quand la sensation et la pensée ne sont pas en acte qu'il peut y avoir souvenir, et cela pour les choses qui ont déjà été connues ; car toutes les fois qu'on se souvient d'une chose, on se dit en soi-même (èv zvj ^vxv liyti.) qu'on a déjà ouï dire cette même chose , ou qu'on l'a perçue ou qu'on
(I) Des songes , m, §§ 14 , 15. — (3) lliiil., §1!. — (3} Uc la mom.. I» S 4. — (4) Les (l(''vcl(>i)iicincntsqui vont suivre ne sont iiu'une liadutlion , (HHiiiuefois paiapli)as(''c,(lii rliaiiiticl rlu tiaito /)c lu mémoire.